Assurance vie·Fiscalité de l’assurance vie

Fiscalité de l’assurance vie : ce que vous payez, quand, et comment payer moins

Aucun impôt tant que vous ne retirez rien, une imposition limitée à la part de gains quand vous retirez, un abattement chaque année après huit ans, une transmission à part : la fiscalité de l’assurance vie est favorable, à condition d’en connaître les règles et les dates. Voici les règles 2026, avec des exemples.

Pascal ElissaldeFondateur d’OP-Invests, CIF · Mis à jour le 15 septembre 2026 · Sources officielles citées

L’essentiel en cinq points

En bref
  • Tant que vous ne faites aucun retrait, les gains capitalisent sans impôt sur le revenu ; seul le fonds en euros supporte chaque année les prélèvements sociaux.
  • Un retrait n’est imposé que sur sa part de gains, jamais sur le capital versé.
  • Pour les versements faits depuis le 27 septembre 2017 : 12,8 % d’impôt avant huit ans ; après huit ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € de versements et 12,8 % au-delà. Le barème progressif reste possible sur option.
  • Prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains, dans tous les cas, maintenus à ce taux pour l’assurance vie en 2026 alors que le taux général est passé à 18,6 %.
  • Au décès, une fiscalité propre : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements faits avant 70 ans.

Quand l’assurance vie est-elle imposée ?

L’assurance vie n’est pas imposée à l’entrée (aucune déduction, aucun droit) ni pendant sa vie, à une exception près : les intérêts du fonds en euros supportent les prélèvements sociaux chaque année, au moment de leur inscription au contrat. L’impôt sur le revenu, lui, n’intervient qu’à deux moments :

  • Le rachat, partiel ou total : vous retirez de l’argent, et la part de gains contenue dans ce retrait est imposée.
  • Le dénouement du contrat au terme, ou sa transformation en rente.

Au décès de l’assuré, ce n’est plus l’impôt sur le revenu qui s’applique mais un régime successoral propre, traité plus bas et détaillé sur notre page assurance vie et succession.

L’assiette : la part de gains, pas le capital

Un rachat est composé, dans la même proportion que le contrat, de capital (vos versements) et de gains. Seule la part de gains est imposable. Elle se calcule ainsi :

Part de gains d’un rachat = montant du rachat × (valeur du contrat − total des versements) ÷ valeur du contrat

Exemple : un contrat vaut 100 000 €, alimenté par 80 000 € de versements. Vous retirez 20 000 €. La part de gains est de 20 000 × (100 000 − 80 000) ÷ 100 000 = 4 000 €. Ce sont ces 4 000 € qui sont imposés, pas les 20 000 €.

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Rachats : la fiscalité des versements faits depuis le 27 septembre 2017

La loi de finances pour 2018 a créé le prélèvement forfaitaire unique et l’a appliqué à l’assurance vie pour les versements postérieurs au 26 septembre 2017. Les règles ci-dessous sont celles que service-public.gouv.fr publie pour les revenus 2026.

Ancienneté du contrat au jour du rachatImpôt sur le revenu sur la part de gainsPrélèvements sociaux
Moins de 8 ansPrélèvement forfaitaire de 12,8 %, retenu par l’assureur à titre d’acompte, puis imposition définitive à 12,8 % ou au barème progressif sur option globale17,2 %
8 ans et plusAbattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple soumis à imposition commune) sur la part de gains ; puis 7,5 % pour les gains issus des versements jusqu’à 150 000 €, 12,8 % pour les gains issus des versements au-delà ; ou barème sur option17,2 %

Ce qu’il faut savoir sur ces règles

  • L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € s’applique une fois par an, pour l’ensemble des contrats du foyer, quelle que soit leur date. Il ne se reporte pas d’une année sur l’autre : un abattement non utilisé est perdu.
  • Le seuil de 150 000 € s’apprécie sur le total des versements nets (versements moins capital déjà racheté) de tous les contrats d’assurance vie et de capitalisation du contribuable, au 31 décembre de l’année précédant le rachat. En dessous, le taux réduit de 7,5 % s’applique à la totalité des gains après huit ans.
  • Le prélèvement de 12,8 % (ou 7,5 %) est un acompte retenu par l’assureur ; l’imposition définitive se fait sur la déclaration de revenus, avec restitution de l’excédent le cas échéant. Une dispense d’acompte est possible si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (célibataire) ou 50 000 € (couple), demande à faire avant le 30 novembre.
  • L’option pour le barème est globale : elle s’applique à tous les revenus de capitaux mobiliers de l’année. Elle est intéressante pour un foyer dont la tranche marginale est de 0 % ou 11 %.

Versements faits avant le 27 septembre 2017 : les anciennes règles

Les gains issus des versements antérieurs au 27 septembre 2017 conservent le régime précédent, plus favorable dans certains cas. En 2026, tous les contrats concernés ont plus de huit ans.

  • Contrats de plus de 8 ans : abattement de 4 600 € ou 9 200 €, puis, au choix, prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % (option à exercer au moment du rachat) ou barème progressif.
  • Contrats souscrits du 1er janvier 1983 au 25 septembre 1997 : les gains issus des primes versées depuis le 1er janvier 1998 sont imposés à 7,5 % après abattement ; les gains issus des primes versées avant le 1er janvier 1998 sont, sous conditions, exonérés d’impôt sur le revenu.
  • Contrats souscrits avant le 1er janvier 1983 : gains exonérés d’impôt sur le revenu, sauf versements récents pour lesquels des règles particulières s’appliquent.

Un même rachat peut donc combiner plusieurs régimes selon la date des versements ; l’assureur ventile et l’imprimé fiscal unique reprend chaque compartiment. C’est l’une des raisons de ne jamais clôturer un vieux contrat sans calcul.

Les prélèvements sociaux : 17,2 %, prélevés quand ?

Les gains de l’assurance vie supportent la CSG (9,2 %), la CRDS (0,5 %) et le prélèvement de solidarité (7,5 %), soit 17,2 %. Pour les revenus 2026, le taux général des prélèvements sociaux sur les placements est passé à 18,6 % (CSG à 10,6 %) ; l’assurance vie, le PEL, le CEL et le PEP restent à 17,2 % (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 30 juin 2026).

SupportMoment du prélèvement
Fonds en eurosChaque année, sur les intérêts crédités, directement par l’assureur
Unités de compteAu rachat (ou au décès), sur la part de gains ; l’assureur régularise en tenant compte de ce qui a déjà été prélevé sur le fonds en euros

Les prélèvements sociaux sont dus même quand l’impôt sur le revenu ne l’est pas (abattement, exonération) ; ils ne sont pas déductibles, sauf une fraction de CSG en cas d’option pour le barème.

Un exemple chiffré : rachat après huit ans

Un couple détient un contrat de plus de huit ans qui vaut 100 000 €, alimenté par 80 000 € de versements postérieurs à 2017 et investi en unités de compte. Il retire 20 000 €.

  1. Part de gains du rachat : 20 000 × 20 000 ÷ 100 000 = 4 000 €.
  2. Abattement du couple : 9 200 €, supérieur aux gains retirés : impôt sur le revenu nul. Le prélèvement de 7,5 % retenu par l’assureur est restitué l’année suivante via la déclaration.
  3. Prélèvements sociaux : 4 000 × 17,2 % = 688 €.

Le couple perçoit 20 000 € moins 688 € de prélèvements sociaux (et moins l’acompte de 7,5 %, restitué ensuite). Il pourrait retirer chaque année jusqu’à 46 000 € (dont 9 200 € de gains) sans aucun impôt sur le revenu, tant que la proportion de gains reste de 20 %.

Les cas d’exonération d’impôt sur les gains

Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, quelle que soit l’ancienneté du contrat, lorsque le rachat ou le dénouement résulte, pour le souscripteur ou son époux ou partenaire de PACS :

  • d’un licenciement (pas d’une rupture conventionnelle ni de la fin d’un CDD), le rachat intervenant avant la fin de l’année qui suit celle du licenciement ;
  • d’une mise à la retraite anticipée ;
  • d’une invalidité de deuxième ou troisième catégorie ;
  • d’une liquidation judiciaire.

Les prélèvements sociaux restent dus. L’exonération ne se demande pas à l’assureur au moment du rachat : elle s’exerce sur la déclaration de revenus.

La sortie en rente viagère

Au lieu de retirer un capital, le souscripteur peut convertir tout ou partie du contrat en rente viagère. La rente est alors imposée comme une rente viagère à titre onéreux : seule une fraction est soumise à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, selon l’âge au premier versement de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. Le capital converti n’est plus transmissible, sauf réversion prévue au contrat.

La fiscalité au décès, en deux lignes

Au décès de l’assuré, le capital versé aux bénéficiaires échappe à l’impôt sur le revenu et suit un régime propre : pour les versements faits avant 70 ans, abattement de 152 500 € par bénéficiaire puis prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà ; pour les versements après 70 ans, abattement global de 30 500 € puis droits de succession, les gains étant exonérés. Le conjoint et le partenaire de PACS ne paient rien. Le détail, les contrats anciens, les exemples et la procédure sont sur la page assurance vie et succession.

Comment déclarer les gains d’un rachat ?

Après un rachat, l’assureur adresse un imprimé fiscal unique qui ventile les gains par régime (avant ou après huit ans, versements avant ou après 2017) et indique les prélèvements déjà opérés. Ces montants sont en principe préremplis dans la déclaration de revenus de l’année suivante, dans la rubrique des revenus de capitaux mobiliers ; il faut les vérifier et, le cas échéant, cocher l’option pour le barème progressif. L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € est appliqué par l’administration.

Comment payer moins d’impôt sur son assurance vie ?

  • Prendre date tôt : ouvrir un contrat, même avec un petit versement, fait courir les huit ans ; les versements viendront plus tard.
  • Étaler les rachats après huit ans pour utiliser chaque année l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € : des rachats partiels réguliers plutôt qu’un rachat total.
  • Choisir le bon contrat pour chaque retrait : celui dont la part de gains est la plus faible, ou celui dont les versements sont antérieurs à 2017.
  • Comparer prélèvement forfaitaire et barème chaque année selon la tranche marginale du foyer.
  • Utiliser l’avance plutôt qu’un rachat pour un besoin temporaire : un prêt de l’assureur, sans imposition (voir retirer de l’argent d’une assurance vie).
  • Ne pas clôturer un vieux contrat sans calcul : son antériorité et ses régimes anciens ont de la valeur ; la loi Pacte permet de le transférer chez le même assureur en gardant sa date.
  • Séparer les versements avant et après 70 ans sur des contrats distincts, pour la transmission.

Sources

Règles lues le 15 septembre 2026 : Impôt sur le revenu : comment sont imposés les revenus d’un contrat d’assurance-vie ? (service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026) ; Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement (service-public.gouv.fr, vérifié le 30 juin 2026) ; Fiscalité au décès (impots.gouv.fr) ; articles 125-0 A, 158 et 990 I du Code général des impôts. Ces règles évoluent avec chaque loi de finances.

Pascal Elissalde
Pascal Elissalde

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)

Mis à jour le 15 septembre 2026
Quels sont les avantages d’une assurance vie de plus de 8 ans ?

Un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains retirés, puis un taux d’impôt réduit à 7,5 % jusqu’à 150 000 € de versements, au lieu de 12,8 %. Les huit ans se comptent depuis l’ouverture du contrat, pas depuis chaque versement.

Est-ce que l’héritage d’une assurance vie est imposable ?

Pas à l’impôt sur le revenu, mais selon un régime propre : 152 500 € d’abattement par bénéficiaire puis 20 % et 31,25 % pour les versements faits avant 70 ans, 30 500 € d’abattement global puis droits de succession pour les versements après 70 ans. Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés.

Comment ne pas payer d’impôt sur son assurance vie ?

Ne pas retirer (les gains capitalisent sans impôt), ou retirer après huit ans en restant chaque année sous l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € de gains. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas.

L’assurance vie est-elle imposée si je ne retire rien ?

Non pour l’impôt sur le revenu. Seuls les intérêts du fonds en euros supportent chaque année les prélèvements sociaux ; les unités de compte ne sont prélevées qu’au rachat.

Quel est le taux des prélèvements sociaux sur l’assurance vie en 2026 ?

17,2 %. Le taux général est passé à 18,6 % pour les revenus 2026, mais l’assurance vie, le PEL, le CEL et le PEP conservent 17,2 % selon service-public.gouv.fr.

Faut-il choisir le prélèvement forfaitaire ou le barème ?

Le barème progressif si votre tranche marginale est de 0 % ou 11 % ; le prélèvement forfaitaire (12,8 % ou 7,5 %) au-delà. L’option pour le barème vaut pour tous les revenus de capitaux mobiliers de l’année.

Que se passe-t-il si je retire avant 8 ans ?

La part de gains du retrait est imposée à 12,8 % (ou au barème) plus 17,2 % de prélèvements sociaux, sans abattement. Le contrat n’est pas fermé pour autant et continue de courir vers ses huit ans.

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