+Nue-propriété et démembrement

Nue-propriété et démembrement : acheter moins cher, transmettre mieux

  • +Le démembrement utilisé dans les deux sens : investir en nue-propriété, ou donner la nue-propriété à ses enfants
  • +Le calcul complet : décote, barème fiscal, IFI, plus-value, droits de donation, avant de signer
  • +Un montage relu avec votre notaire, en cohérence avec votre succession et vos autres dispositions
CIF · ORIAS n° 23007083Adhérent ANACOFI-CIFCiboure & Paris
DécoteLe prix de la nue-propriété, pas de la pleine
TransmissionDonner en gardant l’usage
Un interlocuteurDu premier rendez-vous au suivi

La nue-propriété avec OP-Invests

Le démembrement est un outil de droit civil avant d’être un produit. Il sert un investisseur qui n’a pas besoin de revenus aujourd’hui, et un parent qui veut transmettre sans se dépouiller. Nous l’utilisons quand il répond à l’un de ces deux besoins, pas autrement.

Investir en nue-propriété : le bon programme, au bon prix

L’achat de la nue-propriété d’un logement dont l’usufruit est confié à un bailleur pour quinze à vingt ans repose sur trois choses : l’emplacement, la qualité de l’usufruitier et le prix de la nue-propriété rapporté à la valeur réelle du bien. Nous analysons ces trois points, programme par programme, avant de vous en proposer un.

Transmettre en gardant l’usage

Donner la nue-propriété d’un bien à ses enfants en conservant l’usufruit réduit les droits de donation à la seule valeur de la nue-propriété, et transmet le bien sans droits supplémentaires au décès. Nous calculons avec vous et votre notaire ce que le montage coûte et ce qu’il économise, avec les abattements disponibles.

Le calcul dans son ensemble

IFI, revenus, plus-value à la sortie, droits de donation, réunion de la pleine propriété : chaque étape du démembrement a sa fiscalité. Nous établissons le calcul complet sur la durée, dans l’étude écrite qui vous est remise.

En cohérence avec le reste

Le démembrement se combine avec l’assurance vie (clause bénéficiaire démembrée), le contrat de capitalisation, les parts de sociétés. Nous vérifions que le montage s’insère dans votre stratégie globale et nous le suivons dans le temps.

Un cadre réglementé : ORIAS n° 23007083, CIF, adhérent ANACOFI
ORIAS, registre des intermédiaires en assurance, banque et financeAutorité des marchés financiersANACOFI, association professionnelle agréée par l’AMF

La nue-propriété pour quel projet ?

Deux usages principaux, deux profils.

La nue-propriété, en bref

En bref
  • La pleine propriété d’un bien se décompose en usufruit (le droit d’user du bien et d’en percevoir les revenus) et nue-propriété (le droit d’en disposer, sans l’usage). Les séparer, c’est démembrer.
  • La valeur fiscale de chaque part est fixée par le barème de l’article 669 du CGI : selon l’âge de l’usufruitier pour un usufruit viager, 23 % par période de dix ans pour un usufruit temporaire.
  • Investir en nue-propriété, c’est acheter un bien avec une décote égale à la valeur de l’usufruit, sans revenu ni fiscalité pendant la durée, et récupérer la pleine propriété au terme, sans frais.
  • Donner la nue-propriété en gardant l’usufruit réduit les droits de donation ; au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue sans droits de succession.
  • Le nu-propriétaire n’est pas imposable à l’IFI sur le bien ; l’usufruitier le déclare pour sa valeur en pleine propriété, sauf exceptions.

Le démembrement de propriété est l’un des outils les plus anciens et les plus efficaces du droit patrimonial français. Il sert autant l’investisseur qui prépare des revenus futurs que la famille qui organise sa transmission. Ce guide en explique la mécanique, la fiscalité à chaque étape, et les précautions.

Usufruit, nue-propriété, pleine propriété : quelles différences ?

Le Code civil décompose la propriété en trois attributs : l’usus (utiliser le bien), le fructus (en percevoir les fruits, c’est-à-dire les loyers) et l’abusus (en disposer, le vendre, le transformer).

UsufruitierNu-propriétaire
DroitsOccuper le bien ou le louer, percevoir les loyers, pendant la durée de l’usufruitDisposer du bien (le vendre, le donner) sous réserve de l’usufruit ; devenir plein propriétaire à la fin de l’usufruit
ChargesEntretien courant, réparations d’entretien, taxe foncière, charges de copropriété courantesGrosses réparations (gros murs, voûtes, toiture entière, poutres) au sens de l’article 606 du Code civil
FinAu décès (usufruit viager) ou au terme fixé (usufruit temporaire)Réunion de la pleine propriété, automatique et sans formalité

L’usufruit peut être viager (il dure jusqu’au décès de l’usufruitier, cas de la donation avec réserve d’usufruit ou de la succession du conjoint) ou temporaire (durée fixée à l’avance, cas de l’investissement en nue-propriété ou d’une donation temporaire d’usufruit). Les deux parties peuvent convenir d’une répartition des charges différente de la loi ; c’est ce que font les conventions de démembrement des programmes d’investissement.

Le barème fiscal de l’usufruit et de la nue-propriété (article 669 du CGI)

Pour calculer les droits de donation, de succession ou d’enregistrement, la loi fixe la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en fraction de la pleine propriété.

Usufruit viager, selon l’âge de l’usufruitier

Âge de l’usufruitierValeur de l’usufruitValeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans révolus90 %10 %
Moins de 31 ans révolus80 %20 %
Moins de 41 ans révolus70 %30 %
Moins de 51 ans révolus60 %40 %
Moins de 61 ans révolus50 %50 %
Moins de 71 ans révolus40 %60 %
Moins de 81 ans révolus30 %70 %
Moins de 91 ans révolus20 %80 %
91 ans révolus et plus10 %90 %

Usufruit temporaire

L’usufruit à durée fixe est évalué à 23 % de la pleine propriété par période de dix ans, sans fraction et sans pouvoir dépasser la valeur de l’usufruit viager de l’usufruitier. Un usufruit de quinze ans vaut donc 46 %, la nue-propriété 54 %.

Ce barème est fiscal : il sert au calcul des droits. La valeur économique, celle qu’un investisseur paie pour une nue-propriété, se calcule autrement, à partir des loyers auxquels il renonce et de la durée ; les deux ne coïncident pas, et c’est précisément ce qui rend certains montages intéressants.

Investir en nue-propriété : comment ça marche ?

Le schéma le plus courant : un promoteur vend un logement neuf en deux parts. L’usufruit temporaire, pour quinze à vingt ans, est acheté par un bailleur institutionnel ou social, qui loue le logement et le gère. La nue-propriété est vendue à un investisseur privé, avec une décote qui reflète la valeur de l’usufruit cédé.

Pendant la durée du démembrement

  • Vous ne percevez aucun loyer et ne payez aucun impôt sur le revenu au titre du bien.
  • Vous ne supportez ni la gestion, ni la vacance, ni les charges courantes, ni la taxe foncière, qui incombent à l’usufruitier ; la convention de démembrement met en général aussi les grosses réparations à sa charge.
  • Le bien n’entre pas dans votre patrimoine imposable à l’IFI.
  • Si vous financez à crédit, les intérêts d’emprunt sont déductibles de vos autres revenus fonciers, à condition que l’usufruitier soit un bailleur social loueur de logements, et que vous ayez des revenus fonciers par ailleurs.

Au terme

L’usufruit s’éteint et vous devenez plein propriétaire, sans frais ni droits, d’un bien en principe remis en état par l’usufruitier selon la convention. Vous pouvez alors l’occuper, le louer ou le vendre. La plus-value éventuelle à la revente se calcule sur le prix payé pour la nue-propriété, avec les abattements pour durée de détention décomptés depuis l’acquisition de la nue-propriété.

Ce que l’investisseur achète vraiment

Un capital différé : la décote est la contrepartie des loyers non perçus pendant la durée. L’intérêt dépend donc du rapport entre la décote obtenue et la valeur réelle du bien, de la qualité de l’emplacement dans quinze ans, et de la solidité de l’usufruitier. Un programme se juge à ces trois critères.

Donner la nue-propriété à ses enfants : la donation avec réserve d’usufruit

C’est l’usage le plus répandu du démembrement. Le parent donne la nue-propriété d’un bien (résidence, logement locatif, parts de société, portefeuille) et conserve l’usufruit : il continue d’y vivre ou d’en percevoir les revenus.

  • Les droits de donation sont calculés sur la seule valeur de la nue-propriété selon le barème : pour un donateur de 65 ans, 60 % de la valeur du bien. L’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans, s’applique sur cette base.
  • Au décès du donateur, l’usufruit s’éteint et l’enfant devient plein propriétaire sans droits de succession ni formalité, quelle que soit la valeur prise par le bien entre-temps.
  • Le donateur garde la maîtrise de l’usage et des revenus ; il ne peut en revanche plus vendre seul : la vente du bien démembré requiert l’accord du nu-propriétaire, et le prix se partage ou se remploie.

La donation se fait par acte notarié. Elle peut porter sur un usufruit viager ou temporaire, s’accompagner de clauses (réversion d’usufruit au conjoint, interdiction d’aliéner, droit de retour), et se combiner avec une donation-partage. Nous la préparons avec vous et votre notaire.

Quelle fiscalité à chaque étape du démembrement ?

ÉtapeUsufruitierNu-propriétaire
Revenus (loyers)Imposés chez lui (revenus fonciers ou BIC)Aucun revenu, aucune imposition
IFIDéclare le bien pour sa valeur en pleine propriété, sauf cas particuliers (usufruit légal du conjoint survivant, certains démembrements par vente)Rien à déclarer, dans le cas général
Taxe foncièreÀ sa chargeRien
Fin de l’usufruitRéunion de la pleine propriété exonérée de droits (article 1133 du CGI), qu’il s’agisse d’un décès ou d’un terme
Revente de la pleine propriété reconstituéePlus-value calculée à partir du prix d’acquisition de la nue-propriété (ou de sa valeur dans la donation), abattements pour durée de détention décomptés depuis cette date

La donation temporaire d’usufruit, en sens inverse (un parent donne l’usufruit d’un bien pour quelques années à un enfant étudiant, par exemple), sort le bien de l’IFI du parent et transfère les revenus à l’enfant, moins imposé ; l’administration en vérifie la réalité économique.

Démembrement de parts, de contrats, de clause bénéficiaire

Le démembrement ne concerne pas que l’immobilier en direct.

  • Parts de sociétés (SCI, société à l’IS) : la donation de la nue-propriété des parts suit la même logique, avec les statuts qui organisent les droits de vote et la distribution.
  • Parts de SCPI : les sociétés de gestion proposent des clés de répartition entre usufruit temporaire et nue-propriété ; nous traitons ce sujet sur SCPI Select.
  • Contrat de capitalisation : il peut être donné en nue-propriété, ce que l’assurance vie ne permet pas.
  • Clause bénéficiaire démembrée d’une assurance vie : l’usufruit du capital au conjoint (quasi-usufruit), la nue-propriété aux enfants, qui détiennent une créance de restitution sur la succession du conjoint.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Acheter une nue-propriété sur la seule décote, sans juger l’emplacement à quinze ans ni la qualité de l’usufruitier.
  • Négliger la convention de démembrement : répartition des travaux, état de restitution du bien, sort des loyers impayés.
  • Donner la nue-propriété trop tard : plus l’usufruitier est âgé, plus la nue-propriété vaut cher et plus les droits sont élevés.
  • Donner sans avoir mesuré la perte de liberté : le bien ne peut plus être vendu sans l’accord des nus-propriétaires.
  • Oublier que l’abattement de 100 000 € se reconstitue tous les quinze ans : le calendrier des donations compte.
  • Monter un démembrement uniquement pour l’IFI, sans réalité économique : l’administration peut le remettre en cause.

Sources et textes de référence

Règles lues le 15 septembre 2026 : Usufruit, nue-propriété, pleine propriété : quelles différences ? (service-public.gouv.fr) ; Simulateur du barème fiscal de l’usufruit et de la nue-propriété (service-public.gouv.fr, vérifié le 14 octobre 2025) ; articles 578 et 605 à 606 du Code civil ; articles 669, 779, 968 et 1133 du Code général des impôts ; Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (service-public.gouv.fr). Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avant chaque recommandation, et tout acte de démembrement se rédige avec un notaire.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 15 septembre 2026

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Qu’est-ce que la nue-propriété ?

Le droit de disposer d’un bien sans en avoir l’usage ni les revenus, qui reviennent à l’usufruitier. À la fin de l’usufruit, le nu-propriétaire devient plein propriétaire automatiquement.

Comment se calcule la valeur de la nue-propriété ?

Fiscalement, selon le barème de l’article 669 du CGI : en fonction de l’âge de l’usufruitier pour un usufruit viager (par exemple 60 % de nue-propriété entre 61 et 70 ans), ou 23 % d’usufruit par période de dix ans pour un usufruit temporaire. Économiquement, à partir des loyers auxquels le nu-propriétaire renonce.

Quels sont les avantages d’investir en nue-propriété ?

Un prix d’achat décoté, aucune gestion ni charge ni impôt sur le revenu pendant la durée, pas d’IFI, et la pleine propriété récupérée sans frais au terme. En contrepartie, aucun revenu pendant quinze à vingt ans et un capital immobilisé.

Quels sont les inconvénients ?

L’absence de revenus et de liquidité pendant la durée, la dépendance à l’usufruitier pour l’entretien, un marché de revente de la nue-propriété étroit, et un résultat final qui dépend du marché immobilier à l’échéance.

Qui paie la taxe foncière et les travaux ?

L’usufruitier paie la taxe foncière, les charges courantes et les réparations d’entretien ; le nu-propriétaire les grosses réparations (article 606 du Code civil), sauf convention contraire, ce que prévoient les programmes d’investissement.

La nue-propriété est-elle soumise à l’IFI ?

Non, dans le cas général : c’est l’usufruitier qui déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété. Des exceptions existent, notamment lorsque le démembrement résulte de la succession du conjoint ou d’une vente avec réserve d’usufruit.

Que se passe-t-il au décès de l’usufruitier ?

L’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droits de succession ni formalité (article 1133 du CGI), y compris si le bien a pris de la valeur.

Peut-on vendre un bien démembré ?

Oui, mais avec l’accord de l’usufruitier et du nu-propriétaire ; le prix se répartit selon la valeur de chaque droit, ou se remploie dans un autre bien démembré, selon ce qui est convenu.

Nue-propriété ou assurance vie pour transmettre ?

Les deux répondent à des besoins différents : la nue-propriété transmet un bien précis en gardant l’usage, l’assurance vie transmet un capital hors succession avec 152 500 € d’abattement par bénéficiaire. Une transmission bien construite les combine souvent.

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