Les conditions en 2026
Pour un salarié, trois conditions cumulatives :
| Condition | Règle en vigueur |
|---|---|
| Âge | 60 ans au moins (article D161-2-24 du Code de la sécurité sociale, pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2025) |
| Durée d’assurance | 150 trimestres d’assurance et périodes équivalentes, tous régimes de base confondus |
| Activité | Un temps partiel ou réduit compris entre 40 % et 80 % d’un temps complet, exprimé en heures, en jours ou en demi-journées ; les salariés au forfait en jours sont concernés |
Avant la réforme de 2025, l’âge d’accès dépendait de l’année de naissance et pouvait aller jusqu’à 62 ans. La loi fixe désormais un principe : l’âge de la retraite progressive est fixé par décret et doit rester inférieur à l’âge légal de départ (article L161-22-1-5). Un salarié déjà à temps partiel avant de remplir les conditions d’âge et de durée peut aussi en bénéficier.
Sont exclus : les bénéficiaires d’une préretraite, certaines activités exercées à titre exclusif listées par décret, et les salariés dont l’indemnité de départ à la retraite sert à maintenir la rémunération pendant un temps partiel.
Les travailleurs indépendants peuvent y accéder sous des conditions propres (baisse de revenus professionnels), et les agents publics ont leur propre régime, ouvert lui aussi à 60 ans depuis le 1er septembre 2025.
La demande à l’employeur
- Le salarié demande un passage à temps partiel ou à temps réduit par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins deux mois avant la date souhaitée, en précisant la durée de travail et la date de début.
- L’employeur répond par lettre recommandée dans les deux mois. Sans réponse écrite et motivée dans ce délai, la demande est réputée acceptée.
- Un refus doit être justifié par l’incompatibilité de la durée demandée avec l’activité de l’entreprise, notamment au regard de la continuité du service ou des difficultés de recrutement si une embauche est nécessaire.
Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.
Le calcul de la pension partielle
La retraite progressive entraîne une liquidation provisoire de la pension, calculée sur les droits acquis au jour de la demande. Le salarié en perçoit une fraction égale à 100 % moins sa quotité de travail :
| Temps de travail | Fraction de pension versée |
|---|---|
| 80 % | 20 % |
| 60 % | 40 % |
| 50 % | 50 % |
| 40 % | 60 % |
La même fraction s’applique dans tous les régimes, de base et complémentaires : l’Assurance retraite informe les autres caisses de la date d’effet, du taux et des changements.
Exemple : une salariée de 61 ans dont la pension provisoire, tous régimes, serait de 2 000 € par mois passe à 60 %. Elle perçoit 40 % de sa pension, soit 800 € par mois, en plus de son salaire à temps partiel. Calcul d’OP-Invests, montants avant prélèvements sociaux et impôt.
Pendant la retraite progressive
- On continue à cotiser et à acquérir des droits sur le salaire à temps partiel. Il est possible de surcotiser, c’est-à-dire de cotiser sur la base d’un salaire à temps plein.
- Changement de durée de travail (toujours entre 40 % et 80 %) : à déclarer à la caisse ; la fraction est révisée le premier jour du mois civil suivant.
- Conditions plus remplies : versement suspendu, puis repris quand elles le sont de nouveau.
- Retour à temps plein, ou revenus du temps partiel qui atteignent les revenus antérieurs revalorisés : la retraite progressive s’arrête définitivement le premier jour du mois suivant.
- Majorations (minimum contributif, majoration pour enfants) : accordées dès la liquidation provisoire si leurs conditions sont remplies, sinon à la liquidation de la pension complète.
La fin : la pension complète
Lorsque le salarié demande sa retraite complète, la pension partielle est remplacée par la pension complète. Celle-ci est calculée dans les conditions habituelles en tenant compte des droits acquis pendant la retraite progressive, et elle ne peut pas être inférieure au montant provisoire calculé au départ. Au-delà, une reprise d’activité relève des règles du cumul emploi-retraite.
Démarche : en ligne, sur le service « Demander ma retraite progressive » de son compte retraite sur info-retraite.fr, avec une attestation de l’employeur, au plus tôt cinq mois avant la date souhaitée, ou par formulaire papier auprès d’une caisse.
Et le plan d’épargne retraite ?
L’épargne d’un PER devient disponible à la date d’obtention de la pension de retraite, ou à l’âge légal de départ, qui dépend de l’année de naissance. La retraite progressive verse une pension provisoire et partielle : les fiches officielles que nous avons lues ne disent pas si elle suffit à débloquer un PER. Avant d’en faire un élément de votre budget, interrogez par écrit le gestionnaire de votre plan, et en attendant considérez que l’épargne reste bloquée jusqu’à la pension complète ou l’âge légal. Les cas de sortie anticipée sont détaillés dans notre page déblocage du PER.
La retraite progressive est souvent un bon moment pour organiser la suite : poursuivre les versements sur le PER tant que l’on a des revenus d’activité, décider entre rente ou capital, et préparer la fiscalité des premières années de retraite (voir l’abattement de 10 % sur les pensions). Notre page PER à la retraite détaille les règles.
Sources
service-public.gouv.fr : retraite progressive du salarié (vérifiée le 17 novembre 2025), la retraite progressive accessible à partir de 60 ans (24 juillet 2025), plan d’épargne retraite (12 octobre 2026). Code de la sécurité sociale sur legifrance.gouv.fr, versions en vigueur au 24 octobre 2026 : article L161-22-1-5, article D161-2-24 ; décrets n° 2025-680 et n° 2025-681 du 15 juillet 2025. Lu le 24 octobre 2026. Exemple : calcul d’OP-Invests.
