Immobilier·Crowdfunding immobilier

Crowdfunding immobilier : prêter court, à des opérations précises

Financer, via une plateforme agréée, des opérations de promotion ou de marchands de biens sur une durée courte, contre un intérêt fixé à l’avance, avec un risque de retard et de perte en capital.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 24 octobre 2026 · Sources officielles citées
⏱ L’essentiel en 30 secondes

Le crowdfunding immobilier est-il fait pour vous ?

🎯

Pour qui

  • Vous voulez placer sur une durée courte
  • Vous acceptez un risque de perte en capital
  • Vous pouvez répartir sur plusieurs projets
✅

Ce que ça vous apporte

  • Une durée prévue au contrat pour chaque projet, avec un risque de retard
  • Un taux d’intérêt fixé à l’avance
  • Des plateformes agréées et contrôlées
⚠️

À savoir avant

  • Retard de remboursement possible
  • Perte partielle ou totale du capital en cas de défaut
  • Aucune liquidité avant le terme
💬

Notre avis

Une poche courte et diversifiée, jamais tout sur un seul projet. Nous vous orientons vers des plateformes et des opérations sérieuses.

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Prêter court, à une opération précise

Vous prêtez, avec d’autres investisseurs, à un promoteur ou un marchand de biens pour une opération identifiée. Il vous rembourse, avec des intérêts fixés à l’avance, quand l’opération se termine. Ni loyer, ni gestion, ni garantie.

Un prêt, pas une part

Vous détenez des obligations ou une créance sur l’opérateur, pas un morceau d’immeuble. Votre revenu est un intérêt, pas un loyer ; votre risque est celui du remboursement.

Un taux fixé, pas garanti

Le taux est annoncé à l’avance ; il ne se réalise que si l’opération se termine. Retard, défaillance de l’opérateur, marché qui se retourne : capital et intérêts sont exposés.

Sélectionprojet, opérateurPrêtdurée de l’opérationRemboursementà la sortie

Un cadre réglementé

Les plateformes sont agréées prestataires de services de financement participatif (PSFP), sous le contrôle de l’AMF, avec une information normalisée sur chaque projet.

Une fiscalité simple

Les intérêts sont imposés à la flat tax, 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option.

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Promotion, marchand de biens, club deal

Sous le même mot, des opérations et des tickets très différents.

Promotion immobilière

Financer la construction d’un programme, en complément des fonds propres du promoteur et du crédit bancaire.

Marchand de biens

Achat, rénovation, revente : des opérations plus courtes, sur un actif existant.

Club deal

Quelques investisseurs, un ticket plus élevé, une opération identifiée et souvent un accès direct à l’opérateur : c’est la forme que nous privilégions.

Diversifier

Plusieurs projets, plusieurs opérateurs, plusieurs plateformes : le seul moyen de lisser le risque de défaillance.

Crowdfunding ou immobilier locatif ?

CritèreCrowdfunding immobilierImmobilier locatif en direct
DuréeCelle de l’opération, fixée dans l’offreLongue
MiseFixée par chaque offre, par petits montantsApport et crédit
RevenuIntérêts fixés à l’avanceLoyers
GestionAucuneLocataires, travaux, déclarations
RisquePerte en capital si l’opération échoue, illiquide jusqu’au termeVacance, impayés, marché, liquidité lente
FiscalitéFlat tax 31,4 % sur les intérêtsRevenus fonciers ou BIC

Règlement (UE) 2020/1503, AMF (agrément PSFP), service-public.gouv.fr (prélèvements sociaux 2026, F2329), Code général des impôts (article 125 A). Vérifié le 24 octobre 2026. Aucun taux de rendement : il dépend de chaque opération.

Le crowdfunding immobilier avec OP-Invests

Le crowdfunding immobilier est un prêt à une entreprise, pas un placement immobilier : le rendement est celui d’une dette d’entreprise, le risque aussi. Nous le traitons comme tel.

Les plateformes et les opérateurs

Nous ne retenons que des plateformes agréées comme prestataires de services de financement participatif, avec un historique publié (taux de retard, taux de défaut, montants remboursés), et nous regardons les opérateurs financés : expérience, bilans, opérations passées, garanties apportées.

Projet par projet

Emplacement, stade d’avancement (permis purgé, pré-commercialisation), structure du financement (fonds propres, prêt bancaire, part du crowdfunding), garanties (hypothèque, caution, nantissement), durée et scénario de sortie : chaque projet se lit avant de prêter.

La diversification comme règle

Le rendement affiché rémunère un risque de défaut : il ne se capte qu’en répartissant les sommes sur de nombreux projets, opérateurs et plateformes. Nous fixons avec vous la part du patrimoine concernée et le nombre de lignes.

Le suivi

Reporting des projets, retards, prorogations, recouvrement : nous suivons vos prêts jusqu’au remboursement et nous intégrons les intérêts dans votre déclaration de revenus.

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Le crowdfunding immobilier pour quel projet ?

Une poche de rendement à horizon court, en complément d’un patrimoine déjà diversifié.

Le crowdfunding immobilier, en bref

En bref
  • Des particuliers prêtent, via une plateforme en ligne, à un promoteur ou un marchand de biens pour financer une opération précise (construction, rénovation, achat-revente), en complément de ses fonds propres et du crédit bancaire.
  • Deux formes juridiques : le prêt rémunéré, à taux fixe, ou la souscription d’obligations (ou d’autres titres) émises par la société qui porte l’opération. Dans les deux cas, on est créancier, pas propriétaire.
  • Les plateformes doivent être agréées prestataires de services de financement participatif (PSFP) au sens du règlement (UE) 2020/1503 ; l’AMF et l’ESMA en publient les listes.
  • Avant d’investir, l’épargnant non averti passe un test de connaissances, simule sa capacité à supporter des pertes et dispose d’un délai de réflexion de quatre jours calendaires.
  • Les intérêts sont imposés à la flat tax de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème.
  • Risques : retard de remboursement, défaut de l’opérateur, perte partielle ou totale du capital, absence de liquidité. Le texte européen lui-même conseille de ne pas y consacrer plus de 10 % de son patrimoine net.

Le crowdfunding immobilier a ouvert aux particuliers la dette de promotion, autrefois réservée aux banques et aux fonds. Sa simplicité et ses taux affichés en ont fait un placement populaire ; les retards et défauts des années récentes ont rappelé sa nature : un crédit à une entreprise, avec le risque qui va avec. Ce guide en donne le mode d’emploi, les règles et les garde-fous.

Comment fonctionne le crowdfunding immobilier ?

  1. L’opérateur (promoteur, marchand de biens, foncière) présente une opération à une plateforme : achat d’un terrain et construction, rénovation d’un immeuble, achat-revente. Il cherche souvent à compléter ses fonds propres pour obtenir le crédit bancaire, ou à financer la phase qui précède la vente des lots.
  2. La plateforme analyse l’opération et l’opérateur, puis la met en ligne avec un taux, une durée, un calendrier de paiement et des garanties éventuelles. Elle remet à chaque investisseur une fiche d’informations clés établie par le porteur de projet.
  3. Les investisseurs prêtent ou souscrivent, chacun pour un montant modeste, jusqu’à ce que la collecte atteigne son objectif.
  4. L’opération se déroule ; les intérêts sont versés selon le contrat, périodiquement ou en une fois au terme ; à l’échéance, l’opérateur rembourse le capital, en général grâce à la vente des lots ou à un refinancement.

Prêt ou obligation : ce qui change

CritèrePrêt rémunéréObligation
Ce que vous détenezUne créance née d’un contrat de prêt avec le porteur de projetUn titre financier émis par la société de l’opération
Règles propres en FranceTaux conventionnel fixe et plafonné ; dans la limite d’un prêt par projet (code monétaire et financier, L. 511-6, 7)Règles des valeurs mobilières ; certaines obligations à taux fixe sont éligibles au PEA-PME
Perte en capitalImputable sur les intérêts de prêts de même nature, sous conditions (CGI, art. 125-00 A)Non visée par l’article 125-00 A
Revente avant le termePossible seulement si un acheteur se présente, par exemple sur le tableau d’affichage de la plateformeIdem : pas de marché organisé

Le règlement européen définit le prêt comme un contrat par lequel l’investisseur met une somme à disposition pour une période convenue, le porteur de projet s’engageant à la rembourser « avec les intérêts courus, conformément au tableau d’amortissement ». L’engagement est inconditionnel sur le papier ; dans les faits, il ne vaut que ce que vaut l’opérateur.

Quel cadre réglementaire ?

Depuis le 10 novembre 2021, le règlement (UE) 2020/1503 encadre les plateformes qui facilitent l’octroi de prêts ou placent des titres auprès du public pour financer des entreprises. Elles doivent être agréées prestataires de services de financement participatif (PSFP). Les plateformes qui relevaient de l’ancien régime français avaient jusqu’au 10 novembre 2023 pour se mettre en conformité, rappelle l’AMF. Le statut permet de proposer des offres dans toute l’Union européenne, dans la limite de 5 millions d’euros par porteur de projet, calculés sur douze mois ; au-delà, l’offre sort du champ du règlement.

Ce que la plateforme doit faire pour vous protéger

  • Un test de connaissances à l’entrée pour l’investisseur non averti : expérience, objectifs, situation financière, compréhension des risques. Si les connaissances sont jugées insuffisantes, la plateforme avertit que le service risque d’être inadapté et mentionne « clairement le risque de perte totale du capital investi ». Le test est revu tous les deux ans.
  • Une simulation de la capacité à supporter des pertes, calculée à 10 % du patrimoine net, à partir des revenus, des actifs financiers et des dépôts (hors immobilier personnel et locatif et hors fonds de pension) et des engagements financiers. Elle est revue chaque année.
  • Un avertissement renforcé : pour tout investissement supérieur à 1 000 euros ou à 5 % du patrimoine net (le plus élevé des deux), l’investisseur non averti reçoit un avertissement sur les risques, donne un consentement explicite et prouve qu’il comprend l’investissement. Il ne peut pas pour autant être empêché d’investir.
  • Un délai de réflexion de quatre jours calendaires à compter de son offre d’investissement, pendant lequel l’investisseur non averti peut se retirer sans justification et sans pénalité.
  • Une fiche d’informations clés sur l’investissement pour chaque offre, établie par le porteur de projet, de six pages au plus, avec un avertissement obligatoire : risque de perte totale ou partielle, absence de garantie des dépôts et d’indemnisation des investisseurs, retour sur investissement non garanti, revente pas toujours possible.
  • La publication des taux de défaut : les plateformes de prêts communiquent chaque année les taux de défaut des projets proposés sur au moins les trente-six derniers mois.

Vérifier une plateforme

  • La plateforme figure-t-elle sur la liste des PSFP agréés en France (site de l’AMF) ou autorisés dans un autre État membre (registre de l’ESMA) ? Les plateformes de dons et de prêts gratuits relèvent, elles, de l’ORIAS.
  • Apparaît-elle sur les listes noires de l’AMF ? Une offre de rendement élevé hors de ces registres est un signal d’alerte.
  • Publie-t-elle ses statistiques de défaut, comme le règlement l’impose, de façon lisible et détaillée ?
Votre situation mérite une réponse précise

Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

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Quelle durée, et que se passe-t-il en cas de retard ?

La durée est fixée dans chaque offre. Elle est courte comparée à l’immobilier locatif : elle correspond au temps de l’opération financée, de l’achat du terrain ou de l’immeuble à la vente des lots. Trois situations se présentent à l’échéance :

  • Remboursement à l’échéance : le capital revient avec les intérêts prévus.
  • Remboursement anticipé : si l’opération se vend vite, l’opérateur peut rembourser plus tôt lorsque le contrat le permet ; le gain total est alors plus faible que prévu, même si le taux reste le même.
  • Prorogation : travaux en retard, ventes plus lentes, banque qui tarde à libérer les fonds. Le contrat prévoit souvent une période de prolongation, parfois avec des intérêts supplémentaires. Pendant ce temps, le capital reste bloqué.

Le retard est le risque le plus fréquent et le moins visible : l’argent que l’on pensait récupérer pour un projet personnel ne revient pas à la date prévue. C’est pourquoi l’AMF recommande de n’y placer que « des sommes dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin à court terme ». En pratique, nous raisonnons avec une marge : une somme qui doit être disponible à une date précise n’a pas sa place dans le crowdfunding.

Sortir avant le terme est rarement possible. Le règlement permet aux plateformes d’ouvrir un tableau d’affichage où les investisseurs annoncent leur intérêt pour acheter ou vendre des prêts ou des titres, mais ce n’est pas un marché : la vente dépend d’un acheteur, et le prix peut être inférieur à la mise.

Combien rapporte le crowdfunding immobilier ?

Le taux d’intérêt de chaque opération est fixé à l’avance et figure dans l’offre ; il rémunère la subordination du prêt (souvent remboursé après la banque) et le risque de l’opérateur. Nous ne publions pas de taux moyen sur cette page : les taux servis, les taux de retard et les taux de défaut varient fortement d’une année, d’une plateforme et d’une opération à l’autre, et les moyennes publiées ne disent rien du projet que vous regardez.

Trois idées à retenir :

  • Le taux affiché est brut : avant flat tax, avant défauts, avant le temps perdu en cas de retard.
  • Le rendement réel d’un portefeuille de prêts est celui des projets remboursés diminué des pertes sur les projets en défaut ; il ne s’apprécie que sur un ensemble diversifié et sur plusieurs années.
  • Un taux nettement plus élevé que celui des autres projets n’est pas une aubaine : c’est le prix d’un risque plus élevé, que la plateforme a identifié.

Le texte européen impose aux plateformes de le rappeler dans chaque fiche d’informations clés : « Le retour sur investissement n’est pas garanti. » L’exemple chiffré qui suit montre pourquoi.

Quels sont les risques ?

  • Retard : la vente des lots ou les travaux prennent plus de temps ; le remboursement est prorogé, avec ou sans intérêts supplémentaires, et le capital reste immobilisé.
  • Défaut : l’opérateur ne peut pas rembourser (invendus, dépassement de coûts, procédure collective) ; la perte peut être partielle ou totale, les prêteurs passant souvent après la banque.
  • Illiquidité : aucun marché organisé ; on sort au terme, ou si un acheteur se présente.
  • Risque de plateforme : qualité de l’analyse, gestion des recouvrements, pérennité de la plateforme elle-même.
  • Risque de marché : un retournement de l’immobilier neuf ou une hausse des taux touche en même temps de nombreuses opérations ; la diversification entre projets protège alors moins qu’on ne le croit.
  • Garanties limitées : hypothèque de second rang, caution personnelle du dirigeant ou nantissement de parts ne garantissent pas le remboursement intégral ; leur mise en jeu prend du temps.
  • Aucun filet : ni garantie des dépôts, ni mécanisme d’indemnisation des investisseurs, comme le rappelle l’avertissement obligatoire de chaque offre.

Exemple chiffré : dix projets, trois scénarios

Les chiffres qui suivent sont des hypothèses choisies pour illustrer le mécanisme, pas des taux de marché ni une promesse : 20 000 € répartis sur dix projets de 2 000 €, au taux contractuel de 8 % par an, sur vingt-quatre mois, intérêts versés au terme (intérêts simples, non capitalisés). Flat tax de 31,4 % sur les intérêts, sans option pour le barème.

CritèreTous remboursésUn défaut à moitiéUn défaut total
Projets remboursés avec intérêts1099
Intérêts bruts3 200 €2 880 €2 880 €
Flat tax de 31,4 %1 004,80 €904,32 €904,32 €
Intérêts nets2 195,20 €1 975,68 €1 975,68 €
Capital perdu0 €1 000 €2 000 €
Gain net sur deux ans2 195,20 €975,68 €- 24,32 €

Avec un seul projet sur dix perdu en totalité, deux ans d’intérêts nets sont effacés. Avec deux défauts, le portefeuille perd de l’argent. Ce calcul ne tient pas compte du retard, qui allonge la durée et fait baisser le rendement annuel, ni de l’imputation éventuelle de la perte sur des intérêts futurs (voir la fiscalité ci-dessous), qui en réduit le coût fiscal sans le supprimer.

La leçon est double : le nombre de lignes compte plus que le taux de chacune, et une concentration sur un ou deux projets transforme un placement à taux fixe en pari.

Quelle fiscalité pour les intérêts et les pertes ?

Les intérêts

Pour un particulier, les intérêts de prêts et d’obligations sont des produits de placement à revenu fixe :

  • l’établissement qui paie les intérêts retient un prélèvement de 12,8 %, acompte d’impôt sur le revenu (CGI, art. 125 A), et les prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026 (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %) ;
  • l’année suivante, l’imposition définitive est la flat tax de 12,8 %, soit 31,4 % au total, sauf option globale pour le barème progressif de l’ensemble des revenus de capitaux de l’année ;
  • un foyer dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple) peut demander à être dispensé de l’acompte de 12,8 % ; les prélèvements sociaux restent dus.

Les pertes en capital

Le traitement dépend de la forme de l’investissement :

  • Prêts consentis via une plateforme agréée (L. 511-6, 7 du code monétaire et financier) : la perte en capital subie par un particulier s’impute sur les intérêts des prêts de même nature, à partir de l’année où la créance devient définitivement irrécouvrable, et sur les cinq années suivantes, dans la limite de 8 000 € de pertes par an (CGI, art. 125-00 A). Un simple retard ne suffit pas : il faut que la créance soit définitivement perdue.
  • Obligations : l’article 125-00 A ne les vise pas. Le sort fiscal d’une perte sur une obligation relève d’autres règles, qui dépendent de la situation (cession, liquidation de l’émetteur) : il s’examine au cas par cas, avec les documents de la plateforme.

Le PEA-PME

Le code monétaire et financier (L. 221-32-2) rend éligibles au PEA-PME les « titres participatifs et obligations à taux fixe » offerts par l’intermédiaire d’un prestataire de services de financement participatif au sens du règlement européen, lorsque l’émetteur est une PME ou une ETI au sens du texte (moins de 5 000 personnes, chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros au plus ou total de bilan de 2 milliards au plus), avec siège dans l’Union ou l’EEE et soumission à l’IS ; les sociétés cotées de moins de 2 milliards d’euros de capitalisation sont aussi éligibles. Les intérêts suivent alors la fiscalité du plan (voir notre page PEA). Les prêts ne figurent pas dans la liste : ils restent hors plan. L’inscription au plan se fait offre par offre, avec la plateforme et la banque qui tient le plan.

Quelle place dans un patrimoine ?

L’avertissement imposé par le règlement européen est explicite : « Ceci n’est pas un produit d’épargne, et nous vous conseillons de ne pas investir plus de 10 % de votre patrimoine net dans des projets de financement participatif. » C’est un plafond, pas un objectif. Notre lecture :

  1. Après l’épargne de précaution : le crowdfunding vient après les livrets et la poche disponible, jamais à leur place.
  2. Une poche, pas un pilier : une fraction limitée du patrimoine financier, à côté d’une assurance vie, d’un PER ou d’un PEA, qui portent l’essentiel de l’épargne de long terme.
  3. Étalée dans le temps : investir par petites sommes sur plusieurs années permet de répartir le risque entre des cycles immobiliers différents.
  4. Comparée : à risque égal, d’autres formes de dette ou de private equity, logées dans une enveloppe fiscale, peuvent servir le même objectif ; nous faisons la comparaison avec vous.

Comment choisir une plateforme et un projet ?

  1. La plateforme : agrément PSFP, ancienneté, volumes, taux de retard et de défaut publiés et détaillés, qualité des analyses, gestion des contentieux passés.
  2. L’opérateur : expérience, nombre d’opérations menées à terme, solidité financière, engagement personnel dans l’opération.
  3. Le projet : emplacement, permis purgé de tout recours, pré-commercialisation, part du crowdfunding dans le financement, marge prévisionnelle, durée réaliste.
  4. Les garanties : hypothèque, fiducie, caution, nantissement, et leur rang par rapport à la banque.
  5. La fiche d’informations clés : lue en entier, en particulier les risques, les frais et le calendrier de remboursement.
  6. La diversification : de nombreux projets, plusieurs opérateurs, plusieurs plateformes, sur plusieurs années.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Concentrer une somme importante sur un ou deux projets parce que le taux est attractif.
  • Prêter à un opérateur ou sur une plateforme sans historique, ou absente des registres de l’AMF et de l’ESMA.
  • Confondre « rendement fixé à l’avance » et « rendement garanti ».
  • Négliger la fiscalité : le taux affiché est brut, et 31,4 % des intérêts partent en impôt et prélèvements sociaux.
  • Oublier que l’argent est bloqué, parfois au-delà de la durée annoncée.
  • Réinvestir automatiquement chaque remboursement sur la même plateforme, et augmenter ainsi sa dépendance à un seul acteur.
  • Investir à la fin du délai de collecte sans prendre le temps de lire : le délai de réflexion de quatre jours est fait pour cela.

Sources et textes de référence

Règles lues le 24 octobre 2026 : règlement (UE) 2020/1503 relatif aux prestataires européens de services de financement participatif pour les entrepreneurs (eur-lex.europa.eu : articles 1er, 2, 20, 21, 22, 23 et 25) ; Crowdfunding (financement participatif) : une autre façon d’investir ? (Autorité des marchés financiers) ; article L. 511-6 du code monétaire et financier ; article L. 221-32-2 du code monétaire et financier (PEA-PME) ; article 125-00 A du code général des impôts (pertes en capital) ; article 125 A du code général des impôts (prélèvement de 12,8 % et dispense) ; Prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr, vérifié le 30 juin 2026 : 18,6 % en 2026). L’exemple chiffré repose sur des hypothèses ; ce n’est pas une projection de rendement. Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avant chaque souscription.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 24 octobre 2026
Quel est le principe du crowdfunding immobilier ?

Prêter, avec d’autres particuliers et via une plateforme agréée, à un professionnel de l’immobilier pour financer une opération précise sur une durée courte, contre un intérêt fixé à l’avance. On ne devient pas propriétaire : on est créancier, par un prêt ou par des obligations.

Quels sont les risques du crowdfunding immobilier ?

Le retard de remboursement, le défaut de l’opérateur avec perte partielle ou totale du capital, l’absence de liquidité avant le terme et la dépendance à la qualité d’analyse de la plateforme. Il n’existe ni garantie des dépôts ni mécanisme d’indemnisation.

Est-ce que le crowdfunding immobilier est rentable ?

Le taux contractuel est plus élevé que celui des livrets, en contrepartie d’un risque de perte en capital ; le rendement réel dépend des défauts subis, des retards et de la fiscalité. Dans notre exemple, un seul défaut total sur dix projets efface deux ans d’intérêts nets.

Quelle part de son patrimoine y consacrer ?

Le règlement européen (art. 23) impose que la fiche d’informations clés de chaque offre contienne cet avertissement : « nous vous conseillons de ne pas investir plus de 10 % de votre patrimoine net dans des projets de financement participatif ». C’est un maximum : la bonne part dépend de votre épargne de précaution, de vos projets et du reste de votre patrimoine.

Combien de temps l’argent est-il bloqué ?

Jusqu’au remboursement de l’opération, dont la durée est fixée dans l’offre et peut être prolongée en cas de retard. Il n’y a pas de marché organisé : une revente avant le terme suppose de trouver un acheteur, éventuellement via le tableau d’affichage de la plateforme.

Comment sont imposés les intérêts ?

Au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème sur option globale. L’acompte de 12,8 % peut être évité sur demande si le revenu fiscal de référence est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple).

Peut-on déduire une perte en cas de défaut ?

Pour les prêts consentis via une plateforme agréée, oui : la perte s’impute sur les intérêts des prêts de même nature de l’année où la créance devient définitivement irrécouvrable et des cinq années suivantes, dans la limite de 8 000 € par an (CGI, art. 125-00 A). Les obligations ne sont pas visées par ce texte.

Comment vérifier qu’une plateforme est sérieuse ?

Elle doit être agréée PSFP et figurer sur la liste de l’AMF ou le registre de l’ESMA ; ses taux de défaut doivent être publiés chaque année, comme le règlement l’impose ; elle ne doit pas figurer sur les listes noires de l’AMF.

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