Séparer l’usufruit de la nue-propriété permet d’acheter un logement avec une décote, sans loyer ni gestion pendant quinze ans ou plus, ou de transmettre un bien à moindres droits en gardant l’usage.
Un excellent outil pour constituer ou transmettre un patrimoine immobilier sans alourdir son impôt, à condition d’accepter d’attendre. Nous choisissons la durée avec vous.
En parler avec un conseiller →On sépare la propriété en deux : l’usufruit (l’usage et les revenus) et la nue-propriété (le capital). Le nu-propriétaire achète ou reçoit moins cher, attend, et retrouve la pleine propriété sans rien payer.
Le prix de la nue-propriété est celui de la pleine propriété moins la valeur de l’usufruit, fixée par la durée (usufruit temporaire) ou par l’âge de l’usufruitier (barème de l’article 669 du CGI).
L’usufruit s’éteint (fin de la durée, ou décès de l’usufruitier) : le nu-propriétaire devient plein propriétaire automatiquement, sans droits, sans impôt, sans formalité.
Aucun loyer, mais aucune charge d’entretien courant ni de gestion : elles reviennent à l’usufruitier. Le bien est hors de l’assiette de l’IFI du nu-propriétaire, sauf exceptions.
Un parent de 61 à 70 ans qui donne la nue-propriété ne transmet fiscalement que 60 % de la valeur (l’usufruit vaut 40 %), avec 100 000 € d’abattement par parent et par enfant tous les quinze ans. Il garde l’usage et les revenus.
Le démembrement ne concerne pas que l’immobilier en direct.
Achat en nue-propriété d’un bien dont l’usufruit est cédé à un bailleur pour une durée fixe, ou donation d’un bien familial avec réserve d’usufruit.
Parts de SCI, de société ou de fonds immobiliers : le démembrement s’applique aux titres comme aux murs.
Le contrat se donne en nue-propriété : l’usufruitier garde les revenus, le nu-propriétaire le capital, l’antériorité fiscale est conservée.
Une assurance vie peut prévoir un usufruit au conjoint et une nue-propriété aux enfants : chacun reçoit sa part au bon moment.
| Nue-propriété | Pleine propriété | |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | Décoté de la valeur de l’usufruit | Valeur pleine |
| Loyers | Aucun pendant l’usufruit | Perçus, imposés |
| Charges et gestion | À l’usufruitier pour l’essentiel | Au propriétaire |
| IFI | Hors assiette du nu-propriétaire, sauf exceptions | Dans l’assiette |
| Au terme | Pleine propriété sans droits ni impôt | Sans objet |
| Transmission | Donation sur la seule nue-propriété, décotée | Donation ou succession en valeur pleine |
Articles 669 (barème), 968 (IFI) et 1133 (réunion) du Code général des impôts, service-public.gouv.fr (donation, abattements). Règles 2026, vérifiées le 24 octobre 2026.
Le démembrement est un outil de droit civil avant d’être un produit. Il sert un investisseur qui n’a pas besoin de revenus aujourd’hui, et un parent qui veut transmettre sans se dépouiller. Nous l’utilisons quand il répond à l’un de ces deux besoins, pas autrement.
L’achat de la nue-propriété d’un logement dont l’usufruit est confié à un bailleur pour quinze à vingt ans repose sur trois choses : l’emplacement, la qualité de l’usufruitier et le prix de la nue-propriété rapporté à la valeur réelle du bien. Nous analysons ces trois points, programme par programme, avant de vous en proposer un.
Donner la nue-propriété d’un bien à ses enfants en conservant l’usufruit réduit les droits de donation à la seule valeur de la nue-propriété, et transmet le bien sans droits supplémentaires au décès. Nous calculons avec vous et votre notaire ce que le montage coûte et ce qu’il économise, avec les abattements disponibles.
IFI, revenus, plus-value à la sortie, droits de donation, réunion de la pleine propriété : chaque étape du démembrement a sa fiscalité. Nous établissons le calcul complet sur la durée, dans l’étude écrite qui vous est remise.
Le démembrement se combine avec l’assurance vie (clause bénéficiaire démembrée), le contrat de capitalisation, les parts de sociétés. Nous vérifions que le montage s’insère dans votre stratégie globale et nous le suivons dans le temps.
Deux usages principaux, deux profils.
Acquérir la nue-propriété d’un logement neuf pour quinze à vingt ans, sans loyer à gérer, sans impôt sur des revenus qu’on ne perçoit pas, et récupérer la pleine propriété au terme.
L’investissement →TransmettreDonner la nue-propriété de sa résidence ou d’un bien locatif à ses enfants, en gardant l’usage ou les loyers, avec des droits calculés sur une fraction de la valeur.
La donation →OptimiserLe nu-propriétaire ne déclare pas le bien à l’IFI dans le cas général ; au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue sans droits.
La fiscalité →Le démembrement de propriété est l’un des outils les plus anciens du droit patrimonial français. Il sert autant l’investisseur qui prépare un patrimoine futur que la famille qui organise sa transmission. Ce guide en explique la mécanique, la fiscalité à chaque étape, deux calculs complets et les précautions.
Le Code civil décompose la propriété en trois attributs : l’usus (utiliser le bien), le fructus (en percevoir les fruits, c’est-à-dire les loyers) et l’abusus (en disposer : le vendre, le donner, le transformer). L’usufruitier réunit les deux premiers, le nu-propriétaire garde le troisième.
| Usufruitier | Nu-propriétaire | |
|---|---|---|
| Droits | Occuper le bien ou le louer, percevoir les loyers, pendant la durée de l’usufruit | Disposer du bien (le vendre, le donner, le léguer) sous réserve de l’usufruit ; devenir plein propriétaire à la fin de l’usufruit |
| Travaux | Réparations d’entretien (article 605 du Code civil) | Grosses réparations : gros murs, voûtes, poutres, couvertures entières, digues, murs de soutènement et de clôture (article 606), sauf si elles viennent d’un défaut d’entretien de l’usufruitier |
| Charges | Charges annuelles, dont les contributions (article 608) ; la taxe foncière est établie à son nom (article 1400 du CGI) | Les autres charges, sauf convention contraire |
| Fin | Au décès (usufruit viager) ou au terme fixé (usufruit temporaire) | Réunion de la pleine propriété, automatique |
L’usufruit peut être viager : il dure jusqu’au décès de l’usufruitier (donation avec réserve d’usufruit, usufruit du conjoint survivant). Il peut être temporaire : sa durée est fixée à l’avance (investissement en nue-propriété, donation temporaire d’usufruit). Les parties peuvent répartir les charges autrement que la loi : c’est ce que font les conventions des programmes d’investissement, qui mettent en général l’essentiel des dépenses à la charge de l’usufruitier.
Pour calculer les droits de donation, de succession ou d’enregistrement, la loi fixe la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en fraction de la valeur de la propriété entière.
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans révolus | 90 % | 10 % |
| Moins de 31 ans révolus | 80 % | 20 % |
| Moins de 41 ans révolus | 70 % | 30 % |
| Moins de 51 ans révolus | 60 % | 40 % |
| Moins de 61 ans révolus | 50 % | 50 % |
| Moins de 71 ans révolus | 40 % | 60 % |
| Moins de 81 ans révolus | 30 % | 70 % |
| Moins de 91 ans révolus | 20 % | 80 % |
| Plus de 91 ans révolus | 10 % | 90 % |
« Révolus » compte : un donateur de 70 ans et 11 mois est dans la tranche « moins de 71 ans » (usufruit de 40 %) ; le jour de ses 71 ans, il passe à 30 % d’usufruit et la nue-propriété donnée vaut 70 % au lieu de 60 %.
L’usufruit constitué pour une durée fixe est estimé à 23 % de la valeur de la propriété entière pour chaque période de dix ans, sans fraction et sans égard à l’âge de l’usufruitier. Chaque période commencée compte donc pour une période entière :
| Durée | Périodes | Usufruit | Nue-propriété |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 10 ans | 1 | 23 % | 77 % |
| Plus de 10 ans, jusqu’à 20 ans | 2 | 46 % | 54 % |
| Plus de 20 ans, jusqu’à 30 ans | 3 | 69 % | 31 % |
Ce barème est fiscal : il sert au calcul des droits. Le prix qu’un investisseur paie pour une nue-propriété se négocie autrement, à partir des loyers auxquels il renonce, de la durée et de la qualité du bien. Les deux valeurs ne coïncident pas, et c’est ce qui rend certains montages intéressants ou, au contraire, trop chers. Le service public met en ligne un simulateur officiel du barème.
Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.
Le schéma le plus courant repose sur l’usufruit locatif organisé par les articles L253-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation. Un promoteur vend un logement en deux parts. L’usufruit, établi par convention au profit d’une personne morale pour une durée d’au moins quinze ans, est acquis par un bailleur (souvent un organisme de logement social ou intermédiaire) qui loue le logement et le gère. La nue-propriété est vendue à un investisseur privé, avec une décote qui reflète la valeur de l’usufruit cédé. Les durées proposées vont en général de quinze à vingt ans.
Le bail consenti par l’usufruitier prend fin de plein droit, au plus tard à l’extinction de l’usufruit (article L253-4). La loi organise la sortie :
Vous devenez alors plein propriétaire, sans droits ni impôt (article 1133 du CGI), et pouvez occuper le logement, le louer ou le vendre. L’état dans lequel le bien vous est rendu dépend de la convention : c’est le document à lire avant de signer.
Un capital différé : la décote est la contrepartie des loyers non perçus pendant la durée. L’intérêt de l’opération dépend du rapport entre la décote obtenue et la valeur réelle du bien, de la qualité de l’emplacement dans quinze ou vingt ans, et de la solidité de l’usufruitier. Un programme se juge à ces trois critères, pas au seul pourcentage de décote.
Hypothèses : un logement estimé 300 000 € en pleine propriété ; la nue-propriété est achetée 180 000 €, soit 60 % de la valeur, pour un usufruit de quinze ans ; achat comptant ; frais d’acquisition, fiscalité de revente et inflation laissés de côté. Ce sont des hypothèses de calcul, pas les conditions d’un programme existant.
| Valeur du bien en pleine propriété au bout de quinze ans | Gain brut par rapport aux 180 000 € investis | Taux annuel implicite |
|---|---|---|
| 270 000 € (baisse de 10 %) | 90 000 € | 2,74 % par an |
| 300 000 € (valeur inchangée) | 120 000 € | 3,46 % par an |
| 330 000 € (hausse de 10 %) | 150 000 € | 4,12 % par an |
Lecture : à valeur inchangée, passer de 180 000 € à 300 000 € en quinze ans correspond à un taux annuel composé de 3,46 % ((300 000 / 180 000) puissance 1/15, moins 1), sans impôt sur le revenu pendant la durée. Mais rien de ce résultat n’est garanti : la valeur du logement dans quinze ans dépend du marché local et de l’état du bien, un retournement immobilier peut réduire le gain ou entraîner une perte en capital, et le capital reste immobilisé pendant toute la durée. À titre de comparaison fiscale, le barème de l’article 669 évalue la nue-propriété d’un usufruit de quinze ans à 54 % : une décote de 40 % est donc moins forte que la décote fiscale de 46 %, ce qui n’a rien d’anormal, les deux valeurs ne répondant pas à la même logique.
L’article 31 du CGI admet en déduction des revenus fonciers les intérêts des dettes contractées pour l’acquisition des propriétés, « y compris celles dont le contribuable est nu-propriétaire » lorsque l’usufruit appartient :
Trois conséquences pratiques :
Exemple : un investisseur qui perçoit 12 000 € de loyers d’un autre appartement, loué nu, et paie 5 000 € d’intérêts sur l’emprunt de sa nue-propriété voit ses revenus fonciers nets réduits d’autant (avant ses autres charges), soit 5 000 € de moins imposés au barème et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Sans autres revenus fonciers, les 5 000 € resteraient en report pendant dix ans.
C’est l’usage le plus répandu du démembrement. Le parent donne la nue-propriété d’un bien (résidence, logement locatif, parts de société, contrat de capitalisation) et conserve l’usufruit : il continue d’y vivre ou d’en percevoir les revenus.
NP : nue-propriété ; PP : pleine propriété. Valeur taxable selon le barème de l’article 669 ; abattement de 100 000 € par enfant.
Un parent veuf de 62 ans donne à ses deux enfants la nue-propriété d’un appartement estimé 500 000 €. Aucune donation dans les quinze dernières années. Barème des droits en ligne directe (service-public.gouv.fr) : 5 % jusqu’à 8 072 €, 10 % jusqu’à 12 109 €, 15 % jusqu’à 15 932 €, 20 % jusqu’à 552 324 €, puis 30 %, 40 % et 45 %.
| NP à 62 ans | NP à 72 ans | PP | |
|---|---|---|---|
| Valeur taxable | 60 %, 300 000 € | 70 %, 350 000 € | 100 %, 500 000 € |
| Part de chaque enfant | 150 000 € | 175 000 € | 250 000 € |
| Après abattement | 50 000 € | 75 000 € | 150 000 € |
| Droits par enfant | 8 194,35 € | 13 194,35 € | 28 194,35 € |
| Droits, deux enfants | 16 388,70 € | 26 388,70 € | 56 388,70 € |
Détail pour 50 000 € taxables : 5 % × 8 072 = 403,60 € ; 10 % × 4 037 = 403,70 € ; 15 % × 3 823 = 573,45 € ; 20 % × 34 068 = 6 813,60 € ; total 8 194,35 €. Donner la nue-propriété à 62 ans plutôt qu’à 72 ans économise 10 000 € de droits ; et au décès du parent, aucun droit n’est dû sur la réunion de l’usufruit, même si l’appartement vaut alors 600 000 €. Les frais de notaire de l’acte s’ajoutent. Le calcul inverse se fait sur notre simulateur de droits de succession : ce qui n’est pas donné de son vivant se retrouve dans l’actif successoral.
La donation se fait par acte notarié. Elle peut porter sur un usufruit viager ou temporaire, s’accompagner de clauses (réversion d’usufruit au conjoint, interdiction d’aliéner, droit de retour) et s’inscrire dans une donation-partage. Nous la préparons avec vous et votre notaire.
L’article 1133 du CGI pose la règle : la réunion de l’usufruit à la nue-propriété « ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe » lorsqu’elle a lieu par l’expiration du temps fixé pour l’usufruit ou par le décès de l’usufruitier. C’est vrai pour l’investisseur au terme de l’usufruit temporaire comme pour l’enfant au décès du parent donateur.
Deux limites à connaître :
| Étape | Usufruitier | Nu-propriétaire |
|---|---|---|
| Revenus (loyers) | Imposés chez lui (revenus fonciers ou bénéfices de location meublée) | Aucun revenu, aucune imposition |
| Intérêts d’emprunt | Selon ses propres revenus | Déductibles des revenus fonciers si l’usufruitier est un organisme HLM, une société d’économie mixte ou un organisme agréé (article 31) ; déficit imputable sur les seuls revenus fonciers des dix années suivantes |
| IFI | Déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété (article 968), sauf trois exceptions | Rien à déclarer dans le cas général |
| Taxe foncière | Établie à son nom (article 1400) | Rien |
| Fin de l’usufruit | Réunion de la pleine propriété sans impôt ni taxe (article 1133), au terme ou au décès | |
| Revente | Plus-value immobilière des particuliers, avec des règles propres au démembrement pour le prix et la date d’acquisition retenus : le calcul se fait avant de mettre en vente (voir notre simulateur de plus-value immobilière pour le principe) | |
L’article 968 répartit la valeur entre usufruitier et nu-propriétaire, selon le barème de l’article 669, au lieu de tout imposer à l’usufruitier, lorsque l’usufruit n’a été ni vendu ni donné par son titulaire et qu’il résulte :
Le parent qui donne la nue-propriété à ses enfants n’entre dans aucune de ces exceptions : il continue de déclarer le bien en pleine propriété. Le calcul se vérifie avec notre simulateur d’IFI.
La donation temporaire d’usufruit, en sens inverse (un parent donne l’usufruit d’un bien pour quelques années à un enfant étudiant, par exemple), transfère les revenus et sort le bien de l’assiette IFI du parent pendant la durée ; l’administration en examine la réalité économique.
Le démembrement ne concerne pas que l’immobilier détenu en direct.
| Question | Investir en nue-propriété | Donner la nue-propriété |
|---|---|---|
| Usufruit | Temporaire, quinze ans au moins (personne morale) | Viager en général, parfois temporaire |
| Valeur fiscale de la nue-propriété | 77 %, 54 % ou 31 % selon le nombre de périodes de dix ans | De 10 % à 90 % selon l’âge du donateur |
| Revenus pendant la durée | Aucun | Aucun pour l’enfant ; le parent garde loyers ou usage |
| Charges | Selon la convention, en général à l’usufruitier | Entretien et charges annuelles au parent, grosses réparations à l’enfant sauf convention |
| IFI | Rien à déclarer | Le parent usufruitier déclare la pleine propriété |
| Crédit | Intérêts déductibles des revenus fonciers sous conditions | Sans objet |
| Fin | Pleine propriété sans impôt ni taxe ; procédure de sortie du locataire | Pleine propriété sans droits au décès du parent |
| Principal risque | Valeur du bien à l’échéance, liquidité | Perte de liberté du donateur, présomption de l’article 751 si la donation est mal faite |
Textes lus le 24 octobre 2026 sur Légifrance, versions en vigueur à cette date : article 669 du CGI (barème de l’usufruit) ; article 1133 (réunion sans impôt) ; article 968 (IFI et usufruit) ; article 31 (intérêts du nu-propriétaire) ; article 156 (déficit foncier) ; article 751 (présomption de propriété) ; article 1400 (taxe foncière) ; article 990 I (assurance vie au décès) ; articles 600 à 616 du Code civil (obligations de l’usufruitier) ; articles L253-1 à L253-8 du Code de la construction et de l’habitation (usufruit locatif). Fiches service-public.gouv.fr lues le même jour : Usufruit, nue-propriété, pleine propriété : quelles différences ? (vérifiée le 24 juin 2026) ; Droits de donation (vérifiée le 13 mai 2026 : abattement, barème) ; Droits de succession (vérifiée le 19 août 2026) ; simulateur du barème fiscal de l’usufruit. Les exemples chiffrés sont nos calculs, à partir des hypothèses indiquées ; ils ne constituent ni une offre ni une promesse de résultat. Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avant chaque recommandation, et tout acte de démembrement se rédige avec un notaire.
Le droit de disposer d’un bien (le vendre, le donner, le léguer) sans en avoir l’usage ni les revenus, qui reviennent à l’usufruitier. À la fin de l’usufruit, au terme fixé ou au décès de l’usufruitier, le nu-propriétaire devient plein propriétaire automatiquement.
Fiscalement, selon l’article 669 du CGI : en fonction de l’âge de l’usufruitier pour un usufruit viager (60 % de nue-propriété de 61 à 70 ans révolus, par exemple), ou 23 % d’usufruit par période de dix ans pour un usufruit à durée fixe (54 % de nue-propriété pour quinze ans). Économiquement, le prix d’achat se négocie à partir des loyers auxquels le nu-propriétaire renonce.
Un prix d’achat décoté, aucune gestion ni taxe foncière ni impôt sur le revenu pendant la durée, pas d’IFI, et la pleine propriété récupérée sans impôt au terme. En contrepartie, aucun revenu pendant quinze ans ou plus, un capital immobilisé et un résultat qui dépend de la valeur du bien à l’échéance, avec un risque de perte en capital.
Oui, des revenus fonciers, si l’usufruit appartient à un organisme HLM, à une société d’économie mixte ou à un organisme agréé (article 31 du CGI). Sans autres revenus fonciers, le déficit créé par les intérêts ne s’impute pas sur le revenu global : il se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
La taxe foncière est établie au nom de l’usufruitier, qui paie aussi l’entretien et les charges annuelles ; le nu-propriétaire supporte les grosses réparations (article 606 du Code civil), sauf convention contraire, ce que prévoient en général les programmes d’investissement.
Non, dans le cas général : c’est l’usufruitier qui déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété. La valeur est partagée selon le barème dans trois cas seulement : usufruit légal du conjoint, vente avec réserve d’usufruit à un tiers, don à l’État, une collectivité ou une association reconnue d’utilité publique.
L’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans impôt ni taxe (article 1133 du CGI), même si le bien a pris de la valeur. Si la nue-propriété a été acquise auprès du défunt sans donation régulière faite plus de trois mois avant le décès, la présomption de l’article 751 peut réintégrer le bien dans la succession.
Le bail prend fin au plus tard à l’extinction de l’usufruit. Six mois avant, le nu-propriétaire propose un nouveau bail ou donne congé pour vendre ou occuper ; trois mois avant, l’usufruitier propose un relogement au locataire qui y a droit. Le locataire qui refuse les deux perd tout titre d’occupation.
Oui, avec l’accord de l’usufruitier et du nu-propriétaire ; le prix se répartit selon la valeur de chaque droit, ou se remploie dans un autre bien démembré, selon ce qui est convenu. Le nu-propriétaire peut aussi vendre seul sa nue-propriété, mais les acheteurs sont rares.
Les deux répondent à des besoins différents : la nue-propriété transmet un bien précis en gardant l’usage, l’assurance vie transmet un capital avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du Code général des impôts ; les primes versées après 70 ans relèvent de l’article 757 B). Une transmission bien construite les combine souvent.
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