Placements financiers·PEA et compte-titres

PEA et compte-titres : investir en Bourse avec la bonne enveloppe

Le PEA loge les actions européennes avec une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans ; le compte-titres n’a pas de limite mais pas d’avantage fiscal. À chacun son rôle.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 24 octobre 2026 · Sources officielles citées
⏱ L’essentiel en 30 secondes

Le PEA est-il fait pour vous ?

🎯

Pour qui

  • Vous voulez investir en actions sur le long terme
  • Vous pouvez laisser votre argent au moins cinq ans
  • Vous acceptez les variations des marchés
✅

Ce que ça vous apporte

  • Aucun impôt tant que vous ne retirez rien
  • Après cinq ans, des gains sans impôt sur le revenu (prélèvements sociaux seulement)
  • Des retraits partiels libres après cinq ans
⚠️

À savoir avant

  • Un univers limité aux actions et fonds européens
  • Un plafond de 150 000 € de versements
  • Aucune garantie du capital : la valeur suit les marchés
💬

Notre avis

L’enveloppe la plus légère fiscalement pour les actions européennes, à condition de tenir cinq ans. On la place à côté de l’assurance vie, pas à sa place.

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Le PEA : cinq ans pour ne plus payer d’impôt

Une enveloppe pour les actions européennes : après cinq ans, les gains ne supportent plus que les prélèvements sociaux, et les retraits deviennent libres sans clôture.

Prendre date

La date d’ouverture, celle du premier versement, fait courir les cinq ans : ouvrir tôt, même avec un premier versement modeste, prend date.

Après cinq ans

Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux restent dus (18,6 % sur les gains retirés depuis 2026, taux historiques seulement pour la part acquise avant 2018). Les retraits partiels sont libres, le plan reste ouvert et les versements restent possibles.

Ouvertureprise de date5 ansexonérationRetraitslibres

Avant cinq ans

Un retrait entraîne la clôture du plan et l’imposition des gains, sauf exceptions (licenciement, invalidité, retraite anticipée, création d’entreprise).

Le plafond

150 000 € de versements par personne (300 000 € pour un couple), 225 000 € en cumulant PEA et PEA-PME. Les gains ne sont pas plafonnés.

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PEA, PEA-PME, PEA assurance, compte-titres

Quatre façons de détenir des actions, quatre régimes.

PEA bancaire

Le plus courant : un compte-titres et un compte espèces, actions et ETF éligibles, frais encadrés.

PEA assurance

Un contrat de capitalisation en unités de compte : même fiscalité, gestion déléguée possible, moins de titres en direct.

PEA-PME

Jusqu’à 225 000 € de versements, cumul avec le PEA compris, pour les PME et ETI européennes : le complément du PEA classique.

Compte-titres

Sans plafond ni contrainte de titres : international, obligations, produits complexes ; flat tax de 31,4 % sur les gains.

PEA ou compte-titres ?

CritèrePEACompte-titres
Plafond de versement150 000 €Aucun
TitresActions et fonds européens éligiblesTous titres, toutes zones
Fiscalité des gainsAprès 5 ans : prélèvements sociaux seuls (18,6 % sur les gains retirés depuis 2026)Flat tax 31,4 % (2026), ou barème
Retrait avant 5 ansClôture, sauf exceptionsLibre
TransmissionLe plan est clôturé au décèsLes titres sont transmis
UsageCœur de portefeuille actions EuropeDiversification mondiale, obligations

Articles L221-30 à L221-32-1 du Code monétaire et financier, 157 et 200 A du Code général des impôts, L136-8 du Code de la sécurité sociale, service-public.gouv.fr (F2385, vérifiée le 22 mai 2026). Vérifié le 24 octobre 2026.

Le PEA et le compte-titres avec OP-Invests

Investir en actions est une décision d’allocation avant d’être un choix de titres. Nous construisons d’abord la part d’actions de votre patrimoine, puis nous la logeons dans l’enveloppe qui paie le moins d’impôt.

Le PEA d’abord, jusqu’au plafond

Tant que votre poche actions tient dans 150 000 € de versements, le PEA est l’enveloppe la plus efficace : aucune imposition tant qu’on ne retire pas, exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans. Nous l’ouvrons tôt pour prendre date, même avec peu, et nous le remplissons en priorité.

Le compte-titres pour le reste

Actions hors Europe, obligations, fonds non éligibles, montants au-delà du plafond : le compte-titres prend le relais, sans limite ni contrainte de retrait, avec la fiscalité de droit commun. Nous y logeons ce qui n’a pas sa place ailleurs, en gardant un œil sur l’imposition annuelle des dividendes.

Des fonds et des ETF, pas des paris

Un portefeuille de long terme se construit avec des supports diversifiés à frais réduits, répartis par zones et par styles, et rééquilibrés à intervalles réguliers. Nous définissons l’allocation avec vous, nous choisissons les supports, et nous vous expliquons chaque ligne.

PEA, assurance vie, PER : la bonne place pour chaque euro

Les mêmes actions peuvent se loger dans un PEA, une assurance vie ou un PER, avec des fiscalités très différentes à la sortie et à la transmission. Nous répartissons vos versements entre les enveloppes selon vos projets, votre horizon et votre situation fiscale.

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Le PEA et le compte-titres pour quel projet ?

Des enveloppes de long terme, pour une épargne qui peut supporter les variations des marchés.

Le PEA et le compte-titres, en bref

En bref
  • Le plan d’épargne en actions (PEA) est une enveloppe réglementée pour investir en actions d’entreprises européennes et en fonds éligibles, avec un plafond de versements de 150 000 € par personne.
  • Le PEA-PME, réservé aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, monte à 225 000 € ; les versements sur les deux plans ne peuvent pas dépasser 225 000 € au total.
  • Tant qu’on ne retire rien, aucun impôt. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux (18,6 % sur les gains retirés depuis 2026, sauf la part acquise avant 2018 sur un plan ancien).
  • Un retrait avant cinq ans ferme le plan, sauf exceptions ; après cinq ans, les retraits partiels sont libres et les versements restent possibles.
  • Au décès, le plan est clôturé : les gains échappent à l’impôt sur le revenu, mais le PEA entre dans la succession.
  • Le compte-titres ordinaire n’a ni plafond ni contrainte, mais ses revenus et plus-values sont imposés chaque année au prélèvement forfaitaire unique (31,4 % en 2026) ou au barème.

Le PEA est, avec l’assurance vie, la deuxième grande enveloppe fiscale de l’épargnant français. Il récompense la durée : ouvert tôt, alimenté régulièrement, il devient après cinq ans un réservoir de capital et de revenus faiblement imposé. Mais il ne protège de rien d’autre que de l’impôt : investi en actions, il expose à un risque de perte en capital. Ce guide explique ses règles, ses limites, et quand le compte-titres ou l’assurance vie le complètent.

Comment fonctionne un PEA ?

Le PEA associe un compte espèces, qui reçoit vos versements et les produits (dividendes, ventes), et un compte de titres, qui porte les titres achetés (article L221-30 du Code monétaire et financier). Vous versez en numéraire, vous achetez et vendez librement à l’intérieur du plan ; tant que l’argent reste dans le PEA, les gains ne sont pas imposés et se réinvestissent en entier.

Qui peut ouvrir un PEA ?

  • Toute personne physique majeure dont le domicile fiscal est en France, sans condition de nationalité.
  • Un seul PEA par personne, et un seul titulaire par plan : pas de PEA joint. Dans un couple marié ou pacsé, chacun peut ouvrir le sien.
  • Un jeune majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA plafonné à 20 000 € (voir le chapitre sur le PEA jeune).

PEA bancaire ou PEA assurance

Le PEA bancaire s’ouvre auprès d’une banque ou d’une entreprise d’investissement : c’est la forme courante, qui permet d’acheter des actions en direct et des fonds. Le PEA assurance prend la forme d’un contrat de capitalisation en unités de compte souscrit auprès d’un assureur : mêmes règles fiscales, des fonds plutôt que des actions en direct, et la possibilité d’une sortie en rente viagère. On ne peut détenir qu’un seul des deux à la fois. Le PEA se transfère d’un établissement à l’autre sans perdre son antériorité ; les frais facturés au titulaire sont plafonnés par décret (article L221-32).

Prendre date

La date d’ouverture du plan est celle du premier versement, et c’est elle qui fait courir les cinq ans, pas la date de chaque versement. Ouvrir un PEA avec un premier versement modeste, même sans projet immédiat, fait donc courir le délai : les sommes versées dix ans plus tard profiteront d’un plan de plus de cinq ans.

Quel est le plafond du PEA en 2026 ?

PlanPlafond de versementsPrécision
PEA classique (bancaire ou assurance)150 000 €Les gains réalisés dans le plan ne comptent pas : la valeur du PEA peut dépasser le plafond sans limite.
PEA-PME-ETI225 000 €Cumulable avec un PEA classique, mais la somme des versements sur les deux plans ne peut pas dépasser 225 000 €.
PEA jeune (majeur rattaché)20 000 €Pendant le rattachement au foyer fiscal des parents ; 150 000 € ensuite.

Le plafond porte sur les versements en numéraire depuis l’ouverture, pas sur la valeur du plan. Quelqu’un qui a versé 150 000 € et dont le PEA vaut 230 000 € ne peut plus verser, mais rien ne l’oblige à retirer : le plan continue de capitaliser.

Combien peut-on placer au total ?

  • Une personne seule : 150 000 € sur le PEA, plus 75 000 € sur un PEA-PME si le PEA est rempli ; davantage sur le PEA-PME si le PEA l’est moins (avec 100 000 € versés sur le PEA, il reste 125 000 € pour le PEA-PME).
  • Un couple : chacun son PEA et son PEA-PME, soit 300 000 € de versements sur les PEA et jusqu’à 450 000 € en ajoutant les PEA-PME.
Dépasser le plafond coûte le plan

Le non-respect d’une condition du PEA, dont le plafond, entraîne la clôture du plan à la date du manquement, avec l’impôt correspondant immédiatement exigible ; des versements excédentaires faits sciemment sont en plus sanctionnés d’une amende de 2 % de leur montant (article 1765 du CGI). Le risque est réel quand on détient un PEA et un PEA-PME dans deux établissements différents : c’est à vous de suivre le cumul.

Votre situation mérite une réponse précise

Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

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Le PEA-PME : pour qui, pour quels titres ?

Le PEA-PME-ETI suit les mêmes règles que le PEA classique pour les retraits, la fiscalité et le décès, avec trois différences : un plafond propre de 225 000 €, un univers limité aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, et une ouverture réservée aux majeurs non rattachés au foyer fiscal de leurs parents.

Les entreprises éligibles

  • Non cotées : moins de 5 000 salariés, et un chiffre d’affaires d’au plus 1,5 milliard d’euros ou un total de bilan d’au plus 2 milliards d’euros.
  • Cotées : une capitalisation boursière inférieure à 2 milliards d’euros sur l’exercice de référence ou l’un des quatre exercices précédents.
  • Le titulaire et son groupe familial ne doivent pas détenir plus de 25 % des droits de la société.

Les titres

Actions et parts de ces entreprises, fonds investis dans ces entreprises selon des quotas fixés par la loi, et, à la différence du PEA classique, certaines obligations convertibles ou remboursables en actions, certains titres participatifs et des obligations à taux fixe acquises par l’intermédiaire d’une plateforme de financement participatif agréée.

Le PEA-PME a un sens quand le PEA classique est plein ou presque, et pour une part limitée du patrimoine : les petites valeurs sont plus volatiles, moins liquides, et les titres non cotés peuvent être difficiles à revendre.

Plafond commun, titres, ETF, fiscalité et exemples chiffrés : notre page dédiée au PEA-PME.

Quels titres peut-on loger dans un PEA ?

La liste des placements autorisés est fixée par l’article L221-31 du Code monétaire et financier. Elle est plus étroite qu’on ne le croit.

ÉligibleNon éligible
Actions et certificats d’investissement de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés et dont le siège est dans l’Union européenne ou dans un État de l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention fiscaleActions de sociétés américaines, britanniques, suisses ou asiatiques détenues en direct
Parts de SARL et titres de sociétés coopératives remplissant les mêmes conditionsObligations, fonds obligataires et monétaires (hors cas particuliers du PEA-PME)
Fonds (SICAV, FCP, OPCVM européens, ETF) investis à plus de 75 % en titres éligiblesTitres détenus à plus de 25 % par le titulaire, son conjoint ou partenaire, leurs ascendants et descendants
Droits préférentiels de souscription attachés à des titres cotés déjà détenus dans le planTitres ayant ouvert droit à certains avantages fiscaux à la souscription
Dans un PEA assurance : unités de compte investies dans ces catégoriesActions de préférence

Les titres non cotés sont admis, mais leur avantage fiscal est limité : leurs produits ne sont exonérés que dans la limite de 10 % du montant investi dans ces titres (article 157, 5° bis du CGI). Le PEA est fait pour les titres cotés.

On ne verse dans un PEA que de l’argent : des actions déjà détenues sur un compte-titres ne peuvent pas y être apportées, il faut les vendre (et payer l’impôt sur la plus-value éventuelle) puis racheter dans le plan.

Quels ETF sont éligibles au PEA ?

Un ETF (fonds indiciel coté) est éligible au PEA s’il investit à plus de 75 % dans des titres éligibles. Deux familles coexistent :

  • Les ETF à réplication physique d’indices européens : ils détiennent directement les actions de l’indice (zone euro, Europe, un pays européen). Ils respectent naturellement le quota.
  • Les ETF à réplication synthétique d’indices non européens : pour suivre un indice mondial, américain, émergent ou sectoriel, le fonds détient un panier d’actions européennes et échange la performance de ce panier contre celle de l’indice visé par un contrat d’échange (swap) conclu avec une banque. Le fonds respecte le quota sur ce qu’il détient, et l’épargnant reçoit la performance de l’indice étranger, frais déduits.

C’est ce mécanisme qui permet d’avoir, dans un PEA, une exposition aux grandes entreprises mondiales malgré la règle européenne. Il comporte un risque propre, la défaillance de la banque contrepartie du contrat d’échange, encadré par la réglementation européenne des fonds mais réel.

Comment vérifier l’éligibilité

  1. Le document d’informations clés et le prospectus du fonds indiquent s’il est éligible au PEA.
  2. L’établissement qui tient le plan n’accepte à l’achat que les fonds qu’il a référencés comme éligibles : la liste dépend de chaque établissement.
  3. Les frais de gestion annuels de l’ETF, l’écart de suivi par rapport à l’indice et la liquidité sur le marché se comparent avant l’achat, comme pour tout fonds.

Un ETF n’est pas un placement sans risque : il suit son indice à la hausse comme à la baisse, et un indice d’actions peut perdre une part importante de sa valeur sur plusieurs années. Nous ne recommandons pas un fonds plutôt qu’un autre dans ce guide ; le choix se fait dans le cadre d’un conseil personnalisé. Pour les notions de base : ETF et unités de compte dans le lexique.

Quand et comment retirer de l’argent d’un PEA ?

RetraitConséquence
Avant 5 ans, cas généralClôture du plan, imposition du gain net à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
Avant 5 ans, licenciement, invalidité ou mise à la retraite anticipée du titulaire, de son conjoint ou de son partenaire de PacsPas de clôture ; gain imposé (12,8 % ou barème, plus prélèvements sociaux).
Avant 5 ans, sommes affectées dans les trois mois à la création ou à la reprise d’une entreprise dirigée par le titulaire, son conjoint ou partenaire, un ascendant ou un descendantPas de clôture ni d’impôt sur le revenu, mais plus aucun versement possible ensuite.
Titres d’une société en liquidation judiciaireRetrait sans frais de ces titres, sans clôture ni blocage des versements.
Après 5 ans, retrait partielLe plan reste ouvert et les versements restent possibles. Gain exonéré d’impôt sur le revenu, prélèvements sociaux dus.
Après 5 ans, retrait totalClôture. Gain exonéré d’impôt sur le revenu, prélèvements sociaux dus. Le PEA assurance peut aussi être converti en rente viagère.

Quelle part d’un retrait est un gain ?

Un retrait partiel n’est pas entièrement imposable : seule la part de gain qu’il contient supporte les prélèvements sociaux. Cette part se calcule au prorata (article L136-7, II, 5° du Code de la sécurité sociale) : gain du retrait = montant retiré − versements nets × (montant retiré ÷ valeur du plan). Sur un plan de 90 000 € alimenté par 60 000 € de versements, un retrait de 15 000 € contient 5 000 € de gain et 10 000 € de capital (voir les exemples plus bas).

La règle des cinq ans est donc une règle de patience, pas de blocage : l’argent est disponible à tout moment, mais sortir tôt coûte le plan et l’avantage fiscal. Une épargne de précaution sur des livrets réglementés évite d’avoir à toucher au PEA dans les premières années.

Quelle est la fiscalité du PEA avant et après 5 ans ?

Tant que les gains restent dans le plan, ils ne sont pas imposés : dividendes et plus-values se réinvestissent sans impôt ni prélèvements sociaux. L’imposition intervient au retrait, et seulement sur le gain qu’il contient.

ÉvénementImpôt sur le revenu sur le gainPrélèvements sociaux sur le gain
Retrait avant 5 ans (clôture)12,8 % (prélèvement forfaitaire unique), ou barème progressif sur option globaleOui
Retrait après 5 ansExonéréOui
Rente viagère d’un PEA de plus de 5 ansExonéréeSur une fraction de la rente, selon l’âge au premier versement
Décès du titulaireExonéré, quelle que soit l’anciennetéOui

Avant cinq ans, le gain net est imposé selon l’article 200 A du CGI : 12,8 % d’impôt sur le revenu, ou le barème progressif si vous optez pour l’imposition de l’ensemble de vos revenus de capitaux au barème (l’option est globale et annuelle ; voir notre page sur la flat tax). Après cinq ans, l’article 157, 5° bis exonère les produits et plus-values du plan.

Les prélèvements sociaux en 2026 : 18,6 %, avec une nuance de dates

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les produits de placement de 9,2 % à 10,6 %, donc les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. L’article L136-8 du Code de la sécurité sociale maintient 9,2 % pour certains produits (revenus fonciers, plus-values immobilières, épargne logement, assurance vie et contrats de capitalisation, épargne populaire), mais pas pour les gains du PEA : ceux-ci relèvent du taux de 18,6 %.

Le taux dépend toutefois de la date à laquelle les gains ont été acquis :

  • Gains retirés depuis le 1er janvier 2026 : 18,6 %, y compris les gains acquis entre 2018 et 2025.
  • Gains acquis avant le 1er janvier 2018 dans un plan ouvert avant cette date (et, pour les plans qui avaient moins de cinq ans au 1er janvier 2018, gains de leurs cinq premières années) : taux en vigueur au moment où ils ont été acquis, dits « taux historiques » (loi n° 2017-1836, article 8).
  • Gains acquis entre 2018 et 2025 : ils ne sont pas protégés. La loi de financement pour 2026 ne maintient les anciens taux que pour les produits que la loi de financement pour 2018 avait mis à part, c’est-à-dire, pour le PEA, la part des gains acquise avant le 1er janvier 2018 (loi n° 2025-1403, article 12, II, 2° ; loi n° 2017-1836, article 8, V, C, 3°). Retirés depuis 2026, ces gains supportent donc 18,6 %.

Le calcul par périodes est fait par l’établissement qui tient le plan, qui prélève les prélèvements sociaux lors du retrait. Pour un plan ancien, demandez-lui le détail avant un retrait important ; les exemples de ce guide chiffrent des plans ouverts en 2026, entièrement à 18,6 %.

Et en cas de perte ?

Si, à la clôture d’un plan de plus de cinq ans, la valeur liquidative est inférieure au total des versements, la perte est imputable sur les plus-values de valeurs mobilières, à condition que tous les titres aient été vendus (article 150-0 A, II, 2 bis du CGI). Une perte reste une perte : l’imputation ne la compense qu’en partie, et seulement si vous avez des plus-values à imposer.

Ce que vaut l’exonération

Sur un compte-titres, un gain de 10 000 € réalisé en 2026 supporte 3 140 € de prélèvement forfaitaire unique (31,4 %) ; dans un PEA de plus de cinq ans, 1 860 € de prélèvements sociaux seulement (18,6 %). L’écart grandit avec le temps, parce que les dividendes et plus-values réinvestis dans le PEA ne sont pas rognés chaque année par l’impôt.

Deux exemples chiffrés

Hypothèses de calcul, pas des prévisions : les valeurs de plan sont choisies pour illustrer les règles, la performance des actions n’est pas garantie et peut être négative. Taux de 2026 supposés inchangés, gains acquis à partir de 2026.

Exemple 1 : un retrait partiel après cinq ans

Claire a ouvert son PEA en 2026 et y a versé 60 000 €. Six ans plus tard, le plan vaut 90 000 €. Elle retire 15 000 € pour financer des travaux.

ÉtapeCalculMontant
Part du plan retirée15 000 ÷ 90 0001/6
Capital contenu dans le retrait60 000 × 1/610 000 €
Gain contenu dans le retrait15 000 − 10 0005 000 €
Impôt sur le revenuPlan de plus de 5 ans0 €
Prélèvements sociaux5 000 × 18,6 %930 €

Elle perçoit 14 070 € net. Le plan reste ouvert et elle peut continuer à verser. Le même gain de 5 000 € réalisé sur un compte-titres aurait supporté 1 570 € au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.

Exemple 2 : un retrait avant cinq ans

Marc a ouvert son PEA en 2026 avec 40 000 €. Trois ans plus tard, le plan vaut 46 000 € et il a besoin de l’argent. Son retrait clôture le plan.

ÉtapeCalculMontant
Gain net46 000 − 40 0006 000 €
Impôt sur le revenu (prélèvement forfaitaire)6 000 × 12,8 %768 €
Prélèvements sociaux6 000 × 18,6 %1 116 €
Total6 000 × 31,4 %1 884 €

S’il avait pu attendre la sixième année, à valeur égale, il n’aurait payé que les 1 116 € de prélèvements sociaux, et il aurait gardé un plan ouvert. Surtout, il perd son antériorité : un nouveau PEA repartira de zéro pour les cinq ans. Si le plan avait valu moins que 40 000 €, il n’y aurait eu aucun impôt, mais une perte en capital.

Sortir en rente viagère

Le PEA assurance, contrat de capitalisation souscrit auprès d’un assureur, peut se dénouer par le versement d’une rente viagère. La conversion clôture le plan.

  • Impôt sur le revenu : la rente issue d’un PEA dénoué après cinq ans n’entre pas dans le revenu imposable (article 157, 5° ter du CGI).
  • Prélèvements sociaux : ils portent sur une fraction de la rente, fixée selon l’âge au premier versement de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans.

La rente est versée jusqu’au décès, quelle que soit sa durée ; en contrepartie, le capital converti n’est plus disponible ni transmissible, sauf options de réversion prévues au contrat. C’est un choix pour qui veut un revenu à vie et n’a pas d’objectif de transmission sur ce capital. Les retraits partiels programmés après cinq ans sont l’alternative qui garde le capital disponible et transmissible. Le même arbitrage existe pour le PER, rente ou capital.

Que devient le PEA au décès ? La transmission

Le PEA ne se transmet pas : il est personnel et se clôture au décès de son titulaire. L’établissement fige les valeurs à la date du décès et transfère les titres sur un compte-titres de succession.

  • Les gains du plan sont exonérés d’impôt sur le revenu, même si le plan a moins de cinq ans.
  • Les prélèvements sociaux sont prélevés par l’établissement sur les gains ; ils sont déductibles de la succession comme une dette.
  • La valeur du PEA entre dans l’actif de la succession et supporte les droits de succession selon le lien de parenté, après les abattements habituels.
  • Les héritiers décident ensemble de vendre les titres, de les garder en indivision ou de les transférer sur le compte-titres de l’un d’eux. Ils ne peuvent pas les verser dans leur propre PEA.

C’est la grande différence avec l’assurance vie, qui se transmet hors succession au bénéficiaire désigné, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Pour un patrimoine financier important avec un objectif de transmission, le PEA se combine donc avec une assurance vie. Pour estimer les droits : notre simulateur de droits de succession et notre page sur l’héritage.

Le PEA jeune : un PEA pour un enfant majeur rattaché

Le « PEA jeune » est un PEA ouvert par un majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents : en pratique un étudiant de 25 ans au plus ou un majeur invalide sans limite d’âge. Il est toujours en vigueur en 2026 (article L221-30 du Code monétaire et financier).

  • Plafond de 20 000 € de versements tant que dure le rattachement.
  • À la fin du rattachement, il devient un PEA classique plafonné à 150 000 €, et garde sa date d’ouverture.
  • Un seul PEA par personne : ce plan sera donc son PEA pour la vie.
  • Le PEA-PME ne peut pas être ouvert pendant le rattachement.

Un enfant mineur ne peut pas ouvrir de PEA. L’intérêt du PEA jeune est la prise de date : ouvert à 18 ans, il aura plus de cinq ans à 23 ans, au moment où le jeune adulte pourra commencer à épargner sérieusement. Pour l’épargne des mineurs, voir l’assurance vie pour un enfant.

Compte-titres ordinaire : quand et pourquoi ?

Le compte-titres ordinaire (CTO) permet d’acheter tout ce que le PEA n’accepte pas : actions du monde entier, obligations, fonds de toutes zones, produits structurés, ETF non éligibles. Il n’a ni plafond, ni condition de durée, ni limite de nombre.

Sa fiscalité

  • Dividendes et intérêts : imposés l’année de leur perception au prélèvement forfaitaire unique, 12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026, soit 31,4 % ; ou au barème progressif sur option globale, avec alors l’abattement de 40 % sur les dividendes.
  • Plus-values : imposées l’année de la vente, selon les mêmes modalités.

C’est une enveloppe transparente : chaque revenu et chaque cession sont imposés au fil de l’eau. Elle convient pour les actifs non éligibles au PEA, pour les montants au-delà des plafonds, et pour des titres que l’on veut pouvoir donner ou transmettre tels quels. Le détail : compte-titres et dividendes dans le lexique, et notre page sur la flat tax.

PEA ou assurance vie : que choisir ?

La question revient souvent ; la réponse est presque toujours « les deux, pour des usages différents ». Les deux enveloppes peuvent loger des actions, mais elles ne se ressemblent ni par l’univers d’investissement, ni par la fiscalité, ni par la transmission.

CritèrePEAAssurance vie
Plafond de versements150 000 € (225 000 € avec le PEA-PME)Aucun
SupportsActions européennes et fonds éligibles, dont des ETFFonds en euros, unités de compte (actions de toutes zones, obligations, gestion pilotée…)
Capital garantiNonSur le fonds en euros (garantie de l’assureur), pas sur les unités de compte
Délai fiscal5 ans8 ans
Impôt sur le revenu sur les gains retirés, après le délaiAucunAbattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % (12,8 % pour la part liée aux primes au-delà de 150 000 €)
Prélèvements sociaux en 202618,6 % (taux historiques sur la part acquise avant 2018)17,2 %
Retrait avant le délaiClôture du plan, sauf exceptionsPossible sans clôture, fiscalité moins favorable
Au décèsClôture, valeur dans la successionHors succession, 152 500 € d’abattement par bénéficiaire (primes avant 70 ans)

En pratique

  • Pour une poche actions de long terme jusqu’à 150 000 €, le PEA est fiscalement imbattable après cinq ans : aucun impôt sur le revenu, quel que soit le montant du gain.
  • Pour diversifier (fonds en euros, obligations, actions hors Europe), pour transmettre ou au-delà du plafond, l’assurance vie prend le relais.
  • Pour un retrait de gains modéré après huit ans, l’abattement de l’assurance vie peut ramener l’impôt sur le revenu à zéro, et ses prélèvements sociaux sont plus bas en 2026 (17,2 %).

Pour la part de l’épargne destinée à la retraite, le PER ajoute la déduction des versements du revenu imposable : un troisième outil, avec ses propres contraintes de blocage. Le détail de l’assurance vie : fiscalité de l’assurance vie et simulateur.

Comment choisir son PEA ?

  1. Les frais : droits de garde, frais de courtage par ordre, frais de transfert (les frais du PEA sont plafonnés par décret), frais de gestion des fonds et ETF eux-mêmes.
  2. L’offre : gamme d’ETF et de fonds éligibles référencés, accès aux marchés européens, qualité de l’interface ou de l’accompagnement.
  3. Bancaire ou assurance : le PEA assurance ajoute la sortie en rente et une gestion déléguée possible, avec des frais de contrat, mais sans titres en direct.
  4. Le service : traitement des transferts, relevés fiscaux, calcul des prélèvements sociaux par périodes pour les plans anciens, disponibilité d’un interlocuteur.

Nous comparons ces critères pour vous et nous vous remettons la comparaison par écrit ; le PEA est une enveloppe, le portefeuille qu’on y met est l’essentiel.

Les risques d’un PEA

  • Perte en capital : le PEA est investi en actions ou en fonds d’actions ; sa valeur suit les marchés et peut baisser fortement, y compris sur plusieurs années. Aucune garantie en capital.
  • Concentration géographique : en direct, le PEA est limité aux entreprises européennes ; une diversification mondiale passe par des ETF synthétiques, avec leur risque de contrepartie.
  • Liquidité : les petites valeurs du PEA-PME et les titres non cotés peuvent être difficiles à vendre au prix espéré.
  • Risque de clôture : un retrait avant cinq ans ou un manquement aux règles ferme le plan et fait perdre l’antériorité.
  • Risque réglementaire : les taux de prélèvements sociaux ont changé en 2018 et en 2026 ; la fiscalité de sortie dépend des règles en vigueur au moment du retrait.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. N’investissez en PEA que des sommes dont vous n’aurez pas besoin pendant au moins cinq ans, et plutôt huit à dix pour des actions.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Retirer avant cinq ans pour un besoin qu’une autre épargne aurait couvert : le plan est clôturé et l’antériorité perdue.
  • Ouvrir un second PEA, ou dépasser le plafond de versements : clôture et, pour des versements excédentaires faits sciemment, amende.
  • Oublier d’ouvrir le PEA tôt : les cinq ans courent depuis le premier versement.
  • Concentrer le PEA sur quelques titres, alors que l’enveloppe est faite pour capitaliser longtemps sur un portefeuille diversifié.
  • Payer des frais de courtage et de garde élevés qui absorbent l’avantage fiscal.
  • Mettre dans un compte-titres des actifs qui auraient été éligibles au PEA.
  • Compter sur le PEA pour transmettre : il est clôturé au décès et entre dans la succession.

Sources et textes de référence

Textes lus le 24 octobre 2026 sur Légifrance, versions en vigueur à cette date : Code monétaire et financier, article L221-30 (titulaires, plafonds de 150 000 € et 20 000 €), article L221-31 (titres éligibles), article L221-32 (retraits, clôture, exceptions, frais), article L221-32-1 (PEA-PME, 225 000 €) ; Code général des impôts, article 157 (5° bis et 5° ter : exonération, titres non cotés, rente), article 150-0 A (retrait avant cinq ans, moins-value à la clôture), article 200 A (12,8 %, option pour le barème), article 1765 (clôture et amende) ; Code de la sécurité sociale, article L136-7 (gain net du PEA) et article L136-8 (taux de CSG) ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 12 (entrée en vigueur de la hausse) et loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017, article 8 (gains acquis avant 2018). Fiches service-public.gouv.fr : Plan d’épargne en actions (PEA) (vérifiée le 22 mai 2026 : ouverture, PEA jeune, PEA-PME, retraits, rente, décès) ; Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement (vérifiée le 30 juin 2026) ; Assurance vie : fiscalité des rachats (vérifiée le 15 avril 2026). Les exemples chiffrés sont nos calculs, à partir des hypothèses indiquées ; ils ne constituent ni une offre ni une promesse de résultat. Ces règles évoluent avec chaque loi de finances : elles sont vérifiées avant chaque recommandation.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 24 octobre 2026
Quel est le plafond du PEA en 2026 ?

150 000 € de versements par personne pour un PEA classique, 20 000 € pour un PEA ouvert par un majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents. Le PEA-PME porte le total à 225 000 € de versements sur les deux plans. Les gains ne comptent pas dans le plafond.

Quand peut-on retirer de l’argent d’un PEA ?

À tout moment. Avant cinq ans, le retrait ferme le plan et le gain est imposé à 12,8 % (ou au barème sur option) plus les prélèvements sociaux. En cas de licenciement, d’invalidité ou de mise à la retraite anticipée, le plan reste ouvert mais le gain est imposé de la même façon ; en cas de création ou de reprise d’entreprise, ni clôture ni impôt sur le revenu. Après cinq ans, les retraits partiels sont libres, sans clôture, et ne supportent que les prélèvements sociaux sur la part de gain.

Quelle est la fiscalité du PEA après 5 ans ?

Aucun impôt sur le revenu sur les gains retirés. Seuls les prélèvements sociaux sont dus : 18,6 % sur les gains retirés depuis le 1er janvier 2026, sauf la part acquise avant 2018 sur un plan ancien, qui garde les taux historiques, calculés par l’établissement.

Peut-on mettre des ETF monde ou américains dans un PEA ?

Oui, à condition qu’ils soient éligibles : certains ETF à réplication synthétique respectent le quota de plus de 75 % de titres européens tout en reproduisant la performance d’un indice mondial ou américain. Le document d’informations clés le précise, et la liste dépend de l’établissement.

PEA ou assurance vie ?

Les deux, le plus souvent : le PEA pour la poche actions jusqu’au plafond, sans impôt sur le revenu après cinq ans ; l’assurance vie pour la diversification (fonds en euros, obligations, actions hors Europe), la disponibilité sans clôture et la transmission hors succession avec la clause bénéficiaire.

Peut-on avoir plusieurs PEA ?

Non : un seul PEA classique et un seul PEA-PME par personne. Un couple peut donc détenir deux PEA et deux PEA-PME. Le non-respect de cette règle est un manquement sanctionné par la clôture du plan (article 1765 du CGI).

Que devient un PEA au décès ?

Il est clôturé. Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu quelle que soit l’ancienneté du plan ; seuls les prélèvements sociaux sont dus. La valeur du plan entre dans la succession ; les héritiers vendent les titres, les gardent en indivision ou les transfèrent sur un compte-titres.

Peut-on perdre de l’argent avec un PEA ?

Oui. Le PEA est investi en actions ou en fonds d’actions, sans garantie en capital : sa valeur peut baisser fortement. L’avantage fiscal ne joue que sur les gains ; il ne protège pas des pertes, dont l’imputation fiscale à la clôture reste limitée.

Aller plus loin

Une page par question, avec les règles 2026 et des exemples chiffrés.

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