
Le démembrement est un outil de droit civil avant d’être un produit. Il sert un investisseur qui n’a pas besoin de revenus aujourd’hui, et un parent qui veut transmettre sans se dépouiller. Nous l’utilisons quand il répond à l’un de ces deux besoins, pas autrement.

L’achat de la nue-propriété d’un logement dont l’usufruit est confié à un bailleur pour quinze à vingt ans repose sur trois choses : l’emplacement, la qualité de l’usufruitier et le prix de la nue-propriété rapporté à la valeur réelle du bien. Nous analysons ces trois points, programme par programme, avant de vous en proposer un.
Donner la nue-propriété d’un bien à ses enfants en conservant l’usufruit réduit les droits de donation à la seule valeur de la nue-propriété, et transmet le bien sans droits supplémentaires au décès. Nous calculons avec vous et votre notaire ce que le montage coûte et ce qu’il économise, avec les abattements disponibles.
IFI, revenus, plus-value à la sortie, droits de donation, réunion de la pleine propriété : chaque étape du démembrement a sa fiscalité. Nous établissons le calcul complet sur la durée, dans l’étude écrite qui vous est remise.
Le démembrement se combine avec l’assurance vie (clause bénéficiaire démembrée), le contrat de capitalisation, les parts de sociétés. Nous vérifions que le montage s’insère dans votre stratégie globale et nous le suivons dans le temps.

Deux usages principaux, deux profils.
Acquérir la nue-propriété d’un logement neuf pour quinze à vingt ans, sans loyer à gérer, sans impôt sur des revenus qu’on ne perçoit pas, et récupérer la pleine propriété au terme.
L’investissement →TransmettreDonner la nue-propriété de sa résidence ou d’un bien locatif à ses enfants, en gardant l’usage ou les loyers, avec des droits calculés sur une fraction de la valeur.
La donation →OptimiserLe nu-propriétaire ne déclare pas le bien à l’IFI ; au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue sans droits.
La fiscalité →Le démembrement de propriété est l’un des outils les plus anciens et les plus efficaces du droit patrimonial français. Il sert autant l’investisseur qui prépare des revenus futurs que la famille qui organise sa transmission. Ce guide en explique la mécanique, la fiscalité à chaque étape, et les précautions.
Le Code civil décompose la propriété en trois attributs : l’usus (utiliser le bien), le fructus (en percevoir les fruits, c’est-à-dire les loyers) et l’abusus (en disposer, le vendre, le transformer).
| Usufruitier | Nu-propriétaire | |
|---|---|---|
| Droits | Occuper le bien ou le louer, percevoir les loyers, pendant la durée de l’usufruit | Disposer du bien (le vendre, le donner) sous réserve de l’usufruit ; devenir plein propriétaire à la fin de l’usufruit |
| Charges | Entretien courant, réparations d’entretien, taxe foncière, charges de copropriété courantes | Grosses réparations (gros murs, voûtes, toiture entière, poutres) au sens de l’article 606 du Code civil |
| Fin | Au décès (usufruit viager) ou au terme fixé (usufruit temporaire) | Réunion de la pleine propriété, automatique et sans formalité |
L’usufruit peut être viager (il dure jusqu’au décès de l’usufruitier, cas de la donation avec réserve d’usufruit ou de la succession du conjoint) ou temporaire (durée fixée à l’avance, cas de l’investissement en nue-propriété ou d’une donation temporaire d’usufruit). Les deux parties peuvent convenir d’une répartition des charges différente de la loi ; c’est ce que font les conventions de démembrement des programmes d’investissement.
Pour calculer les droits de donation, de succession ou d’enregistrement, la loi fixe la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété en fraction de la pleine propriété.
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans révolus | 90 % | 10 % |
| Moins de 31 ans révolus | 80 % | 20 % |
| Moins de 41 ans révolus | 70 % | 30 % |
| Moins de 51 ans révolus | 60 % | 40 % |
| Moins de 61 ans révolus | 50 % | 50 % |
| Moins de 71 ans révolus | 40 % | 60 % |
| Moins de 81 ans révolus | 30 % | 70 % |
| Moins de 91 ans révolus | 20 % | 80 % |
| 91 ans révolus et plus | 10 % | 90 % |
L’usufruit à durée fixe est évalué à 23 % de la pleine propriété par période de dix ans, sans fraction et sans pouvoir dépasser la valeur de l’usufruit viager de l’usufruitier. Un usufruit de quinze ans vaut donc 46 %, la nue-propriété 54 %.
Ce barème est fiscal : il sert au calcul des droits. La valeur économique, celle qu’un investisseur paie pour une nue-propriété, se calcule autrement, à partir des loyers auxquels il renonce et de la durée ; les deux ne coïncident pas, et c’est précisément ce qui rend certains montages intéressants.
Le schéma le plus courant : un promoteur vend un logement neuf en deux parts. L’usufruit temporaire, pour quinze à vingt ans, est acheté par un bailleur institutionnel ou social, qui loue le logement et le gère. La nue-propriété est vendue à un investisseur privé, avec une décote qui reflète la valeur de l’usufruit cédé.
L’usufruit s’éteint et vous devenez plein propriétaire, sans frais ni droits, d’un bien en principe remis en état par l’usufruitier selon la convention. Vous pouvez alors l’occuper, le louer ou le vendre. La plus-value éventuelle à la revente se calcule sur le prix payé pour la nue-propriété, avec les abattements pour durée de détention décomptés depuis l’acquisition de la nue-propriété.
Un capital différé : la décote est la contrepartie des loyers non perçus pendant la durée. L’intérêt dépend donc du rapport entre la décote obtenue et la valeur réelle du bien, de la qualité de l’emplacement dans quinze ans, et de la solidité de l’usufruitier. Un programme se juge à ces trois critères.
C’est l’usage le plus répandu du démembrement. Le parent donne la nue-propriété d’un bien (résidence, logement locatif, parts de société, portefeuille) et conserve l’usufruit : il continue d’y vivre ou d’en percevoir les revenus.
La donation se fait par acte notarié. Elle peut porter sur un usufruit viager ou temporaire, s’accompagner de clauses (réversion d’usufruit au conjoint, interdiction d’aliéner, droit de retour), et se combiner avec une donation-partage. Nous la préparons avec vous et votre notaire.
| Étape | Usufruitier | Nu-propriétaire |
|---|---|---|
| Revenus (loyers) | Imposés chez lui (revenus fonciers ou BIC) | Aucun revenu, aucune imposition |
| IFI | Déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété, sauf cas particuliers (usufruit légal du conjoint survivant, certains démembrements par vente) | Rien à déclarer, dans le cas général |
| Taxe foncière | À sa charge | Rien |
| Fin de l’usufruit | Réunion de la pleine propriété exonérée de droits (article 1133 du CGI), qu’il s’agisse d’un décès ou d’un terme | |
| Revente de la pleine propriété reconstituée | Plus-value calculée à partir du prix d’acquisition de la nue-propriété (ou de sa valeur dans la donation), abattements pour durée de détention décomptés depuis cette date | |
La donation temporaire d’usufruit, en sens inverse (un parent donne l’usufruit d’un bien pour quelques années à un enfant étudiant, par exemple), sort le bien de l’IFI du parent et transfère les revenus à l’enfant, moins imposé ; l’administration en vérifie la réalité économique.
Le démembrement ne concerne pas que l’immobilier en direct.
Règles lues le 15 septembre 2026 : Usufruit, nue-propriété, pleine propriété : quelles différences ? (service-public.gouv.fr) ; Simulateur du barème fiscal de l’usufruit et de la nue-propriété (service-public.gouv.fr, vérifié le 14 octobre 2025) ; articles 578 et 605 à 606 du Code civil ; articles 669, 779, 968 et 1133 du Code général des impôts ; Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (service-public.gouv.fr). Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avant chaque recommandation, et tout acte de démembrement se rédige avec un notaire.

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)
Mis à jour le 15 septembre 2026Chaque enveloppe a sa fiscalité, sa liquidité et son horizon. Nous construisons l’allocation d’ensemble, puis nous choisissons les supports, sans produit maison.

Le droit de disposer d’un bien sans en avoir l’usage ni les revenus, qui reviennent à l’usufruitier. À la fin de l’usufruit, le nu-propriétaire devient plein propriétaire automatiquement.
Fiscalement, selon le barème de l’article 669 du CGI : en fonction de l’âge de l’usufruitier pour un usufruit viager (par exemple 60 % de nue-propriété entre 61 et 70 ans), ou 23 % d’usufruit par période de dix ans pour un usufruit temporaire. Économiquement, à partir des loyers auxquels le nu-propriétaire renonce.
Un prix d’achat décoté, aucune gestion ni charge ni impôt sur le revenu pendant la durée, pas d’IFI, et la pleine propriété récupérée sans frais au terme. En contrepartie, aucun revenu pendant quinze à vingt ans et un capital immobilisé.
L’absence de revenus et de liquidité pendant la durée, la dépendance à l’usufruitier pour l’entretien, un marché de revente de la nue-propriété étroit, et un résultat final qui dépend du marché immobilier à l’échéance.
L’usufruitier paie la taxe foncière, les charges courantes et les réparations d’entretien ; le nu-propriétaire les grosses réparations (article 606 du Code civil), sauf convention contraire, ce que prévoient les programmes d’investissement.
Non, dans le cas général : c’est l’usufruitier qui déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété. Des exceptions existent, notamment lorsque le démembrement résulte de la succession du conjoint ou d’une vente avec réserve d’usufruit.
L’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droits de succession ni formalité (article 1133 du CGI), y compris si le bien a pris de la valeur.
Oui, mais avec l’accord de l’usufruitier et du nu-propriétaire ; le prix se répartit selon la valeur de chaque droit, ou se remploie dans un autre bien démembré, selon ce qui est convenu.
Les deux répondent à des besoins différents : la nue-propriété transmet un bien précis en gardant l’usage, l’assurance vie transmet un capital hors succession avec 152 500 € d’abattement par bénéficiaire. Une transmission bien construite les combine souvent.
Le socle de l’épargne : supports diversifiés, fiscalité allégée après huit ans, clause bénéficiaire.
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