Lexique·Donation au dernier vivant

Donation au dernier vivant

La donation au dernier vivant, ou donation entre époux, augmente la part de succession que recevra le conjoint survivant. Elle se signe chez le notaire, ne porte que sur les biens laissés au décès et peut être révoquée à tout moment. Elle compte surtout dans les familles recomposées, où la loi seule protège peu le conjoint.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 15 septembre 2026 · Sources officielles citées

Sans donation : ce que la loi donne au conjoint

Situation au décèsPart du conjoint survivant
Enfants tous issus du coupleAu choix : l’usufruit de la totalité des biens, ou un quart en pleine propriété
Au moins un enfant d’une autre unionUn quart en pleine propriété seulement
Pas d’enfant, père et mère vivantsLa moitié des biens
Pas d’enfant, ni père ni mèreToute la succession

Si un héritier l’y invite par écrit et que le conjoint ne choisit pas dans les trois mois, il est réputé avoir opté pour l’usufruit (articles 757 à 758-4 du Code civil).

Avec la donation : trois options, au choix du conjoint

En présence d’enfants, la donation au dernier vivant permet au conjoint de recevoir, au choix (article 1094-1 du Code civil) :

  • l’usufruit de la totalité de la succession, même s’il y a des enfants d’une autre union ;
  • un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit ;
  • la quotité disponible en pleine propriété : la moitié avec un enfant, un tiers avec deux, un quart avec trois ou plus.

L’acte peut laisser le choix au conjoint au moment du décès, ou le limiter. Sauf volonté contraire, le conjoint peut aussi cantonner sa part, c’est-à-dire n’accepter qu’une partie de ce qui lui est donné, le reste revenant aux enfants. Sans enfant, la donation peut porter sur toute la succession, sous réserve du droit de retour des parents sur les biens qu’ils avaient donnés.

Famille recomposée : si le conjoint reçoit de la pleine propriété, chaque enfant qui n’est pas issu des deux époux peut, sauf exclusion claire dans l’acte, lui abandonner à la place l’usufruit de sa part (article 1098 du Code civil).

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Un exemple chiffré

Un patrimoine de 600 000 € au premier décès, deux enfants communs, un conjoint survivant de 65 ans. À cet âge, l’usufruit vaut fiscalement 40 % de la pleine propriété et la nue-propriété 60 % (article 669 du Code général des impôts). Le conjoint est exonéré ; seuls les enfants paient.

Option du conjointReçu par chaque enfant (valeur fiscale)Droits par enfant au premier décès
Usufruit de la totalité180 000 € en nue-propriété14 194 €
Un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit135 000 € en nue-propriété5 194 €
Quotité disponible (un tiers) en pleine propriété200 000 € en pleine propriété18 194 €
Un quart en pleine propriété (droit légal)225 000 € en pleine propriété23 194 €

Ces montants ne disent pas tout : au second décès, l’usufruit s’éteint sans droits, mais ce que le conjoint a reçu en pleine propriété sera taxé à son tour. Le bon choix dépend des besoins de revenus du conjoint, de son âge et de l’équilibre avec les enfants. Calculs d’OP-Invests sur le barème en ligne directe, après l’abattement de 100 000 € par enfant, sans donation antérieure. Faites vos propres calculs avec notre simulateur de droits de succession.

En pratique

  • Qui : les époux mariés seulement, pas les partenaires de Pacs ni les concubins, qui passent par le testament.
  • Forme et coût : un acte notarié, 135,84 € TTC selon service-public, plus l’éventuelle inscription au fichier central des dispositions de dernières volontés ; deux actes distincts si chacun des époux veut protéger l’autre.
  • Révocation : possible à tout moment, chez le notaire ou par testament, sans que le conjoint en soit informé ; la donation tombe en cas de divorce, sauf volonté contraire.
  • Impôts : aucun effet pour le conjoint, exonéré de droits de succession.

La donation au dernier vivant se combine avec le régime matrimonial et l’assurance vie, qui transmet hors succession.

Sources

Donation au dernier vivant (service-public.gouv.fr, vérifié le 5 octobre 2026) ; Code civil, articles 757 à 758-4 (droits légaux du conjoint) et 1094-1 (quotité disponible entre époux) ; article 669 du Code général des impôts (valeur de l’usufruit). Lu le 23 octobre 2026.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 15 septembre 2026
Qu’est-ce que la donation au dernier vivant ?

Un acte notarié par lequel un époux augmente la part de succession que recevra l’autre à son décès. Elle ne porte que sur les biens laissés au décès et peut être révoquée à tout moment.

Combien coûte une donation au dernier vivant ?

135,84 € TTC pour l’acte selon service-public, plus l’éventuelle inscription au fichier central des dispositions de dernières volontés.

Est-elle utile si nous avons des enfants communs ?

Elle élargit les choix du conjoint (un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, ou la quotité disponible en pleine propriété) et lui permet de cantonner. Sans elle, il choisit seulement entre l’usufruit de tout et un quart en pleine propriété.

Et dans une famille recomposée ?

C’est là qu’elle compte le plus : sans donation, s’il existe un enfant d’une autre union, le conjoint ne reçoit qu’un quart en pleine propriété ; avec elle, il peut obtenir l’usufruit de la totalité.

Les partenaires de Pacs peuvent-ils en faire une ?

Non, elle est réservée aux époux. Les partenaires de Pacs passent par un testament ; ils sont eux aussi exonérés de droits de succession.

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