L’essentiel
- Il n’existe pas de rendement « de l’assurance vie » : il y a le rendement de votre allocation, c’est-à-dire du fonds en euros et des unités de compte que vous détenez, dans la proportion choisie.
- Le fonds en euros est garanti en capital ; son taux est fixé chaque année par l’assureur, qui doit faire participer les assurés à ses bénéfices (Code des assurances, article L. 132-29).
- En 2025, le taux moyen des fonds en euros des contrats individuels a été de 2,63 %, net des frais prélevés sur l’encours et avant prélèvements sociaux, selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
- Les unités de compte ne sont pas garanties : leur valeur suit les marchés, à la hausse comme à la baisse, avec un risque de perte en capital.
- Entre le taux affiché et ce qui vous reste, il faut déduire les prélèvements sociaux (17,2 %), l’impôt éventuel au rachat et, pour les unités de compte, les frais de gestion du contrat.
Le fonds en euros : d’où vient le taux
Sur le fonds en euros, la valeur des sommes investies est garantie par l’assureur, qui verse chaque année des intérêts qui s’ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts ; service-public.gouv.fr rappelle que cette garantie a pour contrepartie un rendement faible. L’assureur place ces sommes dans son actif général, principalement en obligations, et le taux servi dépend des revenus de cet actif.
La participation aux bénéfices, une obligation légale
L’article L. 132-29 du Code des assurances oblige les assureurs vie à faire participer les assurés « aux bénéfices techniques et financiers » qu’ils réalisent, dans des conditions fixées par arrêté. Ces conditions sont aux articles A. 132-10 à A. 132-17 :
- la participation minimale se calcule globalement, pour l’ensemble des contrats concernés de l’assureur, à partir d’un compte de participation aux résultats ;
- la part financière portée à ce compte est égale à 85 % du solde d’un compte financier ; l’assureur ne garde, côté technique, qu’une part limitée du résultat ;
- les sommes peuvent être créditées tout de suite sur les contrats ou portées à une provision pour participation aux bénéfices, qui doit être redistribuée au cours des huit exercices suivants ;
- les règles de calcul du minimum (articles A. 132-11 à A. 132-15) ne s’appliquent pas aux contrats à capital variable, c’est-à-dire aux unités de compte.
Deux conséquences pratiques. D’abord, le minimum légal est global : la loi ne fixe pas le taux de votre contrat, l’assureur répartit la participation entre ses contrats et ses assurés. Ensuite, la provision pour participation aux bénéfices sert d’amortisseur : un assureur peut mettre en réserve une bonne année et puiser dans cette réserve une année moins bonne. Un assureur qui dispose d’une provision importante a plus de marge pour lisser ses taux.
Ce que le taux annoncé inclut, et ce qu’il n’inclut pas
Le taux annoncé chaque année pour un fonds en euros est en général net des frais de gestion prélevés sur l’encours du contrat, mais brut des prélèvements sociaux, qui sont retenus chaque année sur les intérêts inscrits au contrat. Il est acquis : ce qui a été crédité ne peut plus être repris (l’effet de cliquet, expliqué dans notre fiche fonds en euros). Il n’est pas garanti d’une année sur l’autre.
Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.
Le taux moyen de 2025, selon l’ACPR
L’ACPR, autorité de contrôle des assureurs adossée à la Banque de France, publie chaque année une étude sur la revalorisation des contrats d’assurance vie. Son étude sur 2025 (Analyses et synthèses n° 180) retient :
| Indicateur 2025 | Valeur publiée par l’ACPR |
|---|---|
| Taux moyen des fonds en euros, contrats individuels | 2,63 %, comme en 2024, net des prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux |
| Taux moyen, contrats collectifs | 2,64 % (+ 0,11 point) |
| Écart lié aux offres commerciales et aux bonifications | Significatif, d’au moins 0,4 point de pourcentage |
| Provision pour participation aux bénéfices, contrats individuels | 4,0 % des provisions fin 2025, contre 4,3 % fin 2024 |
Trois lectures de ces chiffres :
- C’est une moyenne : autour d’elle, les taux varient d’un assureur à l’autre, d’un contrat à l’autre chez un même assureur, et même d’un assuré à l’autre selon les bonifications.
- Les bonifications sont conditionnelles : l’ACPR relève que les taux dépendent des offres commerciales et, par exemple, de la part d’unités de compte du contrat. Un taux bonifié suppose souvent d’accepter plus de risque sur le reste de l’épargne.
- La réserve a été utilisée : les assureurs ont de nouveau puisé dans leur provision pour participation aux bénéfices en 2025, moins qu’en 2023 et 2024. Cette réserve n’est pas infinie.
Ce taux est un constat sur 2025, pas une prévision : les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs. C’est le seul chiffre de marché que nous citons sur cette page, parce que c’est le seul publié par une autorité publique que nous avons relu.
Les unités de compte : un rendement sans garantie
Tout ce qui n’est pas le fonds en euros est une unité de compte : fonds actions ou obligataires, ETF, fonds immobiliers, produits structurés, private equity, selon l’offre du contrat. L’assureur garantit le nombre d’unités, pas leur valeur. Le rendement est celui des supports, diminué des frais de gestion du contrat ; il peut être négatif.
- Risque de perte en capital : la valeur peut baisser, y compris durablement, et rien ne garantit qu’elle se rétablisse à la date où vous aurez besoin de l’argent.
- Risque de liquidité : certains supports (immobilier, non coté) peuvent prévoir des délais ou des conditions de sortie.
- Risque de change : un fonds investi hors zone euro varie aussi avec les devises.
- Frais superposés : frais courants du support, inclus dans sa valeur, plus frais de gestion du contrat, prélevés en nombre d’unités.
Chaque support a un document d’informations clés qui indique son indicateur de risque, sa durée de placement recommandée, ses frais et des scénarios de performance. Ce document se lit avant d’investir. En contrepartie de ces risques, les unités de compte ont un potentiel de rendement supérieur sur longue durée, sans aucune certitude ; c’est l’horizon de placement qui permet de les supporter. Définitions : unités de compte, ETF, volatilité.
Du taux affiché à ce qui vous reste
| Étape | Fonds en euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Frais de gestion du contrat | Déjà déduits du taux annoncé, en général | Prélevés chaque année en plus des frais internes des supports |
| Prélèvements sociaux (17,2 % en 2026) | Chaque année, sur les intérêts crédités | Au rachat, sur la part de gains |
| Impôt sur le revenu | Seulement au rachat, sur la part de gains : 12,8 % avant huit ans, abattement puis 7,5 % ou 12,8 % après (voir fiscalité de l’assurance vie) | |
| Inflation | Invisible sur le relevé, elle réduit le pouvoir d’achat du capital | |
Exemple de lecture : un fonds en euros qui sert 2,50 % rapporte, après 17,2 % de prélèvements sociaux, 2,07 % par an (2,50 × 0,828). C’est ce taux net qui capitalise, puisque les prélèvements sont retenus chaque année. Les prélèvements sociaux de l’assurance vie sont restés à 17,2 % en 2026, alors que le taux général des revenus de placement est passé à 18,6 % (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 30 juin 2026).
Un exemple chiffré sur hypothèses
100 000 € investis pendant dix ans, sans versement ni retrait : 60 000 € sur le fonds en euros, 40 000 € en unités de compte. Nous supposons un taux servi de 2,50 % par an sur le fonds en euros (net de frais de gestion), soit 2,07 % après prélèvements sociaux ; une performance des supports de 5 % par an, diminuée de 0,80 % de frais de gestion du contrat, soit 4,16 % par an. Ces taux sont des hypothèses de calcul, choisies pour l’illustration.
- Fonds en euros : 60 000 × 1,020710 = 73 643 €.
- Unités de compte, scénario favorable : 40 000 × 1,041610 = 60 127 €. Total : 133 770 €, soit environ 2,95 % par an sur l’ensemble.
- Unités de compte, scénario où les supports ne gagnent rien sur dix ans : les frais de gestion seuls réduisent la poche à 40 000 × 0,99210 = 36 913 €. Total : 110 556 €.
- Au rachat total, dans le scénario favorable, les 20 127 € de gains des unités de compte supporteraient 17,2 % de prélèvements sociaux (3 462 €), et l’impôt sur le revenu au-delà de l’abattement si le contrat a plus de huit ans.
Ce que montre l’exemple : l’écart entre les deux scénarios (plus de 23 000 €) vient entièrement des unités de compte, c’est-à-dire du risque accepté. Un scénario de baisse des marchés donnerait un résultat inférieur au second. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Pour faire vos propres hypothèses (versements, durée, frais) : simulateur d’assurance vie et simulateur d’intérêts composés.
Le poids des frais sur la durée
Les frais sont la seule composante du rendement que l’on connaît d’avance. Un point de frais par an paraît peu ; sur vingt ans, il pèse lourd. Même hypothèse de départ, 100 000 € placés vingt ans : à 4 % net par an, le capital atteint 219 112 € ; à 3 % net par an, 180 611 €. L’écart, 38 501 €, est celui d’un seul point de frais supplémentaire, à performance brute égale (hypothèses de calcul).
Les cinq couches de frais d’un contrat (versement, gestion, arbitrage, supports, gestion déléguée) et leur effet sont détaillés sur notre page frais d’une assurance vie.
Comment comparer deux contrats
- Sur plusieurs années de taux du fonds en euros, pas sur la dernière : demandez l’historique du contrat précis, pas celui de l’assureur en général, et vérifiez si le taux affiché comprend une bonification conditionnelle.
- Sur les conditions d’accès au fonds en euros : part minimale d’unités de compte, plafond de versement sur le fonds en euros, bonus réservé aux nouveaux versements.
- Sur les frais, du contrat et des supports : à rendement brut égal, ce sont eux qui décident.
- Sur la qualité de l’offre en unités de compte : nombre et diversité des supports, présence d’ETF, frais courants, accès à la gestion pilotée.
- Sur votre allocation, votre horizon et votre fiscalité : un contrat de plus de huit ans, même moins performant, a un avantage fiscal qu’un contrat neuf n’a pas (voir transférer une assurance vie).
Les classements publiés en début d’année comparent le plus souvent le seul taux du fonds en euros de l’année écoulée. C’est un critère parmi cinq, et le moins durable.
Améliorer le rendement de son assurance vie, sans promesse
- Réduire les frais : contrat en architecture ouverte, supports moins chargés, frais sur versement négociés, transformation d’un vieux contrat chez le même assureur.
- Adapter la part d’unités de compte à l’horizon : sur dix ans et plus, un contrat entièrement en fonds en euros peut ne pas compenser l’inflation ; sur deux ans, des unités de compte exposent à une perte au mauvais moment.
- Diversifier les unités de compte et rééquilibrer régulièrement, plutôt que de suivre les performances récentes.
- Laisser capitaliser : chaque retrait sort des gains qui ne produiront plus d’intérêts.
- Utiliser l’abattement après huit ans pour sortir les gains sans impôt sur le revenu (voir abattements de l’assurance vie).
Aucune de ces pistes ne garantit un rendement : elles réduisent ce qui est certain (les frais, l’impôt) et organisent ce qui ne l’est pas (le risque). Nous vous présentons en rendez-vous l’historique documenté des contrats que nous proposons.
Sources
Lues le 24 octobre 2026 : ACPR, Analyses et synthèses n° 180, « Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation » (page mise à jour le 24 septembre 2026) ; Code des assurances, article L. 132-29 (version en vigueur depuis le 8 avril 2017) et articles A. 132-10 à A. 132-17 (participation aux bénéfices) ; Contrat d’assurance-vie : fonctionnement (service-public.gouv.fr, vérifiée le 25 septembre 2026) ; Prélèvements sociaux (vérifiée le 30 juin 2026) ; Imposition des revenus d’un contrat d’assurance-vie (vérifiée le 15 avril 2026). Exemples : calculs d’OP-Invests sur des hypothèses de taux, qui ne sont pas des prévisions.
