L’essentiel en cinq points
- Le salaire (ou rémunération de mandat) est déductible du résultat de la société, mais supporte les cotisations sociales ; il ouvre des droits : retraite de base et complémentaire, indemnités journalières, invalidité, et il fonde le plafond de déduction du PER.
- Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice déjà soumis à l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € sous conditions, 25 % au-delà), puis imposés à la flat tax de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) ou au barème sur option. Ils n’ouvrent aucun droit social.
- Président de SAS ou de SASU : assimilé salarié, ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, quel que soit leur montant.
- Gérant majoritaire de SARL : travailleur indépendant, la part de ses dividendes au-delà de 10 % du capital supporte les cotisations ; c’est l’objet de notre article sur les dividendes de SARL.
- Dans notre exemple (président de SASU, 100 000 € de résultat, célibataire), les scénarios laissent de 49 239 € à 58 757 € nets d’impôt : l’écart financier est réel mais modeste ; la vraie différence est la retraite et la couverture en cas de coup dur.
Rémunération du dirigeant : ce qui dépend de votre statut
Avant de comparer salaire et dividendes, il faut savoir de quel régime social vous relevez. Le service public le résume ainsi : le dirigeant associé majoritaire de SARL est travailleur indépendant ; « les autres dirigeants ont le statut d’assimilé salarié ».
| Président de SAS ou de SASU | Gérant majoritaire de SARL ou d’EURL à l’IS | |
|---|---|---|
| Régime social | Assimilé salarié : régime général de la Sécurité sociale et retraite complémentaire Agirc-Arrco | Travailleur indépendant |
| Assurance chômage des salariés | Non : le dirigeant ne cotise pas et n’est pas couvert | Non |
| Cotisations sur la rémunération | Calculées chaque mois sur le brut, parts employeur et salarié | Cotisations des indépendants sur la rémunération et sur une partie des dividendes |
| Dividendes | Pas de cotisations sociales, prélèvements sociaux de 18,6 % | Cotisations sur la part au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants |
| Sans rémunération | Pas de cotisations, mais aucun droit acquis | Voir notre article sur les dividendes de SARL |
Le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL est, lui aussi, assimilé salarié : ses dividendes suivent la règle des SAS. Pour le gérant majoritaire, les cotisations des indépendants et la règle des 10 % sont détaillées dans notre article sur les dividendes de SARL ; nous ne les reprenons pas ici. La suite de cette page prend l’exemple du président de SAS ou de SASU, le cas où l’arbitrage est le plus ouvert.
Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.
Se verser un salaire : ce que coûte et ce que rapporte la rémunération
La rémunération du président de SAS est une charge de la société : elle réduit le bénéfice imposable à l’impôt sur les sociétés, ainsi que les cotisations patronales. Pour le dirigeant, le salaire net est imposé au barème progressif, après l’abattement de 10 % pour frais professionnels (ou les frais réels).
Les principales cotisations d’un assimilé salarié en 2026, lues sur les textes officiels :
| Cotisation | Employeur | Dirigeant | Assiette |
|---|---|---|---|
| Maladie, maternité, invalidité, décès | 13 % | - | Totalité du brut |
| Vieillesse plafonnée | 8,55 % | 6,90 % | Jusqu’à 1 plafond (48 060 € par an) |
| Vieillesse déplafonnée | 2,11 % | 0,40 % | Totalité |
| Allocations familiales | 5,25 % | - | Totalité |
| Agirc-Arrco tranche 1, plus CEG | 4,72 % + 1,29 % | 3,15 % + 0,86 % | Jusqu’à 1 plafond |
| Agirc-Arrco tranche 2, plus CEG | 12,95 % + 1,62 % | 8,64 % + 1,08 % | De 1 à 8 plafonds |
| CET (si le salaire dépasse 1 plafond) | 0,21 % | 0,14 % | Jusqu’à 8 plafonds |
| CSG et CRDS | - | 9,2 % + 0,5 % | 98,25 % du brut |
S’y ajoutent des contributions que nous n’avons pas chiffrées, parce que leur taux dépend de l’entreprise ou qu’il n’a pas pu être relu sur une source officielle le jour de la rédaction : accidents du travail, Fnal, contribution solidarité autonomie, formation professionnelle, taxe d’apprentissage, Apec, prévoyance. Le président n’a pas droit à la réduction générale des cotisations patronales et ne cotise pas à l’assurance chômage (simulateur officiel de l’Urssaf).
Ce que le salaire achète
- La retraite de base : un trimestre est validé pour 1 803 € de salaire soumis à cotisations en 2026, quatre trimestres au plus par an (7 212 €) ; la pension est calculée sur les salaires retenus dans la limite du plafond.
- La retraite complémentaire : des points Agirc-Arrco sur tout le salaire jusqu’à huit plafonds.
- Les indemnités journalières et l’invalidité du régime général, calculées sur le salaire.
- Le plafond de déduction du PER : 10 % des revenus d’activité de l’année précédente, nets de frais, dans la limite de 37 680 € en 2026, avec un minimum de 4 710 €. Un dirigeant payé uniquement en dividendes n’a que ce minimum.
Se verser des dividendes : comment ils sont imposés en 2026
Le dividende n’est pas une charge : il se prélève sur le bénéfice qui a déjà supporté l’impôt sur les sociétés. Il suppose des comptes approuvés, un bénéfice distribuable et une décision des associés, ce qui en fait un revenu annuel et non mensuel.
| Étape | Règle 2026 |
|---|---|
| Impôt sur les sociétés | 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (chiffre d’affaires d’au plus 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), 25 % au-delà |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % : CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 % |
| Impôt sur le revenu, par défaut | Flat tax : 12,8 %, soit 31,4 % au total |
| Impôt sur le revenu, sur option | Barème progressif après abattement de 40 %, avec 6,8 points de CSG déductibles ; l’option vaut pour tous les revenus de capitaux de l’année |
| Cotisations sociales | Aucune pour le président de SAS ou de SASU |
La hausse de la CSG sur les revenus du capital, à 10,6 % depuis le 1er janvier 2026, a porté la flat tax de 30 % à 31,4 % : le dividende reste moins taxé qu’un salaire équivalent, mais l’écart s’est réduit. Notre fiche dividendes rappelle les bases.
Exemple chiffré : 100 000 € de résultat en salaire ou en dividendes
Hypothèses : une SASU à l’impôt sur les sociétés éligible au taux de 15 %, 100 000 € de résultat avant rémunération du président, un président célibataire sans autre revenu. Le salaire est fixé pour que son coût total (brut et cotisations patronales) consomme le budget choisi ; les cotisations sont celles du tableau ci-dessus ; l’impôt sur le revenu est calculé, à titre d’illustration, avec le barème publié en 2026 (revenus de 2025), celui des revenus 2026 n’étant pas encore voté.
| Tout en salaire | Tout en dividendes | Salaire de 1 plafond, solde en dividendes | |
|---|---|---|---|
| Salaire brut | 74 001 € | 0 € | 48 060 € |
| Cotisations patronales et salariales | 41 216 € | 0 € | 26 799 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € | 20 750 € | 5 274 € |
| Dividende brut | 0 € | 79 250 € | 29 884 € |
| Prélèvements sociaux et flat tax sur le dividende | 0 € | 24 885 € | 9 384 € |
| Impôt sur le revenu sur le salaire | 9 545 € | 0 € | 3 746 € |
| Net pour le dirigeant | 49 239 € | 54 365 € | 54 799 € |
| Retraite de base | 4 trimestres, salaire au plafond | Aucun trimestre | 4 trimestres, salaire au plafond |
| Points Agirc-Arrco, indemnités, PER | Sur 74 001 € | Aucun | Sur 48 060 € |
Lecture : le tout-dividendes et le scénario mixte laissent environ 5 000 € de plus que le tout-salaire, mais le tout-dividendes ne valide aucun trimestre et ne couvre ni l’arrêt de travail ni l’invalidité. Avec l’option pour le barème, le tout-dividendes de ce célibataire sans autre revenu monterait à 58 757 € net : 47 550 € après l’abattement de 40 %, moins 5 389 € de CSG déductible la même année, soit 42 161 € imposables et 5 752 € d’impôt ; l’option devient défavorable dès que les autres revenus du foyer sont élevés.
Les cotisations non chiffrées (accidents du travail, Fnal, contribution solidarité autonomie, formation, Apec, prévoyance) réduisent un peu le salaire net : les colonnes avec salaire sont donc un plafond. Un couple, des enfants, d’autres revenus, une réserve légale à doter ou une société au taux de 25 % changent les résultats. Le calcul exact se fait avec l’expert-comptable, sur vos chiffres.
Salaire ou dividendes : comment choisir ?
- Fixer d’abord le besoin de revenu régulier : un salaire mensuel paie les dépenses courantes ; un dividende arrive une fois par an, après l’approbation des comptes.
- Décider du niveau de protection voulu : retraite, arrêt de travail, invalidité. Un salaire d’au moins 7 212 € par an valide quatre trimestres ; un salaire au plafond (48 060 €) maximise la retraite de base. Ce qui manque peut être complété par une prévoyance ou une assurance homme clé.
- Regarder le taux d’impôt sur les sociétés : tant que le bénéfice reste sous 42 500 €, chaque euro laissé dans la société n’y supporte que 15 %.
- Penser à ce qui reste dans la société : le bénéfice non distribué peut être placé en trésorerie d’entreprise, remonté dans une holding patrimoniale ou prêté en compte courant d’associé.
- Intégrer l’épargne salariale et le PER : dans une société qui a au moins un salarié, l’intéressement et l’abondement d’un PER d’entreprise s’ouvrent au dirigeant sous conditions (voir notre page épargne salariale).
Le bon dosage change avec le temps : beaucoup de salaire quand la retraite approche et que les trimestres manquent, davantage de dividendes quand les droits sont acquis ou que la société doit financer un projet. Il se revoit chaque année, à la clôture des comptes.
Ce que nous faisons pour vous
Nous ne tenons pas votre comptabilité : l’arbitrage se fait avec votre expert-comptable. Notre rôle commence là où le sien s’arrête : traduire la rémunération retenue en patrimoine. Concrètement, en rendez-vous, nous regardons vos droits à la retraite, ce qu’un PER peut déduire, comment placer les dividendes perçus (assurance vie, contrat luxembourgeois) et ce qui reste dans la société (contrat de capitalisation, holding, épargne salariale). L’étude est écrite et chiffrée ; vous décidez ensuite. Toutes les questions du dirigeant sont réunies sur notre page chef d’entreprise.
Sources
Textes et règles consultés le 27 octobre 2026 : Statut social du dirigeant (entreprendre.service-public.gouv.fr : gérant majoritaire indépendant, autres dirigeants assimilés salariés) ; Dividendes (entreprendre.service-public.gouv.fr : cotisations, flat tax, abattement de 40 %) ; Prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr : 18,6 % en 2026) ; Impôt sur les sociétés (entreprendre.service-public.gouv.fr : 15 % et 25 %) ; simulateur SASU de l’Urssaf (pas de cotisation chômage, pas de réduction générale) ; Code de la sécurité sociale, articles D242-3 et D242-4 (maladie, vieillesse, version au 1er janvier 2026) et D241-3-1 (allocations familiales) ; Cotisations salariales (service-public.gouv.fr, vérifiée le 1er janvier 2026) ; Cotisations Agirc-Arrco en 2026 (agirc-arrco.fr) ; Cotisations sociales de l’employeur (plafond mensuel de 4 005 € en 2026) ; Durée d’assurance retraite (service-public.gouv.fr : 1 803 € par trimestre) ; Plafond d’épargne retraite (service-public.gouv.fr, vérifiée le 12 octobre 2026) ; Barème de l’impôt sur le revenu (service-public.gouv.fr). Les exemples chiffrés sont les nôtres, à partir des hypothèses indiquées ; ils ne remplacent pas le calcul de votre expert-comptable.
