Chefs d’entreprise·Épargne salariale

Épargne salariale : pour les salariés, et pour le dirigeant de PME

Intéressement, participation, abondement versés sur un PEE ou un PER collectif : des sommes exonérées de cotisations et d’impôt sur le revenu, dont le dirigeant d’une entreprise de moins de 250 salariés bénéficie aussi.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 24 octobre 2026 · Sources officielles citées
⏱ L’essentiel en 30 secondes

L’épargne salariale est-elle faite pour votre entreprise ?

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Pour qui

  • Vous dirigez une entreprise de 1 à 249 salariés
  • Vous voulez motiver et fidéliser vos équipes
  • Vous voulez en profiter vous-même
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Ce que ça vous apporte

  • Des sommes exonérées de cotisations et d’impôt, dans les limites légales
  • L’abondement de l’entreprise sur les versements
  • Un forfait social nul sous certains effectifs
⚠️

À savoir avant

  • Des sommes bloquées cinq ans (PEE) ou jusqu’à la retraite (PER collectif)
  • Un choix de fonds parfois limité
  • Un formalisme d’accords à respecter
💬

Notre avis

Un des rares outils qui profite à la fois aux salariés et au dirigeant. Nous le mettons en place avec vous et votre expert-comptable.

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De l’entreprise au salarié, sans charges

L’entreprise verse, le plan reçoit, le bénéficiaire retire : à chaque étape, l’épargne salariale échappe aux cotisations sociales et, si elle est placée, à l’impôt sur le revenu. Le dirigeant d’une PME en profite comme ses salariés.

Quatre sources

Intéressement (jusqu’à 36 045 € par bénéficiaire en 2026), participation, abondement de l’entreprise, prime de partage de la valeur : quatre flux, quatre règles.

Les exonérations

Pas de cotisations sociales pour l’entreprise ni pour le bénéficiaire (CSG-CRDS due), pas d’impôt sur le revenu sur les sommes placées dans le plan. Les gains supportent les prélèvements sociaux à la sortie, 18,6 % en 2026.

Versementintéressement, participationPlacementPEE, PER collectifDéblocage5 ans, retraite, cas légaux

Deux plans

Le PEE, bloqué cinq ans avec quatorze cas de déblocage anticipé ; le PER d’entreprise collectif, bloqué jusqu’à la retraite avec ses huit cas. L’abondement maximal 2026 : 3 844,80 € sur le PEE, 7 689,60 € sur le PER collectif.

Le dirigeant

Dans une entreprise de moins de 250 salariés qui compte au moins un salarié en plus du dirigeant, le chef d’entreprise et son conjoint collaborateur ou associé bénéficient des mêmes dispositifs : un complément de rémunération sans charges.

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Quatre outils pour une petite entreprise

Simples à mettre en place, à condition de respecter le formalisme.

Intéressement

Une formule liée aux résultats ou à la performance, dans un accord de un à cinq ans, ou une décision unilatérale dans les petites entreprises.

Participation

Obligatoire à partir de 50 salariés (pendant cinq ans consécutifs), possible en dessous : une part du bénéfice partagée.

Abondement

L’entreprise complète les versements du salarié sur le plan, jusqu’au triple et dans les plafonds : l’outil le plus souple.

Prime de partage de la valeur

Une prime facultative, exonérée de cotisations sous conditions, que le salarié peut demander à placer sur un PEE ou un PER.

PEE ou PER d’entreprise collectif ?

CritèrePEEPER d’entreprise collectif
Blocage5 ansJusqu’à la retraite
Abondement maximal 20263 844,80 € (8 % du PASS)7 689,60 € (16 % du PASS)
Déblocage anticipéQuatorze cas : mariage, naissance, résidence principale, rupture du contrat de travail…Sept cas, dont la résidence principale
SortieCapital, exonéré d’impôt sur le revenuCapital ou rente
GainsPrélèvements sociaux à la sortie (18,6 %)Selon le mode de sortie
Pour quiProjets à moyen termeRetraite

service-public.gouv.fr (PEE F2142, intéressement F2140, participation F2141, PER F34982 ; plafonds 2026 sur le PASS de 48 060 €), Code du travail (R. 3332-8, R. 3334-2, R. 3324-22). Relu le 24 octobre 2026.

L’épargne salariale avec OP-Invests

Pour un dirigeant de TPE ou de PME, l’épargne salariale est l’un des rares moyens de se verser, et de verser à ses salariés, des sommes presque sans charges ni impôt. Encore faut-il choisir les bons dispositifs et les bons plafonds.

Le calcul pour l’entreprise et pour vous

Intéressement, participation volontaire, abondement, prime de partage de la valeur : chaque dispositif a ses plafonds, son forfait social selon l’effectif, ses conditions. Nous calculons ce que l’entreprise peut verser, ce que cela lui coûte et ce que chacun reçoit net, dirigeant compris.

PEE ou PER collectif, ou les deux

Le PEE libère l’épargne après cinq ans ; le PER d’entreprise collectif la bloque jusqu’à la retraite avec un abondement plafonné deux fois plus haut et une déduction possible des versements volontaires. Nous répartissons selon les objectifs de chacun.

La mise en place

Accord d’intéressement, règlement de plan, choix du teneur de compte et des fonds proposés, information des salariés : nous coordonnons avec votre expert-comptable et, si besoin, un avocat en droit social, et nous vous accompagnons dans le dépôt des accords.

Le suivi

Versements annuels, choix des supports dans les plans, déblocages, sorties à la retraite : nous suivons votre épargne salariale comme le reste de votre patrimoine.

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L’épargne salariale pour quel projet ?

Un outil de rémunération, d’épargne et de fidélisation.

L’épargne salariale, en bref

En bref
  • L’épargne salariale regroupe des sommes versées par l’entreprise (intéressement, participation, abondement, prime de partage de la valeur) et placées sur des plans (plan d’épargne entreprise, PER d’entreprise collectif), avec des exonérations de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.
  • Le PEE bloque les sommes cinq ans, avec quatorze situations de déblocage anticipé ; le PER collectif les bloque jusqu’à la retraite, avec huit cas.
  • Plafonds 2026, calculés sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de 48 060 € : intéressement et participation 36 045 € par bénéficiaire ; abondement sur le PEE 3 844,80 € (8 % du PASS), 6 920,64 € pour des actions de l’entreprise ; abondement sur le PER collectif 7 689,60 € (16 % du PASS). Toujours au plus le triple du versement du bénéficiaire.
  • À la sortie, pas d’impôt sur le revenu sur les sommes placées ; les gains supportent les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % en 2026.
  • Dans les entreprises de 1 à 249 salariés qui comptent au moins un salarié en plus du dirigeant, le chef d’entreprise et son conjoint collaborateur ou associé en bénéficient dans les mêmes conditions que les salariés.

L’épargne salariale est souvent perçue comme une affaire de grands groupes. C’est en réalité l’un des dispositifs les plus favorables pour une petite entreprise et son dirigeant, parce que le forfait social y est nul sous certains effectifs et que le dirigeant y a accès. Ce guide en donne les règles 2026, la façon de les combiner, et ce qu’il faut vérifier avant de signer quoi que ce soit.

Intéressement, participation, abondement, prime de partage : les quatre sources

Quatre flux alimentent l’épargne salariale. Ils n’ont ni la même origine, ni les mêmes plafonds, ni le même coût pour l’entreprise.

DispositifPrincipePlafond 2026 par bénéficiaireForfait social
IntéressementPrime liée aux résultats ou aux performances de l’entreprise, selon une formule fixée par un accord de un à cinq ans ; facultatif36 045 € (75 % du PASS) ; enveloppe globale limitée à 20 % des salaires brutsNul sous 250 salariés ; 20 % au-delà (16 % vers un PER collectif, sous conditions)
ParticipationPart des bénéfices redistribuée selon une formule légale ; obligatoire à partir de 50 salariés, facultative en dessous36 045 €Nul sous 50 salariés ; 20 % au-delà (16 % vers un PER collectif, sous conditions)
AbondementComplément versé par l’entreprise en proportion des versements du bénéficiaire sur un planPEE : 3 844,80 € (6 920,64 € en titres de l’entreprise) ; PER collectif : 7 689,60 €Dû seulement à partir de 50 salariés
Prime de partage de la valeurPrime facultative, exonérée de cotisations sous conditions ; versée au salarié ou, à sa demande, sur un PEE ou un PERPlafonds d’exonération variables selon l’entreprise et la date de versement : vérifiés au cas par casSelon l’effectif et le régime de la prime

L’intéressement

Il se met en place par accord collectif ou, dans une entreprise de moins de 50 salariés, par décision unilatérale de l’employeur si deux conditions sont réunies : aucun accord de branche agréé ne permet d’adhérer à un accord type d’intéressement, et l’entreprise ne peut pas conclure son propre accord, soit parce qu’elle n’a ni délégué syndical ni comité social et économique (procès-verbal de carence), soit parce que les négociations ont échoué (procès-verbal de désaccord). Il est mis en place pour une durée de un à cinq ans. La formule s’appuie sur les résultats ou les performances de l’entreprise (bénéfice, chiffre d’affaires, objectifs de qualité, de productivité). Les sommes sont versées au plus tard le dernier jour du cinquième mois qui suit la clôture de l’exercice, soit le 31 mai pour un exercice calé sur l’année civile ; au-delà, l’entreprise doit des intérêts de retard. Pour un dirigeant non salarié, la prime ne peut pas dépasser le salaire annuel le plus élevé versé dans l’entreprise l’année précédente ; pour un conjoint non rémunéré, 12 015 €.

La participation

Obligatoire pour les entreprises qui ont employé au moins 50 salariés pendant cinq années consécutives, elle est calculée selon une formule légale : réserve spéciale de participation = ½ × (bénéfice net − 5 % des capitaux propres) × (salaires / valeur ajoutée). Une petite entreprise peut l’adopter volontairement. Sans accord, la participation est versée sur un compte courant bloqué huit ans.

L’abondement

C’est l’outil le plus souple : l’entreprise complète ce que le bénéficiaire verse sur un plan, selon une règle fixée par le règlement du plan (par exemple 100 %, 200 % ou 300 % du versement), dans la double limite du triple du versement et d’un plafond annuel. Le versement qui déclenche l’abondement peut venir de l’intéressement, de la participation, de la prime de partage de la valeur ou de l’épargne personnelle du bénéficiaire. Le chapitre suivant en détaille les plafonds.

La prime de partage de la valeur

Prime facultative, que l’entreprise verse librement dans l’année. Le salarié peut demander qu’elle soit placée sur un PEE ou un PER. Ses plafonds d’exonération et son traitement fiscal dépendent de la taille de l’entreprise, de la rémunération du salarié et de la date de versement : nous les vérifions au moment de la décision, sur le texte en vigueur.

L’obligation des entreprises de 11 à 49 salariés

Depuis le 1er janvier 2025, une entreprise de 11 à 49 salariés qui a réalisé un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % de son chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs doit mettre en place au moins un dispositif : participation, intéressement, abondement sur un plan ou prime de partage de la valeur. Les entreprises individuelles en sont exclues.

Quel est le plafond de l’abondement en 2026 ?

L’abondement obéit à une double limite, fixée par l’article L. 3332-11 du code du travail : il ne peut dépasser ni le triple du versement du bénéficiaire, ni un plafond annuel fixé par décret en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Les plafonds s’apprécient par année civile.

PlanPlafond annuelMontant 2026Versement qui l’atteint avec un abondement de 300 %
PEE8 % du PASS (article R. 3332-8)3 844,80 €1 281,60 €
PEE, acquisition d’actions de l’entrepriseMajoration jusqu’à 80 %6 920,64 €2 306,88 €
PER d’entreprise collectif16 % du PASS (article R. 3334-2)7 689,60 €2 563,20 €

PASS 2026 : 48 060 €. Service-public.gouv.fr arrondit le plafond du PER collectif à 7 690 €.

Les deux plafonds se cumulent : un bénéficiaire qui verse sur le PEE et sur le PER collectif de son entreprise peut recevoir jusqu’à 11 534,40 € d’abondement en 2026 (3 844,80 € + 7 689,60 €), à condition que les deux règlements le prévoient au taux de 300 % et qu’il verse lui-même au moins 3 844,80 € au total. Avec un taux plus faible, il faut verser davantage : à 100 %, le plafond du PEE n’est atteint qu’avec 3 844,80 € versés.

Le versement sans contribution du salarié

L’article L. 3332-11 du code du travail, dans sa version en vigueur depuis le 1er décembre 2023, permet aussi à l’entreprise de verser sur le PEE sans que le salarié verse quoi que ce soit, dans deux cas : pour l’acquisition de titres de l’entreprise, si le règlement le prévoit, avec une attribution uniforme à tous les salariés et des titres indisponibles cinq ans (plafond porté à 16 % du PASS) ; et dans le cadre d’un contrat de partage des plus-values de cession de titres avec les salariés (chapitre XI du titre III du livre II du code de commerce, articles L. 23-11-1 à L. 23-11-4), dans la limite de 30 % du PASS (14 418 € en 2026), hors plafond ordinaire.

Ce que coûte l’abondement à l’entreprise

L’abondement est exclu de l’assiette des cotisations sociales, déductible du bénéfice imposable de l’entreprise et exonéré d’impôt sur le revenu pour le bénéficiaire (article L. 3332-27 du code du travail), à condition que le règlement du plan ait été déposé. Le bénéficiaire supporte seulement la CSG et la CRDS. Le forfait social n’est dû que par les entreprises de 50 salariés ou plus. Le règlement du plan fixe la règle d’abondement pour tous les adhérents : l’entreprise s’engage donc pour l’ensemble des salariés qui verseront, pas seulement pour le dirigeant.

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Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

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PEE et PER d’entreprise collectif : où l’épargne est placée

CritèrePlan d’épargne entreprise (PEE)PER d’entreprise collectif (Pereco)
BénéficiairesTous les salariés, avec une ancienneté de trois mois au plus ; le dirigeant et son conjoint collaborateur ou associé sous 250 salariésIdem ; adhésion facultative, ou automatique si le règlement le prévoit (15 jours pour la refuser)
AlimentationIntéressement, participation, abondement, prime de partage de la valeur, versements volontaires (au plus 25 % de la rémunération annuelle brute)Idem, plus les droits d’un compte épargne-temps et, sans CET, jusqu’à 10 jours de repos non pris par an ; versements volontaires déductibles du revenu imposable
Abondement maximal 20263 844,80 € (6 920,64 € en titres de l’entreprise)7 689,60 €
BlocageCinq ans, avec quatorze situations de déblocage anticipéJusqu’à la retraite, avec huit cas de déblocage anticipé
SortieCapitalCapital, rente ou les deux
SupportsFonds communs de placement d’entreprise (FCPE), dont un fonds solidaire ; parfois actions de l’entrepriseFCPE, avec une gestion pilotée « horizon retraite » par défaut (profil équilibré)
FraisAprès le départ, l’état récapitulatif précise si les frais de tenue de compte restent payés par l’entreprise ou sont prélevés sur l’épargneFrais de gestion à la charge de l’employeur tant que le salarié est dans l’entreprise

Le PEE convient à une épargne de moyen terme, pour un projet à cinq ans ou plus ; le PER collectif à la retraite, avec un abondement plafonné deux fois plus haut. Les deux se cumulent, et un salarié peut répartir chaque année son intéressement entre les deux. Les FCPE ne sont pas garantis : selon leur orientation (monétaire, obligataire, actions, diversifiée, actions de l’entreprise), ils comportent un risque de perte en capital, d’autant plus élevé que la part d’actions est forte. Un PEE investi massivement en actions de son propre employeur concentre le risque sur une seule société, celle dont dépend aussi le salaire. Le fonctionnement complet du PER, individuel et collectif, est détaillé sur notre page plan d’épargne retraite.

Quels sont les cas de déblocage anticipé du PEE ?

Les sommes d’un PEE sont indisponibles cinq ans. L’article R. 3324-22 du code du travail, dans sa version en vigueur depuis le 7 juillet 2024, fixe la liste limitative des situations qui permettent de les récupérer plus tôt :

  1. mariage ou conclusion d’un PACS ;
  2. naissance ou arrivée au foyer d’un enfant en vue de son adoption, lorsque le foyer compte déjà au moins deux enfants à charge ;
  3. divorce, séparation ou dissolution d’un PACS, avec la résidence habituelle d’au moins un enfant fixée chez le bénéficiaire ;
  4. violences commises par le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS, ou par un ancien conjoint, concubin ou partenaire, dans les conditions fixées par le texte (ordonnance de protection ou poursuites pénales) ;
  5. invalidité du bénéficiaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de PACS, dans les conditions fixées par le texte ;
  6. décès du bénéficiaire, de son conjoint ou de son partenaire de PACS ;
  7. rupture du contrat de travail, cessation d’activité de l’entrepreneur individuel, fin du mandat social, perte du statut de conjoint collaborateur ou associé ;
  8. création ou reprise d’une entreprise, installation dans une autre profession non salariée, acquisition de parts de société coopérative de production ;
  9. acquisition ou agrandissement de la résidence principale avec création de surface habitable nouvelle, sous réserve d’une autorisation d’urbanisme ;
  10. remise en état de la résidence principale endommagée par une catastrophe naturelle reconnue ;
  11. travaux de rénovation énergétique de la résidence principale ;
  12. situation de surendettement ;
  13. activité de proche aidant ;
  14. achat d’un véhicule fonctionnant exclusivement à l’électricité, à l’hydrogène ou à une combinaison des deux, ou d’un vélo neuf à assistance électrique.

Les trois derniers ajouts (rénovation énergétique, proche aidant, véhicule propre) manquent encore dans beaucoup de listes en circulation. Les véhicules hybrides thermiques n’ouvrent pas droit au déblocage.

Les délais

La demande se fait auprès du teneur de compte, avec les justificatifs, dans les six mois qui suivent l’événement. Elle peut être faite à tout moment en cas de rupture du contrat de travail, de décès, d’invalidité, de violences conjugales, de surendettement et d’activité de proche aidant. Passé le délai de six mois, l’événement ne permet plus de débloquer.

Le PER collectif

Il se débloque à la retraite (ou à l’âge légal de départ), en capital, en rente ou les deux, et avant dans huit cas (article L. 224-4 du code monétaire et financier, version en vigueur depuis le 14 juin 2026) : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, affection grave ou handicap d’un enfant à charge, surendettement, fin des droits à l’assurance chômage, liquidation judiciaire d’une activité non salariée, achat de la résidence principale (les versements obligatoires restent alors bloqués), et titulaire âgé de moins de dix-huit ans à la date de la demande, cas ajouté par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026. Le détail et la fiscalité de ces sorties sont sur notre page déblocage anticipé du PER.

Quelle fiscalité pour les bénéficiaires ?

SommeCotisations socialesImpôt sur le revenu
Intéressement, participation placés sur un plan dans les 15 joursExonérés, sauf CSG et CRDSExonérés, dans la limite de 36 045 € en 2026
Intéressement, participation perçus immédiatementExonérés, sauf CSG et CRDSImposables
AbondementExonéré, sauf CSG et CRDSExonéré
Versements volontaires sur le PEEFaits avec de l’argent déjà imposé ; non déductibles
Versements volontaires sur le PER collectifDéductibles du revenu imposable dans le plafond épargne retraite, et alors imposés à la sortie

À la sortie

Les sommes retirées d’un PEE, à l’échéance ou par anticipation, sont exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les gains réalisés dans le plan (revenus des fonds, plus-values) supportent les prélèvements sociaux, calculés et retenus par le teneur de compte. Le même principe vaut pour la sortie en capital d’un PER collectif : la part issue de l’intéressement, de la participation et de l’abondement sort sans impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux ; les gains sont imposés selon les règles exposées sur notre page PER. Une sortie en rente est imposée comme une rente viagère à titre onéreux, sur une fraction qui dépend de l’âge au premier versement (70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % après 69 ans).

18,6 % ou 17,2 % ?

Le taux de la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement est passé à 10,6 % pour les revenus de 2026 (article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, version en vigueur depuis le 27 juin 2026). Le paragraphe IV du même article maintient l’ancien taux de 9,2 % pour une liste limitative de produits, dont l’assurance vie et l’épargne logement. Les gains de la participation, du PEE et du PER, visés aux 6°, 7° et 7° bis du II de l’article L. 136-7, ne figurent pas dans cette liste : ils relèvent du taux général. Les prélèvements sociaux sur les gains de l’épargne salariale sont donc de 18,6 % en 2026 (10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS, 7,5 % de prélèvement de solidarité), et non de 17,2 %. Pour les gains acquis avant le 1er janvier 2018, les taux en vigueur lors de leur constitution (« taux historiques ») continuent de s’appliquer.

Percevoir ou placer ?

Un salarié qui n’a pas besoin de son intéressement a presque toujours intérêt à le placer : perçu, il s’ajoute au revenu imposable de l’année ; placé, il échappe à l’impôt sur le revenu et peut déclencher un abondement. Pour le percevoir immédiatement, le salarié dispose de 15 jours après l’information sur le montant.

Peut-on transférer son épargne salariale vers un PER ?

Oui, dans des conditions qui dépendent du plan d’origine et de la situation du salarié.

  • Du PEE vers le PER collectif de l’entreprise : l’article L. 3335-2 du code du travail permet au salarié, à sa demande, de transférer ses avoirs d’un PEE vers le plan d’épargne pour la retraite collectif, avec ou sans rupture du contrat de travail. Les sommes changent alors d’horizon : elles deviennent bloquées jusqu’à la retraite. En contrepartie, ce transfert peut recevoir l’abondement du PER collectif, ce qui n’est pas le cas de la plupart des transferts entre plans. Les sommes transférées ne comptent pas dans la limite de 25 % de la rémunération.
  • Du PER collectif vers un autre PER : à tout moment après le départ de l’entreprise ; pendant le contrat, une fois tous les trois ans. Le transfert est réalisé dans un délai de trois mois, gratuit après cinq ans de détention, sinon avec des frais limités à 1 % de l’encours. Chaque compartiment garde sa fiscalité : la part issue de l’épargne salariale reste exonérée d’impôt sur le revenu à la sortie en capital.
  • Au départ de l’entreprise : l’ancien salarié peut conserver son PEE, qui continue d’être investi. Il ne peut plus y verser, sauf l’intéressement ou la participation de sa dernière période de travail. Les sommes peuvent aussi rejoindre le plan du nouvel employeur, le temps de blocage déjà écoulé étant décompté.

Transférer vers un PER individuel n’est pas toujours la meilleure option : tant que le salarié est dans l’entreprise, les frais de gestion du PER collectif sont pris en charge par l’employeur. Après le départ, regrouper ses PER chez un seul gestionnaire simplifie le suivi et ouvre souvent un choix de supports plus large : c’est l’objet d’une étude, frais et garanties à l’appui.

Le dirigeant de TPE ou de PME : ce qu’il peut mettre en place

Dans les entreprises dont l’effectif habituel est compris entre un et 249 salariés, les chefs d’entreprise, présidents, directeurs généraux, gérants et membres du directoire, ainsi que leur conjoint ou partenaire de PACS ayant le statut de conjoint collaborateur ou associé, bénéficient de l’intéressement, de la participation volontaire, de l’abondement et des plans, dans les mêmes conditions et limites que les salariés. Condition : au moins un salarié en plus du dirigeant. Une société dont le seul salarié est le dirigeant ne peut pas conclure d’accord d’intéressement.

Les trois briques, de la plus simple à la plus complète

  1. Un PEE avec abondement : un règlement, un teneur de compte, une règle d’abondement. Le dirigeant verse son épargne, l’entreprise abonde jusqu’à 3 844,80 € en 2026.
  2. Un PER collectif à côté : un second règlement, un second plafond d’abondement de 7 689,60 €, des fonds orientés vers la retraite.
  3. Un accord d’intéressement : la prime, plafonnée à 36 045 € par bénéficiaire, alimente les plans et déclenche l’abondement. Forfait social nul sous 250 salariés.
Ce qu’il faut mettre en balance

Pour une petite société, l’épargne salariale se compare chaque année aux autres modes de rémunération du dirigeant : salaire, dividendes, versements sur un PER individuel. L’abondement reçu sur un PER d’entreprise réduit d’ailleurs le plafond de déduction épargne retraite du dirigeant. Et l’entreprise s’engage pour tous les salariés. Les arbitrages entre rémunération, dividendes et trésorerie sont détaillés sur notre page chefs d’entreprise ; pour les excédents que l’entreprise garde, voir placer la trésorerie d’entreprise.

Deux exemples chiffrés : une salariée, un dirigeant

Deux situations types, calculées avec les plafonds de 2026. Les règles d’abondement retenues sont des hypothèses : chaque règlement de plan fixe la sienne.

Exemple 1 : une salariée qui place son intéressement

Julie reçoit 1 500 € d’intéressement. Le règlement du PEE de son entreprise prévoit un abondement de 200 % des versements. Elle place son intéressement et ajoute 500 € d’épargne personnelle : 2 000 € de versements.

  • Abondement théorique : 200 % de 2 000 €, soit 4 000 € ; il est ramené au plafond de 3 844,80 €.
  • Montant placé sur le PEE : 2 000 € + 3 844,80 € = 5 844,80 €, avant la CSG et la CRDS prélevées sur l’intéressement et l’abondement. Aucun impôt sur le revenu.
  • Si elle avait perçu son intéressement, les 1 500 € se seraient ajoutés à son revenu imposable, et il n’y aurait eu aucun abondement.
  • Cinq ans plus tard, supposons un gain de 800 € dans le plan (hypothèse : les FCPE peuvent aussi perdre). À la sortie, seuls ces 800 € supportent les prélèvements sociaux à 18,6 %, soit 148,80 €.

Pour atteindre exactement le plafond avec un abondement de 200 %, il lui aurait suffi de verser 1 922,40 €. Le versement « juste nécessaire » se calcule chaque année : plafond divisé par le taux d’abondement.

Exemple 2 : le président d’une SAS de huit salariés

Marc préside une société de huit salariés. Il met en place un PEE et un PER collectif, tous deux avec un abondement de 300 %.

  • Il verse 1 281,60 € sur le PEE : abondement de 3 844,80 €, le maximum.
  • Il verse 2 563,20 € sur le PER collectif : abondement de 7 689,60 €, le maximum.
  • Pour 3 844,80 € d’épargne personnelle, il reçoit 11 534,40 € d’abondement, sans cotisations sociales (hors CSG et CRDS), sans impôt sur le revenu et, sous 50 salariés, sans forfait social. Pour la société, cet abondement est déductible de son bénéfice imposable.
  • L’abondement du PER collectif vient réduire son plafond de déduction épargne retraite.

Le coût à prévoir est celui de tous les adhérents : si ses huit salariés versent autant que lui, l’abondement total atteint 9 × 11 534,40 €, soit 103 809,60 €. En pratique, peu de salariés versent le maximum ; mais l’entreprise doit pouvoir assumer la règle qu’elle choisit. Un taux d’abondement plus bas, ou dégressif par tranche de versement, permet de calibrer ce coût.

Comment mettre en place l’épargne salariale dans une petite entreprise ?

  1. Choisir les dispositifs : intéressement (accord ou décision unilatérale), participation volontaire (accord), PEE et PER collectif (règlements), abondement (règlement du plan), prime de partage de la valeur (décision ou accord).
  2. Rédiger et conclure : accord collectif, accord avec le comité social et économique, ratification par les salariés, ou décision unilatérale de l’employeur dans les cas prévus ; des accords-types de branche existent.
  3. Déposer les accords et règlements auprès de l’administration du travail : c’est une condition des exonérations.
  4. Choisir le teneur de compte et les FCPE proposés, en comparant les frais de tenue de compte (à la charge de l’entreprise) et les frais des fonds, la gamme de fonds et la qualité de l’espace en ligne.
  5. Informer les salariés et suivre chaque année les plafonds, les versements et les déblocages.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Mettre en place un dispositif sans comparer son coût avec une prime ou un dividende, effectif par effectif.
  • Choisir un taux d’abondement sans chiffrer le coût si tous les salariés versent le maximum.
  • Ne pas déposer l’accord ou le règlement : les exonérations sont perdues.
  • Oublier le dirigeant, ou l’inclure sans salarié distinct.
  • Verser plus que nécessaire pour atteindre le plafond d’abondement, ou moins : le versement optimal se calcule.
  • Laisser les fonds par défaut sans regarder leurs frais ni leur allocation, ou concentrer son épargne sur les actions de son employeur.
  • Percevoir l’intéressement immédiatement quand on n’a pas besoin des sommes : il devient imposable.
  • Laisser passer le délai de six mois après un mariage, une naissance ou un achat de résidence principale.
  • Croire que les gains sont taxés à 17,2 % : en 2026, c’est 18,6 %.

Sources et textes de référence

Règles lues le 24 octobre 2026 : sur service-public.gouv.fr, Plan d’épargne entreprise (PEE) (vérifié le 1er janvier 2026), Intéressement (vérifié le 1er janvier 2026), Participation (vérifié le 21 juillet 2026), Plan d’épargne retraite (vérifié le 12 octobre 2026), Prime de partage de la valeur (vérifié le 23 avril 2025), plafond de la Sécurité sociale (19 octobre 2026 : 48 060 € en 2026) ; sur legifrance.gouv.fr, versions en vigueur au 24 octobre 2026 : code du travail, articles L. 3332-11 (abondement), L. 3332-27 (régime social et fiscal), R. 3332-8 (8 % du PASS), R. 3334-2 (16 % du PASS), L. 3334-10, L. 3335-2 (transferts), R. 3324-22 (cas de déblocage anticipé, version du 7 juillet 2024) ; code monétaire et financier, article L. 224-4 (déblocage anticipé du PER, version du 14 juin 2026) ; code de commerce, articles L. 23-11-1 à L. 23-11-4 (partage des plus-values de cession de titres) ; code de la sécurité sociale, articles L. 136-7 et L. 136-8 (CSG, version du 27 juin 2026). Les exemples sont nos calculs ; les gains supposés ne sont pas une prévision. Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avec votre expert-comptable avant chaque mise en place.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 24 octobre 2026
Comment fonctionne l’épargne salariale ?

L’entreprise verse à ses salariés (et à son dirigeant sous 250 salariés) de l’intéressement, de la participation, un abondement ou une prime de partage de la valeur ; placées sur un PEE ou un PER collectif, ces sommes sont exonérées de cotisations (hors CSG et CRDS) et d’impôt sur le revenu, et bloquées cinq ans ou jusqu’à la retraite.

Quel est le plafond de l’abondement en 2026 ?

Sur un PEE : trois fois le versement du bénéficiaire, dans la limite de 3 844,80 € (8 % du plafond de la Sécurité sociale), 6 920,64 € pour des actions de l’entreprise. Sur un PER collectif : trois fois le versement, dans la limite de 7 689,60 € (16 % du plafond). Les deux plafonds se cumulent.

Quels sont les cas de déblocage anticipé du PEE ?

Quatorze situations : mariage ou PACS, naissance ou adoption d’un troisième enfant, divorce avec enfant à charge, violences conjugales, invalidité, décès, rupture du contrat de travail, création d’entreprise, achat ou agrandissement de la résidence principale, catastrophe naturelle, rénovation énergétique, surendettement, proche aidant, achat d’un véhicule électrique ou d’un vélo à assistance électrique neuf.

Dans quel délai demander le déblocage ?

Dans les six mois qui suivent l’événement. Sans limite de délai pour la rupture du contrat de travail, le décès, l’invalidité, les violences conjugales, le surendettement et l’activité de proche aidant.

L’épargne salariale est-elle imposable ?

Les sommes placées (intéressement, participation, abondement) sont exonérées d’impôt sur le revenu, à l’entrée comme à la sortie. Seuls les gains réalisés dans le plan supportent les prélèvements sociaux, à 18,6 % en 2026. L’intéressement perçu immédiatement est imposable.

Les gains de l’épargne salariale sont-ils taxés à 17,2 % ou à 18,6 % ?

À 18,6 % en 2026. Le maintien de la CSG à 9,2 % (soit 17,2 % de prélèvements sociaux) prévu au IV de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale vise une liste limitative de produits, dont l’assurance vie ; la participation, le PEE et le PER n’y figurent pas. Les gains acquis avant 2018 gardent leurs taux historiques.

Peut-on transférer son PEE vers un PER ?

Oui, vers le PER collectif de l’entreprise, à la demande du salarié, avec ou sans départ de l’entreprise ; les sommes deviennent alors bloquées jusqu’à la retraite et peuvent recevoir l’abondement du PER collectif. Le PER collectif se transfère ensuite vers un autre PER, à tout moment après le départ de l’entreprise.

Le dirigeant d’une TPE peut-il bénéficier de l’épargne salariale ?

Oui, dans les entreprises de 1 à 249 salariés, pour l’intéressement, la participation volontaire, l’abondement, le PEE et le PER collectif, dans les mêmes conditions que les salariés, à condition d’avoir au moins un salarié en plus de lui. Il peut recevoir jusqu’à 11 534,40 € d’abondement en 2026 sur les deux plans.

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