Placements financiers·Private equity

Private equity : investir dans les entreprises non cotées

Financer des entreprises non cotées sur huit à dix ans, via des fonds (FCPR, FPCI, ELTIF) ou une assurance vie, avec un potentiel de rendement supérieur et un risque de perte en capital en proportion.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 24 octobre 2026 · Sources officielles citées
⏱ L’essentiel en 30 secondes

Le private equity est-il fait pour vous ?

🎯

Pour qui

  • Votre épargne de précaution est déjà constituée
  • Vous pouvez immobiliser une somme huit à dix ans
  • Vous cherchez à diversifier hors de la Bourse
✅

Ce que ça vous apporte

  • Financer des entreprises non cotées, au plus près de l’économie réelle
  • Un potentiel de rendement supérieur aux actifs cotés sur la durée
  • Une exonération d’impôt sur le revenu sur les gains de certains fonds après cinq ans (prélèvements sociaux dus)
⚠️

À savoir avant

  • Aucune liquidité en cours de route
  • Un risque de perte en capital réel
  • Une forte dispersion des résultats entre les fonds
💬

Notre avis

Une poche de diversification, jamais le cœur du patrimoine : le bon montant est celui que vous pouvez oublier dix ans. Nous sélectionnons les fonds avec vous.

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Dix ans, en trois temps

Un fonds de private equity appelle votre capital progressivement, l’investit dans des entreprises non cotées, puis vous le rend au fil des cessions. Rien n’est liquide entre les deux.

Le non coté

Des entreprises qui ne sont pas en Bourse : capital-risque, développement, transmission (LBO), dette privée. On y accède par des fonds gérés par des sociétés de gestion agréées.

Aucune liquidité

Huit à dix ans, parfois plus, sans possibilité de sortie. La valeur est estimée chaque trimestre ; les premières années affichent souvent une baisse comptable (la courbe en J).

SouscriptionengagementInvestissementappels de capitauxDistributionscessions, liquidation

Les appels de capitaux

Vous vous engagez sur un montant ; le fonds l’appelle par fractions pendant les premières années, à mesure qu’il investit. Le capital doit rester disponible.

La fiscalité

Un FCPR fiscal conservé cinq ans exonère les plus-values d’impôt sur le revenu (prélèvements sociaux dus). Logé dans une assurance vie ou un PER, le fonds suit la fiscalité de l’enveloppe.

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Quatre stratégies sous un même nom

Le risque, la durée et le rendement attendu ne sont pas les mêmes.

Capital-risque

Jeunes entreprises innovantes : le plus risqué, le plus long, quelques réussites financent les échecs.

Capital-développement

Entreprises rentables qui accélèrent : croissance financée par fonds propres, risque intermédiaire.

Transmission (LBO)

Rachat d’entreprises établies avec effet de levier : la stratégie la plus répandue pour les particuliers.

Dette privée

Prêts aux entreprises hors banques : revenu régulier, durée plus courte, risque de crédit.

Private equity ou actions cotées ?

CritèrePrivate equityActions cotées (PEA, compte-titres)
LiquiditéAucune avant 8 à 10 ansQuotidienne
ValorisationTrimestrielle, estiméeEn continu, par le marché
FraisPlusieurs couches, élevésFaibles avec des ETF
AccèsFonds, minimums, conditionsLibre
FiscalitéFCPR fiscal : exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux dusPEA après 5 ans, ou flat tax 31,4 %
Place dans le patrimoineUne fraction limitée, pour la diversificationLe cœur du portefeuille actions

AMF (FCPR, FPCI, ELTIF), Code général des impôts (article 163 quinquies B), service-public.gouv.fr. Aucun rendement : il dépend de chaque fonds et de chaque millésime.

Le private equity avec OP-Invests

Le non coté n’est ni un produit miracle ni une mode : c’est une classe d’actifs exigeante, illiquide, qui rémunère la patience. Elle a sa place dans un patrimoine déjà constitué, en proportion mesurée.

La bonne proportion

Le private equity immobilise l’argent pendant huit à dix ans et peut perdre une partie du capital. Nous fixons d’abord la part du patrimoine financier qui peut s’en passer sans gêne, souvent une fraction modeste, puis nous la répartissons sur plusieurs millésimes pour lisser les points d’entrée.

La société de gestion avant le fonds

Un fonds de private equity vaut ce que vaut son équipe : stratégie (capital-développement, transmission, dette privée, secondaire), historique des fonds précédents, alignement des intérêts, frais. Nous analysons la documentation réglementaire et nous vous expliquons ce que nous en retenons.

L’enveloppe qui convient

Le même fonds peut se loger dans un compte-titres, une assurance vie, un PER ou un contrat de capitalisation, avec une fiscalité et une liquidité différentes. Les FCPR dits fiscaux offrent une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans (prélèvements sociaux dus) ; l’assurance vie apporte la sienne. Nous choisissons l’enveloppe selon votre situation.

Un suivi pendant toute la durée

Appels de fonds, rapports de gestion, distributions, valeur liquidative : nous suivons vos engagements dans le temps et nous vous tenons informé de la vie du fonds, jusqu’à la liquidation.

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Le private equity pour quel projet ?

Une classe d’actifs de diversification, pour un patrimoine qui a déjà son socle.

Le private equity, en bref

En bref
  • Le private equity, ou capital-investissement, consiste à financer des entreprises non cotées en Bourse, en fonds propres ou en dette, pour accompagner leur création, leur croissance ou leur transmission.
  • Le particulier y accède par des fonds : FCPR (au moins 50 % de l’actif en sociétés non cotées), FCPI et FIP, FPCI réservés aux investisseurs professionnels et avertis, fonds labellisés ELTIF, ou unités de compte d’une assurance vie, d’un contrat de capitalisation ou d’un PER.
  • L’argent est immobilisé huit à dix ans en général ; la loi permet à un FCPR de bloquer les rachats jusqu’à quinze ans.
  • Les premières années, la valeur baisse souvent (la courbe en J) ; les gains, s’il y en a, arrivent avec les cessions.
  • Un FCPR « fiscal » conservé cinq ans exonère les gains d’impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux restent dus, à 18,6 % en 2026.
  • La perte en capital, partielle ou totale, est possible ; l’écart entre les fonds est bien plus large que sur les marchés cotés.

Longtemps réservé aux institutionnels et aux grandes fortunes, le non coté s’est ouvert aux particuliers par des fonds accessibles à partir de quelques milliers d’euros et, depuis la loi Industrie verte de 2023, plus largement par les contrats d’assurance vie et les PER. Ce guide explique ce qu’on achète vraiment, par quel véhicule, avec quelle fiscalité, à quel prix, et pour qui cela a du sens. Il ne cite ni rendement de marché ni société de gestion : ces éléments se regardent fonds par fonds, documentation en main.

Qu’est-ce que le private equity ?

Le private equity désigne l’investissement dans des sociétés qui ne sont pas cotées en Bourse. Un fonds collecte l’épargne de ses souscripteurs, prend des participations dans une dizaine à plusieurs dizaines d’entreprises, les accompagne pendant plusieurs années (stratégie, recrutements, acquisitions, gouvernance), puis les revend : à un industriel, à un autre fonds, à l’équipe dirigeante, parfois en Bourse. La plus-value de revente, et parfois des intérêts ou des dividendes, constituent le rendement.

Ce qui distingue le non coté du coté, ce n’est pas la nature des entreprises, c’est la façon d’en être actionnaire : pas de cours quotidien, pas de revente libre, une valeur estimée par la société de gestion à intervalles réguliers, et un actionnaire, le fonds, qui pèse sur les décisions de l’entreprise au lieu de les subir.

Les grandes stratégies

StratégieCe que fait le fondsProfil
Capital-risque (venture capital)Finance de jeunes entreprises, souvent technologiques, avant qu’elles soient rentables.Le plus risqué : beaucoup d’entreprises échouent, quelques réussites doivent compenser. Horizon long.
Capital-développement (growth)Entre au capital, souvent en minoritaire, d’entreprises déjà rentables qui financent leur croissance : nouvelle usine, international, acquisitions.Risque intermédiaire, peu ou pas de dette.
Capital-transmission (LBO)Rachète, souvent en majoritaire, des entreprises matures, en finançant une partie du prix par de la dette remboursée par les bénéfices de l’entreprise.Le levier amplifie les gains comme les pertes ; sensible au niveau des taux d’intérêt.
SecondaireRachète à d’autres investisseurs des parts de fonds existants, ou des portefeuilles de participations déjà constitués.Portefeuille visible dès l’achat, durée plus courte, courbe en J atténuée.
Dette privéePrête directement aux entreprises non cotées, à la place ou à côté des banques.Rémunération par des intérêts, risque de crédit (défaut de l’emprunteur), durée souvent plus courte.

S’y ajoutent les fonds d’infrastructures (énergie, transports, réseaux) et les fonds de fonds, qui répartissent leur capital entre plusieurs fonds et plusieurs stratégies. Un même mot recouvre donc des risques très différents : on ne compare pas un fonds de capital-risque et un fonds de dette privée.

Pourquoi investir dans le non coté ?

  • Une source de performance différente : la valeur se crée par la transformation des entreprises sur plusieurs années, pas par les mouvements quotidiens des marchés.
  • Un champ plus large : la plupart des entreprises ne sont pas cotées ; s’y exposer élargit l’univers d’investissement au-delà de la Bourse.
  • Une discipline de long terme : l’illiquidité, souvent perçue comme un défaut, protège aussi l’épargnant de ses propres réactions dans les baisses.
  • Des enveloppes fiscales adaptées : FCPR fiscal, assurance vie, contrat de capitalisation, PER.
  • L’économie réelle : l’argent finance des entreprises identifiées, présentées dans les rapports du fonds.
  • Le capital est bloqué pendant toute la vie du fonds ; les rachats anticipés sont impossibles ou pénalisés.
  • La perte en capital est possible, et la dispersion des résultats entre fonds est bien plus large que sur les fonds cotés.
  • Les frais sont élevés (gestion, constitution, intéressement de l’équipe à la performance) et pèsent sur le rendement net.
  • Les valorisations intermédiaires sont estimées, pas cotées : la valeur réelle n’est connue qu’à la revente.
Votre situation mérite une réponse précise

Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

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FCPR, FPCI, ELTIF : par quels véhicules investir ?

Un particulier n’achète presque jamais directement des actions d’entreprises non cotées : il passe par un fonds, géré par une société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers. Le Code monétaire et financier en définit plusieurs familles.

VéhiculeCe que dit la loiPour qui
FCPR (fonds commun de placement à risques)Actif constitué pour 50 % au moins de titres de sociétés non cotées, dont peuvent faire partie, dans la limite de 20 % de l’actif, des actions cotées de sociétés de moins de 500 millions d’euros de capitalisation (article L. 214-28, III, 1°) ; rachats bloqués pendant une période qui ne peut excéder quinze ans (article L. 214-28).Grand public, par un conseiller, une banque, ou en unité de compte.
FCPI et FIPFCPR spécialisés (innovation pour le FCPI, PME d’une zone géographique pour le FIP, avec un quota de 70 %), dont certains ouvrent une réduction d’impôt à l’entrée, très restreinte depuis la loi de finances pour 2026.Grand public ; voir notre page FIP et FCPI.
FPCI (fonds professionnel de capital investissement)Régime plus souple (rachats pouvant être bloqués au-delà de quinze ans, prêts aux entreprises) ; souscription réservée aux clients professionnels et aux investisseurs que le règlement général de l’AMF y autorise, après vérification de leur statut (articles L. 214-144, L. 214-159 et L. 214-160).Investisseurs professionnels et avertis, avec un ticket d’entrée élevé.
Fonds labellisés ELTIFLabel européen des fonds d’investissement de long terme (règlement (UE) 2015/760) ; un FCPR ou un FPCI peut le porter ; certains sont commercialisables auprès des particuliers.Particuliers et professionnels, selon le fonds.
Unités de compteLe fonds est logé dans une assurance vie, un contrat de capitalisation ou un PER, et suit la fiscalité de l’enveloppe.Tout souscripteur d’un contrat qui les référence.
Investissement direct, club dealSouscription au capital d’une seule société, seul ou à plusieurs.Investisseurs expérimentés : risque concentré, pas de gestion déléguée.

Fonds fermés et fonds evergreen

La plupart des fonds sont fermés : une période de souscription, puis plus d’entrée ni de sortie jusqu’à la liquidation. Certains fonds dits evergreen (semi-ouverts) acceptent des souscriptions en continu et organisent des rachats périodiques, plafonnés et pouvant être suspendus : la liquidité y est meilleure qu’en fonds fermé, mais elle n’est jamais garantie. On en trouve en unités de compte.

Appels de fonds ou versement en une fois

Dans un fonds professionnel, on s’engage sur un montant que la société de gestion appelle par fractions, au fil des investissements, pendant les premières années : il faut garder la somme disponible. La plupart des fonds grand public et des unités de compte demandent au contraire le versement en une fois.

Pour un particulier, le bon point d’entrée est presque toujours un fonds diversifié, logé dans l’enveloppe qui correspond à sa fiscalité, sur plusieurs millésimes successifs plutôt qu’en une fois.

Le private equity dans une assurance vie ou un PER

La loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte a ouvert plus largement le non coté à l’épargne des particuliers. Deux règles en découlent, en vigueur depuis le 24 octobre 2024 :

  • Assurance vie et capitalisation : les contrats en unités de compte prévoient la possibilité de choisir une stratégie d’investissement selon des profils d’allocation, exécutée par un mandat d’arbitrage ; l’épargnant peut changer de profil sans frais. Ces profils peuvent comporter une part minimale, fixée par arrêté, de fonds principalement investis en actifs non cotés (Code des assurances, article L. 132-5-4).
  • PER : un plan peut accueillir des parts de fonds d’investissement alternatifs normalement réservés aux investisseurs professionnels, sous des conditions de situation financière, de connaissance ou d’expérience fixées par décret ; ces conditions ne s’appliquent pas aux fonds labellisés ELTIF commercialisables auprès des particuliers, ni aux versements en gestion par allocation (Code monétaire et financier, article L. 224-3-1).

Concrètement, l’assurance vie est devenue la porte d’entrée la plus simple : ticket réduit, gestion administrative assurée par l’assureur, fiscalité de l’enveloppe après huit ans, transmission par la clause bénéficiaire. Le contrat de capitalisation offre la même chose à une société ou à un épargnant qui veut donner le contrat de son vivant ; le PER ajoute la déduction des versements.

Trois limites à connaître : l’offre dépend du contrat (tous ne référencent pas de non coté) ; l’assureur peut encadrer la part investie et la liquidité de ces supports ; et les frais du fonds s’ajoutent à ceux du contrat. Une unité de compte de private equity reste un placement à risque de perte en capital : l’assureur s’engage sur le nombre de parts, pas sur leur valeur.

Combien de temps l’argent est-il bloqué ? La courbe en J

Un fonds fermé vit en trois temps : une période d’investissement de quelques années pendant laquelle l’équipe déploie le capital, une période de gestion où elle accompagne les entreprises, puis une période de cession où les participations sont vendues et le produit distribué. La durée totale est le plus souvent de huit à dix ans, parfois prolongeable. La loi fixe la limite : un FCPR peut interdire les rachats pendant au plus quinze ans, un FPCI au-delà (articles L. 214-28 et L. 214-160 du Code monétaire et financier).

Pendant cette période, il n’existe pas de marché organisé pour revendre ses parts. On peut parfois trouver un acheteur sur le marché secondaire, le plus souvent avec une décote. Les fonds evergreen et certaines unités de compte organisent une liquidité partielle, avec des délais et des plafonds. L’investisseur doit considérer la somme comme indisponible jusqu’au terme.

La courbe en J

Les premières années, le fonds prélève ses frais alors que ses participations, achetées récemment, sont valorisées à leur prix d’achat ou moins : la valeur des parts baisse. Puis les entreprises se transforment, les premières cessions ont lieu, et la valeur remonte, au-dessus du capital investi si le fonds réussit. Tracée dans le temps, la courbe dessine un J. Conséquence pratique : juger un fonds à trois ans n’a pas de sens, et revendre pendant le creux du J revient à cristalliser une perte.

Les fonds secondaires, qui achètent des participations déjà mûres, et les fonds de dette privée, qui perçoivent des intérêts dès le départ, atténuent ce creux. C’est l’une des raisons de mélanger les stratégies et les millésimes.

Combien rapporte le private equity, et quels sont les risques ?

Nous ne publions pas de chiffre de rendement sur cette page. Les statistiques de la profession et les études de l’Autorité des marchés financiers sur les fonds de non coté accessibles aux particuliers sont les références à consulter ; nous les commentons en rendez-vous, fonds par fonds, avec l’historique réel des sociétés de gestion.

Deux constats valent pour toute la classe d’actifs. D’abord, le rendement dépend bien plus du choix du fonds que de la classe d’actifs : l’écart entre les meilleurs fonds et les moins bons est considérable. Ensuite, les fonds accessibles aux particuliers supportent plusieurs couches de frais, qui réduisent l’avantage espéré sur les marchés cotés. Un rendement « cible » affiché par une plaquette n’est ni une moyenne ni une promesse.

Les risques

  • Perte en capital, partielle ou totale : une entreprise non cotée peut faire faillite, et un fonds concentré peut perdre l’essentiel de sa mise, notamment en capital-risque.
  • Illiquidité pendant toute la durée du fonds, prolongations comprises.
  • Risque de valorisation : les valeurs intermédiaires sont des estimations de la société de gestion, pas des prix de marché.
  • Risque lié à la société de gestion : départ de l’équipe, gouvernance, conflits d’intérêts entre fonds d’une même maison.
  • Effet de levier dans les opérations de transmission, sensible à la hausse des taux et au ralentissement de l’économie.
  • Risque de change pour les fonds investis hors zone euro.

Quels sont les frais d’un fonds de private equity ?

FraisCe que c’est
Frais de souscription (droits d’entrée)Prélevés à l’entrée, souvent négociables.
Frais de gestion annuelsRémunèrent la société de gestion, calculés sur l’engagement ou sur l’actif ; ils s’ajoutent aux frais de l’enveloppe (assurance vie, PER) le cas échéant.
Frais de constitution et de fonctionnementDépositaire, commissaire aux comptes, valorisation, frais juridiques des opérations.
Commission de surperformance (carried interest)Part des gains, au-delà d’un rendement minimum, attribuée à l’équipe de gestion : c’est l’alignement des intérêts, à condition que le seuil soit exigeant.
Rémunération du distributeurUne partie des frais peut rémunérer le distributeur ; le document d’information l’indique.

Le document d’informations clés et le règlement du fonds détaillent tous ces frais. C’est leur total sur la durée de vie du fonds qu’il faut comparer, pas les frais de gestion seuls, et toujours en ajoutant ceux de l’enveloppe qui accueille le fonds.

Quelle est la fiscalité du private equity ?

Elle dépend de l’enveloppe et du fonds.

Le FCPR fiscal détenu en direct

Les sommes ou valeurs auxquelles donnent droit les parts d’un FCPR sont exonérées d’impôt sur le revenu (article 163 quinquies B du Code général des impôts), et la plus-value de cession ou de rachat des parts l’est aussi, une fois les cinq ans écoulés (article 150-0 A, III), à quatre conditions :

  1. s’engager à conserver les parts cinq ans au moins à compter de la souscription ;
  2. réinvestir immédiatement dans le fonds les sommes distribuées pendant ces cinq ans, qui restent indisponibles ;
  3. ne pas détenir, avec son conjoint, ses ascendants et descendants, plus de 25 % des droits dans les bénéfices des sociétés du fonds, ni l’avoir fait dans les cinq ans précédant la souscription ;
  4. que le fonds respecte son quota de 50 %, avec des sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen.

Le même article 163 quinquies B (I) ouvre cette exonération d’impôt sur le revenu, sous le même engagement de conservation de cinq ans, aux parts de fonds professionnels de capital investissement (FPCI), réservés aux investisseurs professionnels et avertis.

Les prélèvements sociaux restent dus : les répartitions des FCPR et ces plus-values relèvent de la contribution sur les produits de placement (Code de la sécurité sociale, article L. 136-7, II, 8°), au taux de droit commun, soit 18,6 % pour les revenus de 2026 (CSG de 10,6 %, article L. 136-8). Le régime ne s’applique pas aux parts qui donnent des droits différents selon la qualité du porteur.

Les autres enveloppes

  • Fonds non fiscal en compte-titres : plus-values et distributions imposées au prélèvement forfaitaire unique, 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option.
  • Assurance vie ou contrat de capitalisation : imposition des seuls gains, au rachat ; après huit ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et taux de 7,5 % dans la limite de 150 000 € de primes ; prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % pour ces contrats.
  • PER : déduction des versements à l’entrée, imposition à la sortie selon les règles du plan.
  • Holding à l’impôt sur les sociétés : le fonds suit la fiscalité de la société. Après un apport-cession, les parts de FCPR et de FPCI font partie des réinvestissements admis pour maintenir le report d’imposition (au moins 70 % du prix dans les trois ans, article 150-0 B ter) : voir notre page holding patrimoniale.

La réduction d’impôt à l’entrée des FCPI et FIP est un sujet distinct, profondément modifié en 2026 ; elle est traitée sur notre page FIP et FCPI.

Deux exemples chiffrés

Deux situations construites pour illustrer la mécanique fiscale. Les valeurs finales sont des hypothèses, pas des prévisions : un fonds de private equity peut aussi rendre moins que la somme investie.

1. Un FCPR fiscal en direct, conservé huit ans

Claire souscrit 20 000 € de parts d’un FCPR fiscal et prend l’engagement de conservation de cinq ans. Huit ans plus tard, le fonds est liquidé.

HypothèseFCPR fiscalMême gain en compte-titres, fonds non fiscal
Sommes récupérées30 000 €30 000 €
Gain10 000 €10 000 €
Impôt sur le revenu0 €1 280 € (12,8 %)
Prélèvements sociaux à 18,6 %1 860 €1 860 €
Gain net8 140 €6 860 €

L’exonération vaut 1 280 € sur ce gain. Si le fonds ne rend que 14 000 €, Claire perd 6 000 € et aucune fiscalité ne compense cette perte : l’avantage fiscal ne joue que sur un gain.

2. Une unité de compte de private equity dans une assurance vie de plus de huit ans

Marc, célibataire, a placé 40 000 € sur une unité de compte de non coté dans son assurance vie, ouverte depuis plus de huit ans, avec moins de 150 000 € de primes au total. Il rachète la totalité de ce support pour 52 000 €, sans autre rachat dans l’année.

ÉtapeMontant
Gain12 000 €
Abattement annuel (célibataire)− 4 600 €
Gain imposable à 7,5 %7 400 €, soit 555 € d’impôt
Prélèvements sociaux à 17,2 % sur 12 000 €2 064 €
Gain net9 381 €

À titre de comparaison, le même gain de 12 000 € coûterait 3 768 € au prélèvement forfaitaire unique en compte-titres (31,4 %), et 2 232 € de seuls prélèvements sociaux dans un FCPR fiscal détenu en direct. L’assurance vie apporte en plus la transmission par la clause bénéficiaire. Calculs d’OP-Invests, faits sur les taux de 2026 ; ils supposent que les conditions de chaque régime sont remplies.

Le private equity est-il fait pour vous ?

Le private equity n’est pas réservé aux très grandes fortunes, mais il ne convient pas à tout le monde. Le profil type :

  • une épargne de précaution déjà constituée, et des projets à moins de dix ans financés par ailleurs ;
  • un patrimoine financier suffisant pour que la poche de non coté reste une fraction de l’ensemble, répartie entre plusieurs fonds ;
  • la capacité d’accepter une perte sur cette poche sans que le reste du patrimoine en souffre ;
  • une connaissance du fonctionnement des fonds fermés, que le conseiller vérifie avant toute souscription ;
  • pour les FPCI, le statut d’investisseur professionnel ou averti exigé par la loi, avec un ticket d’entrée élevé.

Les montants d’entrée varient de quelques milliers d’euros pour un FCPR grand public ou une unité de compte à des montants bien plus élevés pour les fonds professionnels. Le bon montant n’est pas le minimum du fonds : c’est la somme que vous pouvez oublier dix ans. Les dirigeants qui ont cédé leur entreprise, souvent familiers du non coté, l’envisagent dans une holding patrimoniale ou un contrat de capitalisation ; les contribuables qui cherchent d’abord une réduction d’impôt regardent les FIP et FCPI, en gardant en tête qu’un avantage fiscal ne rattrape pas un mauvais fonds.

Comment choisir un fonds de private equity ?

  1. La société de gestion : ancienneté, taille et stabilité des équipes, historique de tous les fonds précédents (et pas seulement du meilleur).
  2. La stratégie : segment (transmission, croissance, dette, secondaire), zone géographique, taille des entreprises visées, nombre de lignes.
  3. Les frais totaux et le seuil de déclenchement de la commission de surperformance.
  4. La structure : fonds fermé à appels de fonds, fonds grand public investi en une fois, fonds evergreen, unité de compte avec liquidité organisée.
  5. L’enveloppe et sa fiscalité pour votre situation.
  6. Le calendrier : investir sur plusieurs millésimes plutôt que tout sur un seul.
  7. La documentation : document d’informations clés, règlement, dernier rapport annuel ; ce qui n’y figure pas n’engage pas le fonds.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Investir une somme dont on pourrait avoir besoin avant dix ans.
  • Choisir un fonds sur un rendement cible affiché, sans regarder l’historique réel et les frais.
  • Concentrer tout sur un seul fonds ou un seul millésime.
  • Confondre réduction d’impôt à l’entrée (FCPI, FIP) et qualité de l’investissement : la première ne compense pas un mauvais fonds.
  • Rompre l’engagement de cinq ans d’un FCPR fiscal : l’exonération d’impôt sur le revenu est perdue.
  • Souscrire un FPCI sans être réellement un investisseur averti, accompagné.
  • Oublier que les valorisations intermédiaires ne sont pas des prix de marché, et vendre dans le creux de la courbe en J.

Sources et textes de référence

Règles lues le 24 octobre 2026 sur legifrance.gouv.fr, versions en vigueur à cette date : code général des impôts, articles 163 quinquies B (exonération des FCPR sous engagement de cinq ans), 150-0 A (plus-values de cession des parts, version du 21 février 2026), 150-0 B ter (apport-cession, version du 21 février 2026) et 199 terdecies-0 A (FIP) ; code de la sécurité sociale, articles L. 136-7 (contribution sur les produits de placement, répartitions des FCPR) et L. 136-8 (taux, version du 27 juin 2026 issue de la loi n° 2026-534) ; code monétaire et financier, articles L. 214-28 (FCPR), L. 214-144, L. 214-159 et L. 214-160 (fonds professionnels de capital investissement) et L. 224-3-1 (PER) ; code des assurances, article L. 132-5-4 (profils d’allocation et actifs non cotés) ; loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte. Fiscalité de l’assurance vie (service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026). Les exemples sont nos calculs, faits sur les taux de 2026 ; ils ne préjugent pas de la performance d’un fonds. Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avant chaque recommandation.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 24 octobre 2026
Qu’est-ce que le private equity, en une phrase ?

Investir dans des entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse, le plus souvent par un fonds qui les accompagne plusieurs années avant de les revendre.

Quels sont les principaux types de private equity ?

Le capital-risque (jeunes entreprises), le capital-développement (entreprises en croissance), le capital-transmission (rachat d’entreprises matures, ou LBO), le secondaire (rachat de parts de fonds existants) et la dette privée (prêts aux entreprises non cotées).

Quelle est la différence entre FCPR, FCPI, FIP et FPCI ?

Le FCPR est le fonds de capital-investissement grand public : au moins 50 % de son actif en sociétés non cotées. FCPI et FIP sont des FCPR spécialisés (innovation, territoire) qui ouvraient une réduction d’impôt, très restreinte depuis 2026. Le FPCI est la version professionnelle, réservée aux investisseurs professionnels et avertis, plus libre dans sa gestion.

Combien de temps l’argent est-il bloqué ?

Huit à dix ans en général, parfois prolongés. La loi autorise un FCPR à bloquer les rachats jusqu’à quinze ans, un FPCI au-delà. Seuls certains fonds evergreen et unités de compte organisent une liquidité partielle, jamais garantie.

Peut-on investir en private equity dans une assurance vie ?

Oui, quand le contrat propose des unités de compte de non coté ; depuis la loi Industrie verte, les profils d’allocation peuvent en comporter une part minimale. Les gains suivent la fiscalité de l’assurance vie, prélèvements sociaux à 17,2 %. C’est souvent la voie la plus simple pour un premier investissement.

Comment sont imposés les gains d’un FCPR ?

Pour un FCPR fiscal conservé cinq ans, avec réinvestissement des distributions et sans détenir plus de 25 % des sociétés du fonds : pas d’impôt sur le revenu, mais 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026. Sinon, prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ou barème sur option.

Peut-on perdre de l’argent avec le private equity ?

Oui, partiellement ou totalement, surtout en capital-risque ou avec un fonds concentré. La diversification (plusieurs fonds, plusieurs millésimes, plusieurs stratégies) et le choix de la société de gestion réduisent ce risque sans le supprimer.

Quel rendement attendre du private equity ?

Aucun rendement n’est garanti et nous ne publions pas de chiffre de marché. Le résultat dépend surtout du fonds choisi et de son millésime, et les frais pèsent sur le net. Nous vous présentons l’historique réel des fonds que nous retenons, avec leurs frais totaux.

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