Chef d’entrepriseAccueil›Chefs d’entreprise›Rémunération du dirigeant

Rémunération dirigeant : salaire ou dividendes en 2026 ?

Pascal Elissalde, CIFPublié le 27 octobre 20268 min de lecture

Se payer en salaire ou en dividendes : c’est la question que tout dirigeant de société à l’impôt sur les sociétés se pose chaque année. La réponse dépend de votre statut (président de SAS ou gérant majoritaire de SARL), du résultat de la société et, surtout, de ce que vous attendez de votre protection sociale. Voici les règles de 2026 et un exemple chiffré sur 100 000 € de résultat, avec ce que le calcul ne montre pas.

Construisons ensemble votre stratégieÉchanger avec un conseiller

L’essentiel en cinq points

En bref
  • Le salaire (ou rémunération de mandat) est déductible du résultat de la société, mais supporte les cotisations sociales ; il ouvre des droits : retraite de base et complémentaire, indemnités journalières, invalidité, et il fonde le plafond de déduction du PER.
  • Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice déjà soumis à l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € sous conditions, 25 % au-delà), puis imposés à la flat tax de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) ou au barème sur option. Ils n’ouvrent aucun droit social.
  • Président de SAS ou de SASU : assimilé salarié, ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, quel que soit leur montant.
  • Gérant majoritaire de SARL : travailleur indépendant, la part de ses dividendes au-delà de 10 % du capital supporte les cotisations ; c’est l’objet de notre article sur les dividendes de SARL.
  • Dans notre exemple (président de SASU, 100 000 € de résultat, célibataire), les scénarios laissent de 49 239 € à 58 757 € nets d’impôt : l’écart financier est réel mais modeste ; la vraie différence est la retraite et la couverture en cas de coup dur.

Rémunération du dirigeant : ce qui dépend de votre statut

Avant de comparer salaire et dividendes, il faut savoir de quel régime social vous relevez. Le service public le résume ainsi : le dirigeant associé majoritaire de SARL est travailleur indépendant ; « les autres dirigeants ont le statut d’assimilé salarié ».

CritèrePrésident de SAS ou de SASUGérant majoritaire de SARL ou d’EURL à l’IS
Régime socialAssimilé salarié : régime général de la Sécurité sociale et retraite complémentaire Agirc-ArrcoTravailleur indépendant
Assurance chômage des salariésNon : le dirigeant ne cotise pas et n’est pas couvertNon
Cotisations sur la rémunérationCalculées chaque mois sur le brut, parts employeur et salariéCotisations des indépendants sur la rémunération et sur une partie des dividendes
DividendesPas de cotisations sociales, prélèvements sociaux de 18,6 %Cotisations sur la part au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants
Sans rémunérationPas de cotisations, mais aucun droit acquisVoir notre article sur les dividendes de SARL

Le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL est, lui aussi, assimilé salarié : ses dividendes suivent la règle des SAS. Pour le gérant majoritaire, les cotisations des indépendants et la règle des 10 % sont détaillées dans notre article sur les dividendes de SARL ; nous ne les reprenons pas ici. La suite de cette page prend l’exemple du président de SAS ou de SASU, le cas où l’arbitrage est le plus ouvert.

Votre situation mérite une réponse précise

Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

Prendre rendez-vous

Se verser un salaire : ce que coûte et ce que rapporte la rémunération

La rémunération du président de SAS est une charge de la société : elle réduit le bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés, ainsi que les cotisations patronales. Pour le dirigeant, le salaire net est imposé au barème progressif, après l’abattement de 10 % pour frais professionnels (ou les frais réels).

Les principales cotisations d’un assimilé salarié en 2026, lues sur les textes officiels :

CotisationEmployeurDirigeantAssiette
Maladie, maternité, invalidité, décès13 %-Totalité du brut
Vieillesse plafonnée8,55 %6,90 %Jusqu’à 1 plafond (48 060 € par an)
Vieillesse déplafonnée2,11 %0,40 %Totalité
Allocations familiales5,25 %-Totalité
Agirc-Arrco tranche 1, plus CEG4,72 % + 1,29 %3,15 % + 0,86 %Jusqu’à 1 plafond
Agirc-Arrco tranche 2, plus CEG12,95 % + 1,62 %8,64 % + 1,08 %De 1 à 8 plafonds
CET (si le salaire dépasse 1 plafond)0,21 %0,14 %Jusqu’à 8 plafonds
CSG et CRDS-9,2 % + 0,5 %98,25 % du brut

S’y ajoutent des contributions que nous n’avons pas chiffrées, parce que leur taux dépend de l’entreprise ou qu’il n’a pas pu être relu sur une source officielle le jour de la rédaction : accidents du travail, Fnal, contribution solidarité autonomie, formation professionnelle, taxe d’apprentissage, Apec, prévoyance. Le président n’a pas droit à la réduction générale des cotisations patronales et ne cotise pas à l’assurance chômage (simulateur officiel de l’Urssaf).

Ce que le salaire achète

  • La retraite de base : un trimestre est validé pour 1 803 € de salaire soumis à cotisations en 2026, quatre trimestres au plus par an (7 212 €) ; la pension est calculée sur les salaires retenus dans la limite du plafond.
  • La retraite complémentaire : des points Agirc-Arrco sur tout le salaire jusqu’à huit plafonds.
  • Les indemnités journalières et l’invalidité du régime général, calculées sur le salaire.
  • Le plafond de déduction du PER : 10 % des revenus d’activité de l’année précédente, nets de frais, dans la limite de 37 680 € en 2026, avec un minimum de 4 710 €. Un dirigeant payé uniquement en dividendes n’a que ce minimum.

Se verser des dividendes : comment ils sont imposés en 2026

Le dividende n’est pas une charge : il se prélève sur le bénéfice qui a déjà supporté l’impôt sur les sociétés. Il suppose des comptes approuvés, un bénéfice distribuable et une décision des associés, ce qui en fait un revenu annuel et non mensuel.

ÉtapeRègle 2026
Impôt sur les sociétés15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (chiffre d’affaires d’au plus 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), 25 % au-delà
Prélèvements sociaux18,6 % : CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %
Impôt sur le revenu, par défautFlat tax : 12,8 %, soit 31,4 % au total
Impôt sur le revenu, sur optionBarème progressif après abattement de 40 %, avec 6,8 points de CSG déductibles ; l’option vaut pour tous les revenus de capitaux de l’année
Cotisations socialesAucune pour le président de SAS ou de SASU

La hausse de la CSG sur les revenus du capital, à 10,6 % depuis le 1er janvier 2026, a porté la flat tax de 30 % à 31,4 % : le dividende reste moins taxé qu’un salaire équivalent, mais l’écart s’est réduit. Notre fiche dividendes rappelle les bases.

Exemple chiffré : 100 000 € de résultat en salaire ou en dividendes

Hypothèses : une SASU à l’impôt sur les sociétés éligible au taux de 15 %, 100 000 € de résultat avant rémunération du président, un président célibataire sans autre revenu. Le salaire est fixé pour que son coût total (brut et cotisations patronales) consomme le budget choisi ; les cotisations sont celles du tableau ci-dessus ; l’impôt sur le revenu est calculé, à titre d’illustration, avec le barème publié en 2026 (revenus de 2025), celui des revenus 2026 n’étant pas encore voté.

CritèreTout en salaireTout en dividendesSalaire de 1 plafond, solde en dividendes
Salaire brut74 001 €0 €48 060 €
Cotisations patronales et salariales41 216 €0 €26 799 €
Impôt sur les sociétés0 €20 750 €5 274 €
Dividende brut0 €79 250 €29 884 €
Prélèvements sociaux et flat tax sur le dividende0 €24 885 €9 384 €
Impôt sur le revenu sur le salaire9 545 €0 €3 746 €
Net pour le dirigeant49 239 €54 365 €54 799 €
Retraite de base4 trimestres, salaire au plafondAucun trimestre4 trimestres, salaire au plafond
Points Agirc-Arrco, indemnités, PERSur 74 001 €AucunSur 48 060 €

Lecture : le tout-dividendes et le scénario mixte laissent environ 5 000 € de plus que le tout-salaire, mais le tout-dividendes ne valide aucun trimestre et ne couvre ni l’arrêt de travail ni l’invalidité. Avec l’option pour le barème, le tout-dividendes de ce célibataire sans autre revenu monterait à 58 757 € net : 47 550 € après l’abattement de 40 %, moins 5 389 € de CSG déductible la même année, soit 42 161 € imposables et 5 752 € d’impôt ; l’option devient défavorable dès que les autres revenus du foyer sont élevés.

Ce que l’exemple ne dit pas

Les cotisations non chiffrées (accidents du travail, Fnal, contribution solidarité autonomie, formation, Apec, prévoyance) réduisent un peu le salaire net : les colonnes avec salaire sont donc un plafond. Un couple, des enfants, d’autres revenus, une réserve légale à doter ou une société au taux de 25 % changent les résultats. Le calcul exact se fait avec l’expert-comptable, sur vos chiffres.

Salaire ou dividendes : comment choisir ?

  1. Fixer d’abord le besoin de revenu régulier : un salaire mensuel paie les dépenses courantes ; un dividende arrive une fois par an, après l’approbation des comptes.
  2. Décider du niveau de protection voulu : retraite, arrêt de travail, invalidité. Un salaire d’au moins 7 212 € par an valide quatre trimestres ; un salaire au plafond (48 060 €) maximise la retraite de base. Ce qui manque peut être complété par une prévoyance ou une assurance homme clé.
  3. Regarder le taux d’impôt sur les sociétés : tant que le bénéfice reste sous 42 500 €, chaque euro laissé dans la société n’y supporte que 15 %.
  4. Penser à ce qui reste dans la société : le bénéfice non distribué peut être placé en trésorerie d’entreprise, remonté dans une holding patrimoniale ou prêté en compte courant d’associé.
  5. Intégrer l’épargne salariale et le PER : dans une société qui a au moins un salarié, l’intéressement et l’abondement d’un PER d’entreprise s’ouvrent au dirigeant sous conditions (voir notre page épargne salariale).

Le bon dosage change avec le temps : beaucoup de salaire quand la retraite approche et que les trimestres manquent, davantage de dividendes quand les droits sont acquis ou que la société doit financer un projet. Il se revoit chaque année, à la clôture des comptes.

Ce que nous faisons pour vous

Nous ne tenons pas votre comptabilité : l’arbitrage se fait avec votre expert-comptable. Notre rôle commence là où le sien s’arrête : traduire la rémunération retenue en patrimoine. Concrètement, en rendez-vous, nous regardons vos droits à la retraite, ce qu’un PER peut déduire, comment placer les dividendes perçus (assurance vie, contrat luxembourgeois) et ce qui reste dans la société (contrat de capitalisation, holding, épargne salariale). L’étude est écrite et chiffrée ; vous décidez ensuite. Toutes les questions du dirigeant sont réunies sur notre page chef d’entreprise.

Sources

Textes et règles consultés le 27 octobre 2026 : Statut social du dirigeant (entreprendre.service-public.gouv.fr : gérant majoritaire indépendant, autres dirigeants assimilés salariés) ; Dividendes (entreprendre.service-public.gouv.fr : cotisations, flat tax, abattement de 40 %) ; Prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr : 18,6 % en 2026) ; Impôt sur les sociétés (entreprendre.service-public.gouv.fr : 15 % et 25 %) ; simulateur SASU de l’Urssaf (pas de cotisation chômage, pas de réduction générale) ; Code de la sécurité sociale, articles D242-3 et D242-4 (maladie, vieillesse, version au 1er janvier 2026) et D241-3-1 (allocations familiales) ; Cotisations salariales (service-public.gouv.fr, vérifiée le 1er janvier 2026) ; Cotisations Agirc-Arrco en 2026 (agirc-arrco.fr) ; Cotisations sociales de l’employeur (plafond mensuel de 4 005 € en 2026) ; Durée d’assurance retraite (service-public.gouv.fr : 1 803 € par trimestre) ; Plafond d’épargne retraite (service-public.gouv.fr, vérifiée le 12 octobre 2026) ; Barème de l’impôt sur le revenu (service-public.gouv.fr). Les exemples chiffrés sont les nôtres, à partir des hypothèses indiquées ; ils ne remplacent pas le calcul de votre expert-comptable.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 27 octobre 2026
Vaut-il mieux se payer en salaire ou en dividendes en SASU ?

Financièrement, les dividendes laissent souvent un peu plus de net (dans notre exemple sur 100 000 €, environ 54 400 € contre 49 200 €), mais ils n’ouvrent aucun droit à la retraite, aux indemnités journalières ni à l’invalidité. Beaucoup de présidents combinent un salaire, au moins suffisant pour valider quatre trimestres, et des dividendes.

Les dividendes d’une SAS sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

Non. Le président de SAS ou de SASU est assimilé salarié : ses dividendes supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % et l’impôt sur le revenu, mais pas les cotisations sociales. La règle des 10 % ne concerne que les travailleurs indépendants, comme le gérant majoritaire de SARL.

Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?

31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). Sur option, les dividendes peuvent être imposés au barème après un abattement de 40 %.

Un président de SASU peut-il ne pas se rémunérer ?

Oui. Sans rémunération, il ne paie pas de cotisations, mais il n’acquiert aucun droit : ni trimestres de retraite, ni points de retraite complémentaire, ni indemnités journalières. Un salaire de 1 803 € dans l’année valide déjà un trimestre en 2026.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Le président assimilé salarié ne cotise pas à l’assurance chômage et n’est pas couvert par elle au titre de son mandat. Des assurances privées perte d’emploi des dirigeants existent pour combler ce manque.

Quel salaire minimum pour valider ses trimestres de retraite ?

En 2026, 1 803 € de salaire soumis à cotisations valident un trimestre, et 7 212 € valident les quatre trimestres de l’année. Valider un trimestre ne dit rien du montant de la pension, calculé sur les salaires retenus.

Ces solutions pourraient vous intéresser

★★★★★  Depuis 2021

Prenons rendez-vous

Un premier échange sans engagement, en rendez-vous ou en visio.
Confidentiel, et pensé pour votre situation.

Prendre rendez-vous

Nous écrire

Réponse sous 24 h ouvrées, par la personne qui vous recevra.

Conseiller en investissements financiers (CIF), ORIAS n° 23007083 · Adhérent ANACOFI-CIF · Assuré en responsabilité civile professionnelle auprès d’AIG Europe