Chefs d’entreprise·Trésorerie d’entreprise

Trésorerie d’entreprise : placer les excédents sans risquer l’exploitation

Une trésorerie qui dort coûte de la valeur. La placer demande d’abord de séparer ce qui sert l’exploitation de ce qui peut être immobilisé, puis d’échelonner les supports par horizon, avec la fiscalité de l’impôt sur les sociétés.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 24 octobre 2026 · Sources officielles citées
⏱ L’essentiel en 30 secondes

Placer la trésorerie de votre société ?

🎯

Pour qui

  • Votre société dégage des excédents
  • Vous voulez qu’ils travaillent sans risquer l’exploitation
  • Vous êtes dirigeant de PME ou de holding
✅

Ce que ça vous apporte

  • Des supports choisis selon l’horizon de chaque poche
  • Du compte à terme au contrat de capitalisation
  • Une trésorerie qui travaille au lieu de dormir
⚠️

À savoir avant

  • Seule la trésorerie vraiment excédentaire se place
  • Les revenus sont soumis à l’impôt sur les sociétés
  • Le placement doit respecter l’objet social et l’intérêt de la société
💬

Notre avis

On sépare d’abord ce qui sert l’exploitation de ce qui peut attendre, puis on place chaque poche selon son horizon, avec votre expert-comptable.

En parler avec un conseiller →

Trois poches, trois horizons

On ne place pas « la trésorerie » : on place l’excédent qui reste une fois l’exploitation et la précaution servies. La méthode commence par un diagnostic, pas par un produit.

La trésorerie d’exploitation

Ce qu’il faut pour payer salaires, fournisseurs, charges et TVA sur les prochains mois. Elle reste sur le compte courant ou en placement à vue.

L’excédent durable

Ce que l’entreprise n’utilisera pas avant trois ans : contrat de capitalisation, fonds diversifiés, immobilier via la société. Rendement contre horizon.

Exploitationjamais placéePrécautioncourt termeExcédent durablelong terme

La précaution

Une réserve pour les à-coups : comptes à terme, fonds monétaires. Disponible à court terme, capital garanti sur les comptes à terme, très faible risque mais sans garantie sur les fonds monétaires, rendement proche des taux courts.

La fiscalité

Les produits sont imposés à l’impôt sur les sociétés : 25 %, ou 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME. Les fonds et le contrat de capitalisation peuvent être imposés chaque année, même sans rachat.

Prendre rendez-vous

Quatre placements pour une société

Du plus court au plus long.

Compte à terme

Taux fixé à l’ouverture, durée de quelques mois à quelques années, sortie anticipée pénalisée : la base de la poche de précaution.

Fonds monétaire

Liquidité quotidienne, rendement proche du taux court, sans engagement de durée.

Contrat de capitalisation

L’enveloppe de long terme des personnes morales : fonds en euros et unités de compte, imposition annuelle possible sur un rendement forfaitaire, rachats selon le contrat.

Immobilier via la société

Locaux d’exploitation, parts de sociétés immobilières, usufruit temporaire : un actif de long terme, à la fiscalité de l’IS.

Quel placement pour quel horizon ?

CritèreMoins d’un an1 à 3 ansPlus de 3 ans
PlacementCompte à terme, fonds monétaireComptes à terme longs, fonds obligatairesContrat de capitalisation, fonds diversifiés, immobilier
LiquiditéImmédiate ou à terme courtÀ termeFaible, rachats possibles
RisqueTrès faibleFaibleMarchés
FiscalitéIS sur les intérêtsISIS, rendement forfaitaire possible (art. 238 septies E)
RôlePrécautionProjets identifiésExcédent durable

entreprendre.service-public.gouv.fr (impôt sur les sociétés, F23575), Code général des impôts (articles 209-0 A, 219 et 238 septies E). Règles 2026, vérifiées le 24 octobre 2026. Aucun taux de placement cité.

La trésorerie d’entreprise avec OP-Invests

Un dirigeant qui place la trésorerie de sa société engage sa responsabilité : le placement doit rester cohérent avec l’activité, liquide quand il le faut, et lisible dans les comptes. Nous partons de là.

Trois poches, pas une

Le besoin en fonds de roulement et une réserve de sécurité restent disponibles ; l’excédent prévisible à douze ou vingt-quatre mois va sur des supports à capital garanti ou faible risque ; l’excédent durable, celui qu’aucun investissement ni distribution ne mobilisera, peut aller vers des placements de long terme. Nous construisons ce découpage avec vous et votre expert-comptable, à partir de votre plan de trésorerie.

Des supports pour personne morale

Comptes à terme, fonds monétaires et obligataires, contrat de capitalisation, usufruit temporaire de parts, produits structurés, immobilier via une société dédiée : chaque support a son traitement comptable et fiscal à l’IS. Nous sélectionnons ceux qui conviennent à votre société et nous vous en expliquons l’imposition.

La cohérence juridique

Objet social, pouvoirs du dirigeant, conventions réglementées, intérêt social, traitement d’une holding animatrice ou non : un placement de trésorerie s’inscrit dans un cadre. Nous vérifions ce cadre avant d’agir, avec vos conseils habituels.

Le suivi

Échéances des comptes à terme, valeurs liquidatives, revenus à comptabiliser, écarts imposables à chaque clôture : nous suivons les placements et nous transmettons à votre expert-comptable les éléments nécessaires à chaque arrêté des comptes.

Prendre rendez-vous

Placer sa trésorerie pour quel objectif ?

Trois situations fréquentes, trois réponses différentes.

Le placement de trésorerie, en bref

En bref
  • Seule la trésorerie excédentaire se place : celle qui dépasse le besoin en fonds de roulement, la réserve de sécurité et les investissements prévus.
  • Les supports s’échelonnent par horizon : comptes à terme et fonds monétaires à court terme ; comptes à terme longs et fonds obligataires à moyen terme ; contrat de capitalisation, fonds diversifiés et titres en direct pour l’excédent durable.
  • Les revenus sont imposés à l’impôt sur les sociétés au taux de 25 %, ou 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent les conditions (CGI, art. 219).
  • Deux régimes surprennent : les parts de fonds (OPC) sont imposées chaque année sur la hausse de leur valeur liquidative, même sans vente (art. 209-0 A), et un contrat de capitalisation détenu par une société peut être imposé chaque année sur un rendement forfaitaire (art. 238 septies E).
  • Les dépôts d’une société, comptes à terme compris, sont garantis jusqu’à 100 000 € par établissement bancaire (FGDR) ; au-delà, on répartit entre banques.
  • Le placement doit respecter l’objet social, l’intérêt de la société et les pouvoirs du dirigeant.

Beaucoup de PME conservent des excédents importants sur un compte courant non rémunéré, par prudence ou faute de temps. Une méthode simple permet de les rémunérer sans risquer l’exploitation. Ce guide la décrit, passe en revue les supports et leur fiscalité, et termine par un exemple chiffré.

Par où commencer : la méthode

  1. Mesurer l’excédent : trésorerie moyenne sur douze mois, point bas saisonnier, échéances (impôts, TVA, dividendes, investissements, remboursements d’emprunt), besoin en fonds de roulement. L’excédent plaçable est ce qui reste au-dessus du point bas augmenté d’une marge de sécurité.
  2. Découper par horizon : ce qui doit rester disponible à tout moment, ce qui est disponible à six ou douze mois, ce qui sert un projet identifié à deux ou trois ans, ce qui n’a pas d’emploi prévisible.
  3. Choisir les supports poche par poche, en commençant par le moins risqué.
  4. Vérifier le cadre : statuts, objet social, décision de gestion, éventuelle convention réglementée, position de l’expert-comptable et du commissaire aux comptes.
  5. Suivre : échéances, revenus, traitement comptable et fiscal à chaque clôture, révision du découpage chaque année.

Le plan de trésorerie prévisionnel est l’outil de base : sans lui, on place trop (et l’on doit casser un placement au mauvais moment) ou trop peu (et la trésorerie dort).

L’ordre de priorité du dirigeant

Avant de choisir un produit, il faut ranger les usages de la trésorerie. Notre ordre, du plus impératif au plus libre :

  1. L’exploitation : salaires, fournisseurs, charges sociales, TVA, impôts. Cette somme reste sur le compte courant, sans exception. Placer de la trésorerie d’exploitation, c’est risquer un découvert coûteux pour gagner quelques intérêts.
  2. La précaution : quelques mois de charges fixes pour absorber un retard client ou une baisse d’activité. Elle doit être disponible rapidement, sans perte : compte à terme à échéance courte, compte rémunéré, fonds monétaire.
  3. Les échéances connues : un investissement, un remboursement d’emprunt, un dividende voté. On place jusqu’à la date, pas au-delà, sur un support dont l’échéance est calée sur elle.
  4. Le désendettement envers les associés : si le dirigeant a prêté de l’argent à sa société, rembourser son compte courant d’associé n’est pas imposable pour lui (seuls les intérêts le sont) et peut être plus utile que de placer cette somme dans la société.
  5. L’excédent durable : ce que la société ne mobilisera pas avant plusieurs années. Lui seul peut supporter des supports plus longs ou plus risqués.

Cet ordre se confronte ensuite à une question patrimoniale : faut-il garder cet excédent dans la société, le distribuer, ou le remonter dans une holding ? La réponse dépend autant de la fiscalité du dirigeant que de celle de l’entreprise.

Votre situation mérite une réponse précise

Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

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Les placements à court terme : comptes à terme et fonds monétaires

SupportPrincipePoints d’attention
Compte à termeDépôt bloqué pour une durée fixée, à un taux connu à l’ouverture, capital remboursé à l’échéance ; sortie anticipée possible selon le contrat, en général avec une réduction du taux servi.Comparer les taux entre banques ; échelonner les échéances ; lire les conditions de sortie anticipée.
Fonds monétairesFonds investis en instruments de créance à très court terme, liquidité en principe quotidienne, rendement proche du taux du marché monétaire.Rendement variable avec les taux directeurs ; faible risque mais pas de garantie ; hausse de valeur imposée chaque année.
Comptes rémunérés d’entrepriseDisponibilité immédiate, taux fixé par la banque, souvent faible ou promotionnel.Vérifier les conditions après la période promotionnelle.

La garantie des dépôts

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre les dépôts jusqu’à 100 000 € par client et par établissement bancaire, et cite expressément le compte courant, le compte de dépôt à vue et le compte à terme. Les sociétés commerciales sont couvertes ; seuls certains clients sont exclus (États et collectivités, entreprises du secteur financier, compagnies d’assurance). L’indemnisation intervient dans un délai maximal de sept jours ouvrables. Tous les dépôts d’une même société dans une même banque s’additionnent : au-delà de 100 000 €, répartir entre plusieurs établissements réduit le risque de contrepartie.

Les fonds monétaires

Le règlement européen (UE) 2017/1131 encadre les fonds monétaires : ils doivent être agréés comme tels et appartiennent à l’un de trois types (valeur liquidative variable, valeur liquidative constante de dette publique, valeur liquidative à faible volatilité). Leur objectif de préservation de la valeur n’est pas une garantie : les documents commerciaux doivent indiquer « le fait que le fonds monétaire n’est pas un investissement garanti » (art. 36). Ils ne relèvent pas de la garantie des dépôts.

Ces supports conviennent à la poche de précaution et aux échéances à moins d’un an. Leur rendement suit les taux courts : élevé quand les taux directeurs sont hauts, faible quand ils baissent.

Les placements à moyen et long terme

SupportPrincipePoints d’attention
Comptes à terme longsMême principe que les comptes à terme courts, sur plusieurs années, taux fixe ou progressif.Capital immobilisé ; conditions de sortie anticipée ; garantie des dépôts limitée par établissement.
Fonds obligataires, fonds datésPortefeuilles d’obligations d’entreprises ou d’États, à échéance définie ou non.Risque de taux et de crédit ; horizon à respecter pour les fonds datés ; écart de valeur liquidative imposé chaque année.
Contrat de capitalisationEnveloppe d’assurance investie en fonds en euros et unités de compte, ouverte aux personnes morales selon les assureurs.Acceptation par l’assureur ; frais ; imposition annuelle possible sur un rendement forfaitaire ; voir notre page contrat de capitalisation.
Usufruit temporaire de parts de sociétés immobilièresLa société achète l’usufruit de parts pour quelques années et perçoit les revenus ; l’usufruit s’amortit comptablement.Capital non récupéré au terme (c’est le principe) ; durée, prix et amortissement de l’usufruit à étudier au cas par cas.
Produits structurésRendement conditionnel avec protection du capital partielle ou totale.Complexité, risque d’émetteur ; voir notre page produits structurés.
Fonds diversifiés, ETF, private equityExposition aux marchés pour une trésorerie sans emploi à long terme.Volatilité comptabilisée chaque année ; cohérence avec l’objet social ; risque de perte en capital.

Détenir des titres en direct

Une société peut aussi détenir des obligations ou des actions en direct, sur un compte-titres ouvert à son nom. Trois traitements coexistent :

  • Obligations : les intérêts sont des produits imposables à l’IS au fil de l’exercice ; une obligation achetée nettement en dessous de sa valeur de remboursement peut relever du régime des primes de remboursement (art. 238 septies E), qui étale le gain sur la durée.
  • Actions de placement : dividendes et plus-values de cession sont compris dans le résultat imposable à l’IS ; la moins-value latente peut donner lieu à une dépréciation comptable.
  • Titres de participation : lorsque la société détient une participation durable dans une autre (le terrain de la holding), les plus-values de cession relèvent d’un régime de faveur qui n’en impose qu’une quote-part de frais et charges de 12 % (art. 219, I, a quinquies), sous les conditions du texte, et les dividendes peuvent relever du régime mère-fille.

Pour une PME dont la trésorerie n’est pas l’activité, les titres en direct demandent un suivi que les fonds et le contrat de capitalisation assurent à sa place. Ils se justifient surtout pour une trésorerie importante et durable, ou dans une holding.

Quelle fiscalité pour les placements d’une société à l’IS ?

Le taux de l’impôt sur les sociétés

Les revenus et plus-values des placements entrent dans le résultat imposable. Le taux normal est de 25 %. Le taux réduit de 15 % s’applique dans la limite de 42 500 € de bénéfice par période de douze mois aux sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu de manière continue pour 75 % au moins par des personnes physiques ou par une société qui remplit les mêmes conditions (CGI, art. 219 ; entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifié le 17 février 2026). Pour une PME dont le bénéfice dépasse déjà 42 500 €, chaque euro de revenu de placement supplémentaire est donc imposé à 25 %.

Trois régimes à connaître

  • Parts de fonds (OPC) : à chaque clôture, la société évalue ses parts à leur valeur liquidative et l’écart de l’exercice entre dans son résultat imposable, même si elle n’a rien vendu (art. 209-0 A). Les fonds investis de façon constante pour 90 % au moins en actions de sociétés de l’Union soumises à l’IS échappent à cette règle, sous conditions. Les fonds monétaires et obligataires y sont donc soumis : leur hausse de valeur est imposée année après année, comme un intérêt.
  • Contrat de capitalisation : l’article 238 septies E vise les contrats « d’emprunt ou de capitalisation ». Lorsque la prime (l’écart entre ce que la société recevra et ce qu’elle a versé) excède 10 % du prix d’acquisition, elle est rattachée chaque année au résultat selon un taux actuariel. Si le contrat rend aléatoire la valeur de remboursement, ce taux est fixé à 105 % du dernier taux mensuel des emprunts d’État à long terme connu lors de la souscription, en retenant la date de remboursement la plus éloignée prévue au contrat. La société peut ainsi être imposée sur un rendement forfaitaire même une année où le contrat a peu rapporté. Le traitement exact d’un contrat se valide avec l’assureur et l’expert-comptable.
  • Titres de participation : quote-part de 12 % sur les plus-values de cession (art. 219, I, a quinquies) ; c’est le domaine de la holding.

Le choix du support se fait donc sur le rendement net d’IS, comptabilité comprise ; l’expert-comptable est associé à la décision.

Les risques et la liquidité

SupportDisponibilitéPrincipal risque
Compte courant, compte rémunéréImmédiateDéfaillance de la banque au-delà de 100 000 € par établissement
Compte à termeÀ l’échéance ; avant, selon le contrat, avec réduction de tauxIdem, et taux figé si les taux montent
Fonds monétaireEn principe quotidienneBaisse de valeur, faible mais possible ; pas de garantie
Fonds obligataireQuotidienne à hebdomadaire selon le fondsBaisse de valeur si les taux montent ou si des émetteurs font défaut
Contrat de capitalisationRachat possible, selon les conditions du contratPerte en capital sur les unités de compte ; frais ; imposition annuelle forfaitaire
Actions, fonds diversifiés, private equityVariable ; nulle pour le non cotéPerte en capital, volatilité comptabilisée

À ces risques financiers s’ajoutent trois risques propres à l’entreprise :

  • Le risque de liquidité : devoir sortir d’un placement au mauvais moment, avec pénalité ou moins-value, parce que la trésorerie d’exploitation a été mal estimée.
  • Le risque comptable : une baisse de valeur se lit dans les comptes (dépréciation, écart de valeur liquidative), et donc chez le banquier et les partenaires de la société.
  • Le risque juridique : un placement étranger à l’objet social ou contraire à l’intérêt de la société engage la responsabilité du dirigeant. Plus le placement est risqué, plus la décision doit être documentée.

Exemple chiffré : une PME avec 700 000 € de trésorerie

Les taux qui suivent sont des hypothèses, choisies pour illustrer le mécanisme fiscal ; ce ne sont ni des taux de marché ni une promesse de rendement. Une PME dispose de 700 000 € de trésorerie et son bénéfice dépasse déjà 42 500 € : ses revenus de placement sont imposés à 25 %.

PocheMontantSupport
Exploitation (point bas et trois mois de charges)300 000 €Compte courant
Échéances des douze prochains mois150 000 €Fonds monétaire
Investissement prévu dans deux ans100 000 €Compte à terme de deux ans
Excédent durable150 000 €Contrat de capitalisation
Total700 000 €
  • Compte à terme : 100 000 € à 2 % (hypothèse) rapportent 2 000 € d’intérêts par an ; IS à 25 % : 500 € ; net : 1 500 €. Si la société relevait du taux réduit de 15 % sur cette part de bénéfice, l’IS serait de 300 €.
  • Fonds monétaire : si sa valeur liquidative progresse de 2,5 % sur l’exercice (hypothèse), l’écart de 3 750 € entre dans le résultat imposable, même sans rachat ; IS : 937,50 €.
  • Contrat de capitalisation : si le dernier taux mensuel des emprunts d’État connu à la souscription est de 3 % (hypothèse) et que le régime de l’article 238 septies E s’applique, le taux retenu est de 105 % × 3 % = 3,15 % ; la société rattache 150 000 × 3,15 % = 4 725 € à son résultat la première année, soit 1 181,25 € d’IS, quel que soit le rendement réel ; la deuxième année, la base est calculée sur le capital majoré (154 725 €) : 4 873,84 €.

Le calcul montre trois choses : la fiscalité de l’IS s’applique à tous les supports ; certains supports sont imposés sans que la société encaisse quoi que ce soit ; et le choix entre eux se fait sur le net d’impôt, à horizon comparable, avec l’expert-comptable.

Holding, SCI, profession libérale : les cas particuliers

  • Holding : la trésorerie remontée des filiales (dividendes sous régime mère-fille) peut être placée à long terme, la holding n’ayant pas de besoin d’exploitation ; le contrat de capitalisation et les fonds y trouvent naturellement leur place. Voir notre page holding patrimoniale.
  • SCI à l’IR : les placements sont imposés entre les mains des associés ; une SCI à l’IS suit les règles ci-dessus.
  • Sociétés d’exercice libéral et petites sociétés : la question se pose souvent en comparaison avec une distribution ou une rémunération, dont la fiscalité personnelle du dirigeant décide ; le placement en société n’est pas toujours la meilleure réponse.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Placer une trésorerie dont l’entreprise aura besoin, et devoir sortir au mauvais moment avec pénalité ou moins-value.
  • Choisir un support pour son rendement sans en comprendre le traitement comptable et fiscal, notamment l’imposition annuelle des fonds et du contrat de capitalisation.
  • Dépasser le cadre de l’objet social ou des pouvoirs du dirigeant.
  • Laisser plus de 100 000 € dans une seule banque sans l’avoir décidé.
  • Oublier que placer en société ne règle pas la question de la fiscalité à la sortie vers le dirigeant.
  • Laisser des années durant des excédents importants non rémunérés.

Sources et textes de référence

Règles lues le 24 octobre 2026 : article 219 du code général des impôts (taux de l’IS, titres de participation) ; article 238 septies E (contrats de capitalisation, primes de remboursement) ; article 209-0 A (parts d’OPC) ; Impôt sur les sociétés (entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifié le 17 février 2026) ; garantie des dépôts (Fonds de garantie des dépôts et de résolution) ; règlement (UE) 2017/1131 sur les fonds monétaires (eur-lex.europa.eu). L’exemple chiffré repose sur des hypothèses. Ces règles évoluent : elles sont vérifiées avec votre expert-comptable avant chaque placement.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 24 octobre 2026
Où placer l’excédent de trésorerie de son entreprise ?

Par horizon : comptes à terme et fonds monétaires pour ce qui est disponible à moins d’un an, comptes à terme longs et fonds obligataires à moyen terme, contrat de capitalisation ou fonds diversifiés pour la trésorerie durable. Le découpage précède le choix des supports.

Qu’est-ce qu’un placement de trésorerie ?

L’emploi rémunéré, sur des supports financiers, de la trésorerie dont l’entreprise n’a pas besoin pour son exploitation, en respectant sa liquidité, son cadre juridique et sa fiscalité.

Quel placement rapporte 10 % par an ?

Aucun placement de trésorerie sans risque. Un rendement de cet ordre suppose des actifs risqués (actions, non coté, dette de promotion) que seule une trésorerie durable, sans emploi prévu, peut supporter, en proportion limitée.

Où placer 100 000 € de trésorerie en préservant le capital ?

Sur des comptes à terme échelonnés et des fonds monétaires. Les dépôts, comptes à terme compris, sont garantis jusqu’à 100 000 € par client et par établissement bancaire ; les fonds monétaires ne sont pas garantis. Le rendement suit les taux courts du moment.

Une société peut-elle souscrire une assurance vie ?

Pas pour placer sa trésorerie : l’assurance vie repose sur la vie d’une personne physique. Pour placer, une société souscrit un contrat de capitalisation, sous réserve de l’acceptation de l’assureur ; il peut être imposé chaque année sur un rendement forfaitaire (CGI, art. 238 septies E).

Comment sont imposés les placements d’une société ?

À l’impôt sur les sociétés, au taux de 25 % (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice sous conditions), avec des règles particulières : imposition annuelle de la hausse de valeur des fonds (art. 209-0 A), régime du contrat de capitalisation (art. 238 septies E), titres de participation (art. 219).

Les comptes à terme d’une entreprise sont-ils garantis ?

Oui, par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, jusqu’à 100 000 € par client et par établissement bancaire, tous comptes de la société dans la banque additionnés. Au-delà, il faut répartir entre plusieurs banques.

Vaut-il mieux placer en société ou distribuer ?

Cela dépend de la fiscalité personnelle du dirigeant, des besoins de l’entreprise et du projet à long terme (holding, transmission). Rembourser d’abord un compte courant d’associé est souvent une étape utile. C’est une décision patrimoniale d’ensemble, que nous étudions avec vous et votre expert-comptable.

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