L’essentiel en cinq points
- En cas de départ volontaire, l’indemnité légale va d’un demi-mois de salaire (10 ans d’ancienneté) à deux mois (30 ans et plus) ; une mise à la retraite par l’employeur rapporte nettement plus (un quart de mois par année, puis un tiers de mois à partir de la 11e année).
- Votre convention collective ou votre contrat peut prévoir plus : c’est alors le montant le plus favorable qui s’applique.
- L’indemnité de départ volontaire est imposable en totalité et soumise aux cotisations sociales ; celle de mise à la retraite est en grande partie exonérée.
- Elle est imposée avec les revenus de l’année où vous la touchez, donc sur la déclaration du printemps suivant : prévoyez le solde d’impôt.
- Une fois la somme reçue, l’ordre compte : réserve pour l’impôt, épargne de précaution, puis placement (assurance vie pour des revenus complémentaires, PER pour réduire l’impôt de l’année du départ).
Départ volontaire ou mise à la retraite : quelle différence ?
Le Code du travail distingue deux situations, qui n’ont ni le même montant ni la même fiscalité.
- Le départ volontaire : c’est vous qui décidez de quitter l’entreprise pour liquider votre retraite. Vous avez droit à une indemnité si vous avez au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise.
- La mise à la retraite : c’est l’employeur qui décide. Il ne peut l’imposer qu’à partir de 70 ans ; entre 67 et 70 ans, il peut seulement vous la proposer par écrit, et vous pouvez refuser. Vous avez alors droit à une indemnité de mise à la retraite et à un préavis identique à celui d’un licenciement.
| Départ volontaire | Mise à la retraite | |
|---|---|---|
| Qui décide | Le salarié | L’employeur (d’office à partir de 70 ans) |
| Montant légal | De ½ mois à 2 mois de salaire | ¼ de mois par année jusqu’à 10 ans, ⅓ de mois par année ensuite |
| Impôt sur le revenu | Imposable en totalité | Exonéré au moins à hauteur du montant légal ou conventionnel |
| Cotisations sociales | Dues sur la totalité | Exonération partielle |
Un départ volontaire dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi suit des règles à part : l’indemnité est alors exonérée d’impôt et de cotisations.
Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.
Comment calculer l’indemnité de départ à la retraite ?
Le montant légal en cas de départ volontaire
| Ancienneté dans l’entreprise | Indemnité légale minimale |
|---|---|
| De 10 à moins de 15 ans | ½ mois de salaire |
| De 15 à moins de 20 ans | 1 mois de salaire |
| De 20 à moins de 30 ans | 1 mois et demi de salaire |
| 30 ans et plus | 2 mois de salaire |
Le salaire retenu est, selon la formule la plus avantageuse pour vous, le douzième de la rémunération brute des 12 derniers mois, ou le tiers des 3 derniers mois (une prime annuelle versée sur cette période n’est alors comptée qu’au prorata).
Le montant légal en cas de mise à la retraite
Un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année à partir de la onzième.
Un exemple
Une salariée a 32 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 4 000 € bruts par mois. Si elle part d’elle-même, l’indemnité légale est de 2 mois, soit 8 000 €. Si son employeur la met à la retraite : 10 × ¼ + 22 × ⅓ = 9,83 mois environ, soit près de 39 333 €. Même carrière, même salaire : l’indemnité est presque multipliée par cinq.
La convention collective, d’abord
Les montants légaux sont des minimums. Beaucoup de conventions collectives, d’accords d’entreprise ou de contrats de travail (notamment pour les cadres) prévoient une indemnité plus élevée, parfois bien plus. Avant de fixer votre date de départ, demandez le calcul à votre service des ressources humaines et vérifiez le texte de votre convention : un seuil d’ancienneté franchi quelques mois plus tard peut changer le montant.
L’indemnité de départ à la retraite est-elle imposable, en brut ou en net ?
Départ volontaire : imposable en totalité
L’indemnité de départ volontaire se déclare comme un salaire. Ce n’est ni le brut, ni le net versé sur votre compte qui est imposé, mais le net imposable : le brut, moins les cotisations sociales et la part déductible de la CSG, comme pour une fiche de paie ordinaire. Ce montant figure sur votre bulletin et sur la déclaration préremplie.
Mise à la retraite : une large exonération
L’indemnité de mise à la retraite est exonérée d’impôt sur le revenu à hauteur du plus élevé de ces trois montants : l’indemnité légale ou conventionnelle (sans limite) ; deux fois la rémunération annuelle brute de l’année précédente ; la moitié de l’indemnité perçue. Les deux derniers sont plafonnés à 240 300 € pour une indemnité perçue en 2026 (235 500 € en 2025). Seule la fraction qui dépasse se déclare.
Les cotisations sociales
| Départ volontaire | Mise à la retraite | |
|---|---|---|
| Cotisations de sécurité sociale | Dues sur la totalité | Exonérées sur la part exonérée d’impôt, dans la limite de 2 plafonds de la Sécurité sociale (96 120 € en 2026) |
| CSG et CRDS | Dues sur la totalité | Exonérées dans la limite la plus basse entre l’indemnité légale ou conventionnelle et la part exonérée de cotisations |
| Au-delà de 10 plafonds (480 600 € en 2026) | Sans objet | Tout est soumis, dès le premier euro |
Le système du quotient, à demander
L’étalement de l’indemnité sur quatre ans a été supprimé pour les revenus perçus depuis 2020. Reste le système du quotient, que l’administration admet pour la fraction imposable des indemnités de départ à la retraite quel que soit leur montant (BOFiP). Le principe : on ajoute un quart de l’indemnité à vos autres revenus, on calcule l’impôt supplémentaire, et on le multiplie par quatre. Cela évite qu’une somme exceptionnelle vous fasse monter de tranche. Il se demande sur la déclaration, en portant l’indemnité dans la rubrique des revenus exceptionnels et non avec les salaires.
Quand payez-vous l’impôt ?
L’indemnité est imposée avec les revenus de l’année où vous la percevez, et déclarée au printemps suivant. Elle vous est versée nette de retenue à la source, mais cette retenue est calculée avec votre taux habituel, qui ne tient pas compte de l’indemnité ni du quotient : l’impôt définitif n’est connu qu’après la déclaration, et le solde éventuel est prélevé à la fin de l’été suivant, l’année même où vos revenus ont baissé. Pour situer votre tranche, voir notre barème de l’impôt 2026.
Que faire de son indemnité de départ à la retraite ?
La retraite change la nature de votre patrimoine : vous n’épargnez plus sur un salaire, vous vivez d’un capital et de pensions. L’indemnité est souvent le moment de poser cette organisation. Il n’y a pas de réponse unique, cela dépend de vos autres revenus, de vos projets et de votre tranche d’imposition, mais l’ordre des décisions, lui, est assez constant.
- Mettre de côté l’impôt à venir. Si l’indemnité est imposable, estimez le solde de l’année suivante et placez-le sur un support disponible dont le capital est garanti, comme un livret.
- Constituer l’épargne de précaution. Quelques mois de dépenses, disponibles à tout moment : les pensions arrivent parfois avec retard au début de la retraite, et les premières années sont souvent celles des gros projets (travaux, voyages, aide aux enfants).
- Financer des revenus complémentaires avec l’assurance vie. Vous pouvez y programmer des rachats réguliers (mensuels, trimestriels) qui complètent la pension. Seule la part de gains de chaque retrait est imposée : après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) couvre souvent ces gains, les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus. Le détail est sur notre page retirer de l’argent d’une assurance vie. L’assurance vie garde aussi tout son intérêt pour la transmission.
- Réduire l’impôt de l’année du départ avec un plan d’épargne retraite, si vous êtes dans une tranche élevée (section suivante).
Une épargne de retraite peut avoir un horizon de vingt ans ou plus. Les unités de compte (fonds actions, obligations, immobilier) peuvent rapporter davantage que le fonds en euros sur longue période, mais elles comportent un risque de perte en capital, et leurs performances passées ne préjugent pas des performances futures. La part à y consacrer dépend de ce dont vous aurez besoin, et quand.
Verser son indemnité sur un PER : combien d’impôt en moins ?
Les versements volontaires sur un PER se déduisent du revenu imposable de l’année du versement. Verser une partie de l’indemnité l’année même du départ réduit donc l’impôt de l’année où vos revenus sont les plus élevés. Les règles 2026 :
- Le plafond de déduction pour 2026 est de 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un maximum de 37 680 € et un minimum de 4 710 €. Il ne dépend donc pas de l’indemnité elle-même.
- Les plafonds non utilisés des années précédentes s’ajoutent (trois ans pour ceux de 2024 et 2025, cinq ans à partir de 2026). Votre plafond disponible figure sur votre avis d’imposition.
- Depuis le 1er janvier 2026, les versements faits après 70 ans ne sont plus déductibles.
- Une fois retraité, vous pouvez continuer à verser sur votre PER et retirer l’épargne quand vous le souhaitez : elle n’est plus bloquée. Voir ouvrir un PER à la retraite.
Un exemple chiffré
Hypothèses : une personne seule (une part), qui part volontairement fin 2026 ; revenu net imposable de l’année hors indemnité : 60 000 € ; indemnité conventionnelle imposable : 60 000 € ; plafond PER disponible sur son avis : 20 000 €, reliquats compris. Faute de barème connu pour les revenus 2026, le calcul utilise le barème 2026 publié par service-public.gouv.fr.
| Situation | Impôt sur l’année du départ | Écart |
|---|---|---|
| Indemnité déclarée avec les salaires | 33 001 € | — |
| Avec le système du quotient | 29 104 € | − 3 897 € |
| Quotient et versement de 20 000 € sur un PER | 23 104 € | − 9 897 € |
Le quotient évite que 35 423 € de l’indemnité, près de six euros sur dix, passent dans la tranche à 41 % ; le versement sur le PER, déduit dans la tranche à 30 %, fait économiser 6 000 € de plus.
Les 20 000 € déduits seront imposés au barème quand vous les retirerez du PER (et les gains à 31,4 %). Le gain réel vient de l’écart entre la tranche de l’année du départ (ici 30 %) et votre tranche de retraité, souvent plus basse, surtout si vous retirez par fractions sur plusieurs années. Notre simulateur PER chiffre votre cas.
Quelles erreurs éviter avec son indemnité de départ ?
- Oublier l’impôt de l’année suivante. La retenue à la source ne suffit pas toujours ; le solde arrive quand les revenus ont déjà baissé.
- Ne pas demander le quotient. Il ne s’applique pas tout seul : il faut le demander sur la déclaration.
- Tout laisser sur le compte courant. Une somme importante qui dort plusieurs années perd du pouvoir d’achat avec l’inflation.
- Tout placer en supports risqués, ou tout bloquer. Une baisse des marchés au moment où il faut retirer, ou un capital indisponible pour un projet, coûtent cher à la retraite.
- Verser sur un PER dans une tranche basse. À 0 % ou 11 %, la déduction rapporte peu, et la sortie sera imposée.
- Fixer sa date de départ sans regarder la convention. Un seuil d’ancienneté, ou un départ en début plutôt qu’en fin d’année, change le montant et l’impôt.
Un rendez-vous avant le départ, plutôt qu’après, permet de caler la date, le quotient, le PER et le placement du solde ensemble.
Sources
Règles consultées le 26 octobre 2026 : Un salarié qui part à la retraite a-t-il droit à une indemnité ? (service-public.gouv.fr : montants légaux, salaire de référence, régime social) ; Un employeur peut-il mettre d’office un salarié à la retraite ? (service-public.gouv.fr) ; Impôt sur le revenu : indemnités de fin de contrat, de licenciement, de départ en retraite (service-public.gouv.fr : exonération, plafond 2026, quotient) ; Indemnités de retraite (impots.gouv.fr : déclaration, retenue à la source, quotient) ; BOI-IR-LIQ-20-30-20 (BOFiP : quotient quel que soit le montant, § 170) ; fin de l’étalement de l’article 163 A du CGI (BOFiP) ; article L136-1-1 du Code de la sécurité sociale (Légifrance, lu le 26 octobre 2026 : CSG-CRDS des indemnités de rupture) ; CSG et CRDS sur les revenus d’activité (service-public.gouv.fr) ; Plan d’épargne retraite (PER) (service-public.gouv.fr : plafonds 2026, versements après 70 ans, versements à la retraite) ; Fiscalité de l’assurance vie et prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr) ; barème de l’impôt sur le revenu (service-public.gouv.fr). Les exemples chiffrés sont les nôtres, à partir des hypothèses indiquées.
