Chefs d’entreprise·Holding patrimoniale

Holding patrimoniale : détenir, réinvestir et transmettre par une société

Une société dont l’objet est de détenir les titres d’autres sociétés et un patrimoine : elle permet de réinvestir les résultats avec une fiscalité allégée, d’organiser la détention familiale et de préparer la transmission.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 24 octobre 2026 · Sources officielles citées
⏱ L’essentiel en 30 secondes

Une holding est-elle faite pour vous ?

🎯

Pour qui

  • Vous détenez une ou plusieurs sociétés
  • Vous préparez une cession ou une transmission
  • Vous voulez réinvestir vos dividendes
✅

Ce que ça vous apporte

  • Des dividendes des filiales reçus presque sans impôt (régime mère-fille)
  • L’apport-cession pour différer l’impôt sur une vente
  • Une transmission organisée, pacte Dutreil compris
⚠️

À savoir avant

  • Des coûts de constitution et de fonctionnement chaque année
  • Une complexité juridique et comptable
  • Sans projet précis, l’intérêt est faible
💬

Notre avis

La holding sert un projet : réinvestir, céder ou transmettre. Sans l’un de ces trois, elle coûte plus qu’elle ne rapporte. Nous le vérifions avec vos conseils.

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Détenir, réinvestir, transmettre

Une société qui détient vos titres et vos actifs à la place de vous : les revenus remontent presque sans impôt, se réinvestissent, et la transmission s’organise sur des parts plutôt que sur des biens.

Le régime mère-fille

Les dividendes reçus des filiales détenues à 5 % au moins sont exonérés à 95 % : seule une quote-part de 5 % est imposée. L’argent se réinvestit sans passer par la flat tax.

Le pacte Dutreil

Transmettre des parts d’une société opérationnelle avec 75 % d’exonération de droits, contre un engagement collectif de deux ans puis individuel de six ans (pour les transmissions depuis le 21 février 2026), et une fonction de direction pendant l’engagement collectif et les trois ans qui suivent la transmission.

Détenirapport des titresRéinvestirmère-fille, apport-cessionTransmettreDutreil, donation

L’apport-cession

Apporter ses titres à la holding avant de vendre place la plus-value en report d’imposition (article 150-0 B ter), à condition de réinvestir au moins 70 % du produit dans une activité économique sous trois ans (règles en vigueur depuis le 21 février 2026).

Les coûts

Comptabilité, juridique, obligations déclaratives, frottement fiscal quand l’argent doit ressortir : une holding se justifie par un projet de réinvestissement ou de transmission, pas par principe.

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Quatre usages d’une holding

Chaque usage a sa fiscalité et son calendrier.

Détenir

Regrouper les participations, piloter la gouvernance, isoler les risques.

Réinvestir

Faire tourner les résultats d’une société à l’autre presque sans impôt, financer une acquisition ou un immeuble.

Transmettre

Donner des parts de holding, avec Dutreil et démembrement : la transmission d’un patrimoine professionnel en une seule ligne.

Piloter

Intégration fiscale, conventions de trésorerie, rémunération du dirigeant : les outils d’un groupe, même petit.

Détenir en direct ou via une holding ?

CritèreHolding à l’ISDétention directe
DividendesQuote-part de 5 % imposéeFlat tax 31,4 %
Cession de l’entrepriseReport d’imposition si 70 % réinvestisImposition immédiate
TransmissionDutreil 75 %, donation de partsDutreil possible sur l’opérationnelle
CoûtsStructure, comptabilité, juridiqueAucun
Sortie de l’argentDividendes de la holding, imposésDirecte
Pour quiRéinvestir, transmettre, plusieurs sociétésConsommer les revenus, une seule société

Code général des impôts (articles 145, 216, 219, 150-0 B ter, 787 B), versions en vigueur relues sur Légifrance le 24 octobre 2026.

La holding patrimoniale avec OP-Invests

Une holding est un outil, pas un objectif. Elle se justifie par un projet : réinvestir, réunir, transmettre. Sans projet, elle ajoute des coûts et des obligations. Nous commençons par le projet.

Le diagnostic avant le montage

Quels flux la holding va-t-elle recevoir, pour quel emploi ? Quelle transmission, à quel horizon ? Quel besoin de revenus personnels ? Nous chiffrons le scénario avec et sans holding, sur dix ans, avant de recommander quoi que ce soit.

Le montage, avec vos conseils

Forme sociale, objet, statuts, apport ou achat des titres, régime fiscal, gouvernance familiale : le montage relève de l’avocat et du notaire, le traitement comptable et fiscal de l’expert-comptable. Nous coordonnons et nous portons la vision patrimoniale d’ensemble.

Les placements de la holding

Une holding accumule des liquidités qu’elle doit employer : contrat de capitalisation, fonds, usufruit de parts, immobilier via une société dédiée, private equity. Nous construisons son allocation comme celle d’un patrimoine, avec sa fiscalité propre.

La stratégie du dirigeant

Rémunération, dividendes, épargne retraite, assurance vie, transmission : la holding n’est qu’une partie du patrimoine du dirigeant. Nous gardons la cohérence entre la société et la personne.

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La holding pour quel projet ?

Trois usages qui justifient une holding.

La holding patrimoniale, en bref

En bref
  • Une holding est une société (SAS, SARL, société civile à l’impôt sur les sociétés) qui détient des participations dans d’autres sociétés et, souvent, un patrimoine financier ou immobilier.
  • Elle reçoit les dividendes de ses filiales presque sans impôt : avec le régime mère-fille, seule une quote-part de 5 % est imposée, 1 % dans un groupe intégré. 100 000 € de dividendes remontés coûtent 1 250 € d’impôt sur les sociétés au taux de 25 %.
  • Avant la vente d’une entreprise, l’apport des titres à une holding place la plus-value en report d’imposition ; si la holding revend dans les trois ans, elle doit réinvestir au moins 70 % du prix dans une activité économique, dans les trois ans, et conserver cinq ans (règles en vigueur depuis le 21 février 2026).
  • Elle organise la transmission : donations de titres par étapes, pacte Dutreil (75 % d’exonération) si la holding anime réellement son groupe, avec un engagement individuel de six ans pour les transmissions depuis le 21 février 2026.
  • Depuis la loi de finances pour 2026, une taxe de 20 % vise certains actifs non professionnels (yachts, véhicules, bijoux, vins, logement occupé par l’associé…) détenus par les holdings patrimoniales de 5 millions d’euros et plus.
  • Elle coûte (constitution, comptabilité, juridique annuel) et l’argent qui y entre n’est pas celui du dirigeant : elle ne se justifie que par un projet précis.

La holding est passée du monde des groupes à celui des dirigeants de PME et des familles. Bien conçue, elle est l’outil central d’une stratégie patrimoniale d’entrepreneur ; mal conçue, c’est une structure vide qui coûte chaque année et attire l’attention de l’administration. Ce guide explique ce qu’elle permet, à quelles conditions, et ce qu’elle ne règle pas.

Qu’est-ce qu’une holding patrimoniale ?

Une holding est une société dont l’actif est constitué principalement de titres d’autres sociétés. On parle de holding patrimoniale lorsqu’elle sert à organiser le patrimoine d’une personne ou d’une famille : elle détient la ou les sociétés d’exploitation du dirigeant, et à côté des placements financiers, parfois de l’immobilier via une société civile immobilière.

CritèreHolding passive (pure)Holding animatrice
RôleDétient les titres et gère son patrimoineDétient les titres et a pour activité principale « la participation active à la conduite de la politique de son groupe » (article 787 B du CGI) : direction, contrôle, services aux filiales
Fiscalité des fluxRégime mère-fille ; intégration fiscale possible au-delà de 95 % de détention
Pacte DutreilPas sur ses propres titres, la gestion de son propre patrimoine étant exclue ; possible sur les titres de filiales opérationnelles qu’elle détient, dans les limites du texteApplicable sur ses titres, la holding étant assimilée à une société opérationnelle
PreuveSimpleL’animation doit être réelle et documentée : conventions, procès-verbaux, moyens humains, décisions effectivement prises

La forme

SAS ou SASU pour la liberté statutaire et le statut social du dirigeant, SARL pour un cadre plus encadré, société civile (à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu) pour une holding familiale de détention. Le régime mère-fille suppose une holding soumise à l’impôt sur les sociétés au taux normal. Le choix se fait avec l’avocat selon les objectifs, la gouvernance souhaitée et le régime social du dirigeant.

Comment elle naît

  • Par apport des titres que le dirigeant détient déjà : la plus-value d’apport est mise en report (chapitre « apport-cession »).
  • Par rachat : la holding emprunte pour acheter les titres d’une société (holding de reprise), et rembourse avec les dividendes qu’elle reçoit.
  • Par création en amont : la holding est constituée avant une nouvelle activité ou un nouvel investissement.

Le régime mère-fille : comment remontent les dividendes ?

Le cœur fiscal de la holding est le régime des sociétés mères (articles 145 et 216 du code général des impôts). Une société soumise à l’impôt sur les sociétés au taux normal qui détient au moins 5 % du capital d’une filiale, sous forme nominative ou en compte chez un intermédiaire habilité, et qui s’engage à conserver ces titres deux ans, peut retrancher de son bénéfice les dividendes reçus, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 5 % calculée sur leur montant brut.

Dividendes reçusQuote-part imposée (5 %)IS au taux de 25 %IS au taux réduit de 15 %
50 000 €2 500 €625 €375 €
100 000 €5 000 €1 250 €750 €
200 000 €10 000 €2 500 €1 500 €

Taux réduit de 15 % : dans la limite de 42 500 € de bénéfice par période de douze mois, pour une société dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques ou par une société qui remplit les mêmes conditions (article 219 du CGI).

Si la holding cède ses titres avant les deux ans, elle reverse l’impôt dont elle a été exonérée, avec l’intérêt de retard. Les titres prêtés ou remis en garantie ne comptent pas dans le seuil de 5 %.

Les plus-values sur titres de participation

Quand la holding revend des titres de participation, la plus-value nette à long terme est imposée au taux de 0 %, sous réserve de la réintégration d’une quote-part de frais et charges de 12 % du montant brut des plus-values (article 219 du CGI). Sur une plus-value de 1 000 000 €, la quote-part est de 120 000 €, soit 30 000 € d’impôt au taux de 25 %.

Le résultat de la holding

Les autres revenus de la holding (intérêts, loyers, produits de placements, prestations facturées aux filiales) sont imposés à l’impôt sur les sociétés au taux normal de 25 %, ou au taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les sociétés qui y ont droit.

Ce que la holding ne supprime pas

L’argent qui remonte dans la holding y reste. Le jour où le dirigeant veut le percevoir personnellement, les dividendes de la holding sont imposés entre ses mains : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème sur option. L’avantage est un différé et une capitalisation sans impôt personnel, pas une exonération. Il vaut pour ce qui est réinvesti, pas pour ce qui est consommé. Voir notre page flat tax et notre fiche dividendes.

Votre situation mérite une réponse précise

Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.

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L’intégration fiscale : un seul impôt pour le groupe

L’article 223 A du code général des impôts permet à une société mère de se constituer seule redevable de l’impôt sur les sociétés dû sur le résultat d’ensemble du groupe qu’elle forme avec ses filiales détenues à 95 % au moins, directement ou indirectement, de façon continue pendant l’exercice. Le seuil de 95 % s’entend en pleine propriété des droits aux dividendes et des droits de vote.

  • Compensation des résultats : le déficit d’une filiale s’impute sur le bénéfice d’une autre, ou sur les frais de la holding (intérêts de l’emprunt d’une holding de reprise, notamment).
  • Quote-part réduite à 1 % : les dividendes versés entre sociétés du groupe intégré, détenues depuis plus d’un exercice, ne supportent qu’une quote-part de frais et charges de 1 % au lieu de 5 % (article 216). Le même taux s’applique aux dividendes d’une filiale établie dans un autre État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen qui remplirait les conditions de l’intégration si elle était française.
  • Engagement : l’option vaut pour cinq exercices et se renouvelle tacitement. Toutes les sociétés du groupe ouvrent et clôturent leurs exercices aux mêmes dates, en principe sur douze mois.
  • Solidarité : chaque société du groupe reste solidairement tenue de l’impôt de la mère, à hauteur de ce qu’elle aurait payé seule.

L’intégration est surtout utile pour une holding de reprise endettée, dont les intérêts d’emprunt s’imputent sur le bénéfice de la filiale, ou pour un groupe dont certaines sociétés sont déficitaires. Elle impose une comptabilité de groupe plus lourde : l’expert-comptable en chiffre le coût avant l’option.

L’apport-cession : vendre son entreprise via une holding

L’article 150-0 B ter du CGI prévoit qu’un dirigeant qui apporte les titres de sa société à une holding soumise à l’impôt sur les sociétés qu’il contrôle voit la plus-value d’apport placée en report d’imposition : elle est calculée et déclarée l’année de l’apport, mais l’impôt n’est payé que lorsque le report prend fin. Le contrôle s’apprécie à la date de l’apport ; il est présumé à partir d’un tiers des droits de vote ou des droits financiers, si aucun autre associé n’en détient davantage.

Si la holding revend les titres apportés

  • Plus de trois ans après l’apport : le report est maintenu sans condition de réinvestissement.
  • Dans les trois ans : le report n’est maintenu que si la holding s’engage à réinvestir, dans les trois ans de la cession, au moins 70 % du produit de la cession dans une activité économique : financement de moyens permanents d’exploitation d’une activité éligible, acquisition du contrôle d’une société opérationnelle, souscription au capital de telles sociétés, ou parts de fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, SLP, SCR), avec un délai de cinq ans pour les appels de fonds. Les biens ou titres acquis doivent être conservés au moins cinq ans. La gestion de son propre patrimoine immobilier est exclue.
  • Ces règles s’appliquent aux cessions réalisées depuis le 21 février 2026 (loi de finances pour 2026 ; auparavant : 60 % en deux ans).

Ce qui met fin au report

  • la cession, le rachat, le remboursement ou l’annulation des titres de la holding reçus en échange de l’apport ;
  • la cession des titres apportés dans les trois ans sans le réinvestissement prévu, ou le non-respect de la conservation de cinq ans ;
  • la cession des titres de sociétés interposées ;
  • le transfert du domicile fiscal hors de France, dans les conditions de l’article 167 bis.

Donner les titres de la holding

En cas de donation des titres reçus en échange de l’apport, le report est transféré au donataire, à condition que celui-ci contrôle la holding après la donation. S’il cède, rachète ou annule ces titres dans les six ans (onze ans en cas de réinvestissement dans des fonds), la plus-value est imposée à son nom. Au-delà de ce délai, cette cession ne met plus fin au report. C’est l’articulation, très encadrée, entre apport-cession et transmission.

C’est un dispositif puissant qui se prépare bien avant la cession, avec l’avocat fiscaliste : un apport fait la veille d’une vente déjà signée, sans projet de réinvestissement réel, est exposé à la remise en cause (chapitre « risques »).

Transmettre avec une holding : donation et pacte Dutreil

Donner des titres plutôt que des biens

Donner des titres de holding plutôt que des titres de plusieurs sociétés ou des biens épars simplifie la transmission : une seule ligne, des donations par étapes avec l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans. La donation peut porter sur la nue-propriété des titres, le parent gardant l’usufruit, donc les dividendes et, selon les statuts, le droit de vote : voir notre page nue-propriété et notre fiche démembrement de propriété. Les droits de donation et leurs abattements sont détaillés sur notre page donation.

Le pacte Dutreil

L’article 787 B du CGI, dans sa version en vigueur depuis le 21 février 2026, exonère de droits de mutation à titre gratuit 75 % de la valeur des titres d’une société exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, ou d’une holding dont l’activité principale est la participation active à la conduite de la politique de son groupe. Conditions principales :

  • un engagement collectif de conservation d’au moins deux ans, portant sur au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote d’une société non cotée (10 % et 20 % pour une société cotée), en cours au jour de la transmission ;
  • un engagement individuel de chaque héritier ou donataire de conserver les titres pendant six ans à compter de la fin de l’engagement collectif (quatre ans pour les transmissions antérieures au 21 février 2026) ;
  • l’exercice effectif d’une fonction de direction par l’un des signataires ou des bénéficiaires pendant l’engagement collectif et les trois ans qui suivent la transmission ;
  • l’exclusion de la valeur des actifs non professionnels (biens de chasse et de pêche, bateaux de plaisance, véhicules et aéronefs, bijoux, objets d’art et de collection, chevaux, vins et alcools, logements) qui ne sont pas affectés exclusivement à l’activité depuis au moins trois ans.

Pour une holding passive, l’exonération peut s’appliquer à travers elle aux titres des filiales opérationnelles, dans la limite de la fraction de valeur qui correspond à la participation engagée, les participations devant rester inchangées à chaque niveau. Le détail est sur notre fiche pacte Dutreil.

La gouvernance

Statuts, pacte d’associés, démembrement des titres, clauses d’agrément et actions de préférence permettent au dirigeant de transmettre la valeur en gardant le contrôle des décisions. Le pacte Dutreil est l’un des dispositifs les plus favorables du droit fiscal français et l’un des plus contrôlés : la qualité d’animatrice, les engagements et leur suivi se documentent avec précision, année après année.

Que faire de la trésorerie d’une holding ?

Une holding qui reçoit des dividendes ou le prix d’une cession accumule des liquidités. Laissées sur un compte courant bancaire, elles ne rapportent presque rien ; placées sans méthode, elles prennent des risques qui ne correspondent pas aux besoins du groupe. Nous construisons l’allocation en trois poches :

PocheRôleSupports
PrécautionFaire face aux échéances (emprunt, impôt, besoins des filiales)Comptes à terme, fonds monétaires
ProjetsPréparer un investissement identifié à un ou trois ansComptes à terme longs, fonds obligataires
Long termeFaire fructifier l’excédent durableContrat de capitalisation, fonds diversifiés, private equity, immobilier via une société dédiée

Le contrat de capitalisation

C’est l’enveloppe de long terme la plus utilisée par les sociétés : fonds en euros garanti par l’assureur, unités de compte sans garantie en capital, rachats possibles. Pour une société soumise à l’impôt sur les sociétés, ses produits sont imposés chaque année selon l’article 238 septies E du CGI, même sans rachat : lorsque la valeur de remboursement n’est pas connue d’avance, le revenu imposable est calculé forfaitairement à partir de 105 % du dernier taux mensuel des emprunts d’État à long terme connu à la souscription. Ce n’est donc pas l’enveloppe d’un report d’imposition, comme pour un particulier.

Tout placement de la holding comporte les risques de ses supports : perte en capital sur les unités de compte, les fonds et le non coté, illiquidité du private equity et de l’immobilier. La règle est de ne pas placer à long terme ce dont le groupe aura besoin à court terme. Notre page trésorerie d’entreprise détaille les placements d’une société par horizon.

La taxe sur les actifs non professionnels

La loi de finances pour 2026 a créé une taxe annuelle de 20 % (article 235 ter C du CGI), due au titre des exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Elle vise les sociétés à l’impôt sur les sociétés qui réunissent trois conditions à la clôture : des actifs d’une valeur vénale d’au moins 5 millions d’euros, un contrôle d’au moins 50 % par une personne physique, et des revenus passifs (dividendes, intérêts, loyers, redevances) supérieurs à la moitié de leurs produits. Elle porte sur la valeur de certains biens : biens de chasse et de pêche, véhicules, yachts et bateaux de plaisance, aéronefs, bijoux et métaux précieux, chevaux de course ou de concours, vins et alcools, et logements dont la personne qui contrôle la société, ou un membre de sa famille (conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendants, descendants, frères et sœurs), se réserve la jouissance : occupés à titre gratuit ou pour un loyer inférieur au prix du marché, résidence principale ou non, ou loués fictivement. Ces biens ne sont pas pris en compte dans la proportion où ils ont été affectés, pendant l’exercice, à une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale exercée par la société elle-même, une société qui lui est liée, ou la personne physique qui la contrôle (ou une société où elle exerce son activité) dans les conditions de l’article 975 du code général des impôts. Elle n’est pas déductible de l’impôt sur les sociétés. Les placements financiers d’une holding n’entrent pas dans cette liste ; en revanche, la résidence secondaire du dirigeant logée dans sa holding en relève s’il en a la jouissance.

Le compte courant d’associé dans une holding

Le compte courant d’associé est l’argent qu’un associé prête à sa société en plus de son apport au capital. Dans un schéma de holding, il sert dans les deux sens :

  • Le dirigeant prête à sa holding : pour financer une acquisition, compléter un emprunt bancaire ou apporter de la trésorerie sans augmenter le capital. Le remboursement du compte courant n’est pas imposable pour le dirigeant : c’est son argent qui lui revient. C’est souvent la façon la plus simple de récupérer, plus tard, des sommes qu’il a avancées.
  • La holding prête à ses filiales : la trésorerie remontée sous forme de dividendes peut redescendre là où elle est utile, dans le cadre d’une convention de trésorerie.

Les intérêts versés aux associés sur ces sommes ne sont déductibles du résultat de la société que dans la limite d’un taux égal à la moyenne annuelle des taux effectifs moyens des prêts à taux variable aux entreprises d’une durée supérieure à deux ans, et à condition que le capital soit entièrement libéré (article 39, 1-3° du CGI). Une convention écrite fixe le taux, la durée et les conditions de remboursement. Le détail, avec la fiscalité des intérêts pour l’associé et le taux publié pour les derniers exercices, est sur notre page compte courant d’associé.

Deux exemples chiffrés : réinvestir, céder

Deux situations types, calculées avec les taux de 2026. Les montants sont des hypothèses ; la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, qui peut s’ajouter dans le cas d’une cession importante, n’est pas chiffrée.

Exemple 1 : réinvestir un dividende de 200 000 €

Anne détient 100 % d’une société d’exploitation qui distribue 200 000 € de dividendes, déjà imposés à l’impôt sur les sociétés dans la filiale. Elle veut investir cette somme dans une seconde activité.

CritèreDétention directeVia une holding (régime mère-fille)
Dividende200 000 €200 000 €
ImpôtPrélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 62 800 €Quote-part de 5 % (10 000 €) à l’IS de 25 % : 2 500 €
Disponible pour investir137 200 €197 500 €

La holding dispose de 60 300 € de plus pour investir. Si la holding a droit au taux réduit de 15 %, l’impôt tombe à 1 500 € et le disponible à 198 500 €. Mais le jour où Anne voudra percevoir personnellement cet argent, la holding lui versera un dividende soumis à son tour au prélèvement forfaitaire unique : 100 000 € distribués par la holding lui coûteront 31 400 €. L’avantage tient à ce qui reste investi, et à la durée.

Exemple 2 : un apport-cession

Paul a créé sa société avec 200 000 € de capital. On lui en offre 3 000 000 €. Plus-value : 2 800 000 €.

  • Vente directe : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 879 200 € d’impôt, payés l’année suivant la vente.
  • Apport puis cession : Paul apporte d’abord ses titres à une holding qu’il contrôle ; la plus-value de 2 800 000 € est mise en report. La holding vend 18 mois plus tard pour 3 000 000 €, soit sa valeur d’apport : pas de plus-value dans la holding. Comme la cession intervient dans les trois ans de l’apport, la holding doit réinvestir au moins 2 100 000 € (70 %) dans les trois ans, dans une activité économique éligible, et conserver cinq ans. Les 900 000 € restants sont libres d’emploi, placements patrimoniaux compris.
  • Ce qui se passe ensuite : l’impôt sur la plus-value de 2 800 000 € reste dû le jour où le report prend fin, par exemple si Paul vend les titres de sa holding. S’il donne ces titres à ses enfants, qui contrôlent la holding et les conservent plus de six ans, le report leur est transmis et la cession au-delà de ce délai n’y met plus fin.

Si la holding attendait plus de trois ans après l’apport pour vendre, aucune obligation de réinvestissement ne s’appliquerait. Le calendrier se décide donc avant la signature, pas après.

Abus de droit, holding passive : quels sont les risques ?

L’abus de droit

L’administration peut écarter les actes fictifs, ou qui recherchent le bénéfice d’une application littérale des textes à l’encontre des objectifs de leurs auteurs, lorsqu’ils n’ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d’éluder ou d’atténuer l’impôt (article L. 64 du livre des procédures fiscales). Depuis 2021, l’article L. 64 A vise aussi les actes dont le motif principal est fiscal. Une holding sans substance, un apport-cession sans projet de réinvestissement réel, une convention de prestations fictive entre la holding et sa filiale sont les cibles classiques. Le comité de l’abus de droit fiscal peut être saisi en cas de désaccord.

Animatrice ou passive

La qualité d’animatrice se prouve : la holding doit réellement définir la politique du groupe et contrôler ses filiales, avec des décisions écrites, des moyens et, souvent, des services rendus et facturés. Une holding présentée comme animatrice qui ne l’est pas ne remplit pas les conditions du pacte Dutreil sur ses propres titres : l’exonération de 75 % est alors remise en cause.

Les autres risques

  • Argent enfermé : les liquidités de la holding ne sont pas celles du dirigeant ; les sortir coûte l’impôt personnel.
  • Coûts : constitution (statuts, évaluation des titres, commissaire aux apports le cas échéant), comptabilité et juridique annuels, éventuel commissaire aux comptes.
  • Complexité : deux niveaux de sociétés, conventions intragroupe, obligations déclaratives, suivi des engagements Dutreil et du réinvestissement.
  • Taxe de 20 % sur les actifs non professionnels pour les holdings patrimoniales de 5 millions d’euros et plus, depuis les exercices clos fin 2026.
  • Gouvernance familiale : une holding réunit aussi les désaccords ; les statuts doivent prévoir les sorties.

Quand et comment créer une holding ?

Une holding se justifie quand au moins l’une de ces situations est réunie : plusieurs sociétés à réunir ; des résultats importants à réinvestir plutôt qu’à consommer ; une cession d’entreprise en vue ; une transmission familiale à organiser ; un patrimoine à structurer entre plusieurs personnes.

  1. Diagnostic patrimonial : objectifs, flux, horizon, situation personnelle et familiale, besoin de revenus.
  2. Choix du schéma : création par apport de titres (avec les conséquences de l’article 150-0 B ter), par achat des titres avec effet de levier (holding de reprise), ou par constitution en amont d’une nouvelle activité.
  3. Rédaction par l’avocat : statuts, pacte, conventions ; évaluation des titres apportés ; formalités.
  4. Mise en place comptable et fiscale avec l’expert-comptable : option pour l’intégration, conventions de trésorerie et de prestations.
  5. Stratégie de placement de la holding et suivi dans la durée, avec celle du dirigeant : rémunération, PER, assurance vie, transmission. Voir aussi notre page chefs d’entreprise.

Quels sont les pièges à éviter ?

  • Créer une holding « parce que tout le monde en a une », sans flux à remonter ni projet.
  • Confondre différé et exonération : l’impôt personnel attend à la sortie.
  • Se prétendre animatrice sans moyens ni preuves.
  • Apporter ses titres la veille de la vente, puis céder dans les trois ans sans réinvestir 70 % dans une activité éligible.
  • Oublier que l’engagement individuel Dutreil est passé à six ans pour les transmissions depuis le 21 février 2026.
  • Loger dans la holding une résidence secondaire, un bateau ou une voiture de collection : ils entrent dans la taxe de 20 % et sortent du pacte Dutreil.
  • Laisser dormir la trésorerie de la holding sur un compte courant bancaire, ou la placer à long terme alors que le groupe en aura besoin.
  • Prêter à sa société sans convention écrite de compte courant.

Sources et textes de référence

Règles lues le 24 octobre 2026 sur legifrance.gouv.fr, versions en vigueur à cette date : code général des impôts, articles 145 et 216 (régime mère-fille), 223 A (intégration fiscale), 219 (taux de l’impôt sur les sociétés, titres de participation), 150-0 B ter (apport-cession, version du 21 février 2026), 787 B (pacte Dutreil, version du 21 février 2026), 235 ter C (taxe sur les actifs non professionnels), 39 (intérêts des comptes courants d’associés), 238 septies E (contrats de capitalisation des entreprises) ; livre des procédures fiscales, articles L. 64 et L. 64 A (abus de droit) ; code de la sécurité sociale, article L. 136-8 (CSG, version du 27 juin 2026) ; service-public.gouv.fr, droits de donation (vérifié le 13 mai 2026). Les exemples sont nos calculs. Ces règles évoluent avec chaque loi de finances : tout montage se construit avec un avocat fiscaliste, un notaire et l’expert-comptable.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 24 octobre 2026
Quel est l’intérêt de créer une holding patrimoniale ?

Réinvestir les résultats des filiales presque sans impôt grâce au régime mère-fille, différer l’imposition d’une cession par l’apport-cession, réunir et transmettre un patrimoine familial avec le pacte Dutreil. Sans l’un de ces projets, l’intérêt est faible.

Comment fonctionne le régime mère-fille ?

Une holding à l’impôt sur les sociétés qui détient au moins 5 % du capital d’une filiale et conserve ses titres deux ans retranche de son bénéfice les dividendes reçus, sauf une quote-part de 5 % (1 % dans un groupe intégré). 100 000 € de dividendes coûtent 1 250 € d’impôt au taux de 25 %.

Quelles sont les conditions de l’apport-cession en 2026 ?

Apporter ses titres à une holding à l’IS que l’on contrôle. Si la holding revend dans les trois ans, elle doit réinvestir au moins 70 % du prix dans une activité économique dans les trois ans et conserver cinq ans. Règles applicables aux cessions depuis le 21 février 2026 (avant : 60 % en deux ans).

Quels sont les inconvénients d’une holding ?

Des coûts de constitution et de fonctionnement annuels, de la complexité juridique et comptable, des liquidités enfermées dans la société (l’impôt personnel attend à la sortie), un risque de requalification si le montage n’a pas de substance, et une nouvelle taxe sur les actifs non professionnels pour les plus importantes.

Quelle est la taxe sur les holdings patrimoniales en 2026 ?

Une taxe annuelle de 20 % (article 235 ter C du CGI) sur certains actifs non professionnels (véhicules, yachts, bijoux, vins, logement occupé par l’associé…) des sociétés à l’IS d’au moins 5 millions d’euros d’actifs, contrôlées à 50 % par une personne physique et dont les revenus passifs dépassent la moitié des produits. Due pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026.

Qu’est-ce qu’une holding animatrice ?

Une holding dont l’activité principale est la participation active à la conduite de la politique de son groupe et au contrôle de ses filiales, avec des moyens réels et documentés. Cette qualité permet d’appliquer le pacte Dutreil à ses propres titres ; elle se prouve.

Comment récupérer l’argent d’une holding ?

Par des dividendes, imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 ou au barème sur option ; par le remboursement d’un compte courant d’associé, non imposable puisqu’il s’agit de l’argent prêté par l’associé ; par une rémunération si le dirigeant exerce un mandat dans la holding.

Peut-on placer la trésorerie d’une holding ?

Oui, et c’est même sa vocation quand elle n’a pas de réinvestissement à faire : comptes à terme et fonds monétaires pour la précaution, contrat de capitalisation et fonds diversifiés pour le long terme, en acceptant le risque de perte en capital des supports non garantis. Voir notre page trésorerie d’entreprise.

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