L’essentiel en cinq points
- Cinq couches de frais peuvent s’empiler : sur versement, de gestion du contrat, d’arbitrage, des supports (unités de compte), de gestion pilotée ou de mandat.
- Les frais sur versement sont négociables et absents de nombreux contrats ; les frais de gestion annuels sont ceux qui pèsent le plus, parce qu’ils se prélèvent chaque année sur toute l’épargne.
- Sur 100 000 € placés vingt ans à 4 % bruts, la différence entre 0,5 % et 1,5 % de frais de gestion représente environ 35 000 € de capital final (calcul ci-dessous).
- Tous les frais doivent figurer dans une rubrique unique du contrat, et les assureurs publient chaque année un tableau standardisé des frais de chaque contrat.
- Un contrat trop chargé peut être transféré chez le même assureur, sans perdre son antériorité, depuis la loi Pacte.
Les cinq couches de frais d’une assurance vie
| Frais | Quand et sur quoi | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Frais sur versement (frais d’entrée) | À chaque versement, en pourcentage de la somme versée | Ils réduisent d’emblée le capital investi. Négociables ; de nombreux contrats en architecture ouverte n’en prélèvent pas. |
| Frais de gestion du contrat | Chaque année, en pourcentage de l’encours, prélevés par l’assureur | Souvent différents sur le fonds en euros et sur les unités de compte. C’est le poste déterminant sur la durée. |
| Frais d’arbitrage | À chaque changement de répartition entre supports | Forfaitaires ou proportionnels ; beaucoup de contrats offrent un ou plusieurs arbitrages gratuits par an, ou sont gratuits en ligne. |
| Frais des supports | Chaque année, intégrés dans la valeur de chaque unité de compte | Frais courants des fonds (gestion, transaction), indiqués dans le document d’information clé. Les ETF sont en général bien moins chargés que les fonds gérés activement ; une partie des frais des fonds est parfois rétrocédée à l’assureur ou au distributeur. |
| Frais de gestion pilotée ou de mandat | Chaque année, en plus, sur l’encours délégué | Rémunèrent le gérant qui arbitre pour vous. À mettre en face du service et de l’allocation obtenue. |
S’y ajoutent parfois des frais sur les options (garantie plancher, sécurisation des gains), des frais de rachat sur de vieux contrats, et, pour les contrats luxembourgeois, des frais de banque dépositaire.
Un rendez-vous, une étude écrite, un seul interlocuteur : nous appliquons ces règles à votre cas.
Ce que les frais coûtent sur vingt ans : un calcul
Un capital de 100 000 € placé vingt ans sur des supports qui rapportent 4 % bruts par an, avant frais de gestion du contrat. Le calcul ci-dessous ne tient compte que des frais de gestion annuels, hors fiscalité et hors frais des supports :
| Frais de gestion annuels | Capital après 20 ans | Écart avec 0,5 % |
|---|---|---|
| 0,5 % | 198 979 € | — |
| 0,8 % | 187 756 € | − 11 223 € |
| 1,0 % | 180 611 € | − 18 368 € |
| 1,5 % | 163 862 € | − 35 117 € |
| 2,0 % | 148 595 € | − 50 384 € |
À 4 % bruts, des frais de 2 % absorbent la moitié du rendement. Le rendement brut est hypothétique ; le poids relatif des frais, lui, ne l’est pas : plus le rendement attendu est faible (fonds en euros, obligations), plus un point de frais pèse.
Des frais d’entrée de 3 % sur 100 000 € coûtent 3 000 € une fois. Un point de frais de gestion en plus coûte, dans l’exemple ci-dessus, plus de 18 000 € sur vingt ans. Négocier les frais d’entrée est utile ; regarder les frais de gestion est indispensable.
Les frais des unités de compte : la couche invisible
Chaque fonds logé dans le contrat a ses propres frais, prélevés à l’intérieur du fonds : ils n’apparaissent pas sur le relevé du contrat mais réduisent la performance de l’unité de compte. Le document d’information clé (DIC) de chaque fonds indique ses « frais courants », auxquels s’ajoutent les frais de transaction du fonds et, parfois, une commission de surperformance.
- Les ETF (fonds indiciels cotés) affichent des frais courants très inférieurs à ceux des fonds gérés activement ; un contrat qui en propose une gamme large permet de construire une allocation à frais réduits.
- Les rétrocessions : une partie des frais des fonds peut être reversée à l’assureur ou au distributeur. Ce n’est pas un coût supplémentaire pour vous, mais cela explique pourquoi certains contrats privilégient certains fonds. Un conseiller doit vous informer de sa rémunération.
- Les fonds immobiliers, structurés ou de private equity ont des frais spécifiques (souscription, gestion, performance) à lire dans leur documentation.
Gestion pilotée : des frais en plus, pour quel service ?
Déléguer la gestion ajoute une couche de frais annuels sur l’encours délégué. Elle se justifie si l’allocation obtenue est de qualité (diversification, supports à frais réduits, discipline de rééquilibrage) et si vous n’auriez pas fait ce travail vous-même. Elle ne se justifie pas si le gérant se contente d’empiler des fonds maison chargés en frais. Comparer les gestions pilotées suppose de regarder les frais totaux (contrat, mandat, supports) et l’allocation réelle, pas seulement la performance affichée d’une année.
Comment connaître les frais de son contrat ?
- Avant de souscrire : le projet de contrat doit regrouper l’ensemble des frais dans une même rubrique (service-public.gouv.fr) ; la note d’information ou l’encadré en première page les récapitule.
- Chaque année : les assureurs publient sur leur site un tableau standardisé des frais de chaque contrat (frais du contrat, frais des supports, total), et le relevé annuel indique les frais prélevés.
- Pour chaque support : le document d’information clé.
- Auprès de votre conseiller : il doit vous indiquer ses frais et sa rémunération, y compris les rétrocessions.
Peut-on négocier les frais ? Faut-il changer de contrat ?
- Les frais sur versement se négocient presque toujours, en particulier pour un versement important ; de nombreux contrats les ont supprimés.
- Les frais de gestion se négocient rarement ; ils se choisissent, en choisissant le contrat.
- Les frais d’arbitrage : privilégier les contrats qui les offrent.
Changer de contrat sans perdre l’antériorité
Depuis la loi Pacte de 2019, un contrat peut être transformé ou transféré vers un autre contrat du même assureur en conservant sa date d’ouverture : c’est la voie pour quitter un vieux contrat chargé en frais ou pauvre en supports sans repartir de zéro fiscalement. Le transfert vers un autre assureur, lui, suppose un rachat, avec sa fiscalité et la perte de l’antériorité ; il ne se justifie que si l’écart de frais et de qualité est important et le contrat récent ou peu chargé en gains. Voir retirer de l’argent d’une assurance vie.
Comment comparer deux contrats sur leurs frais
- Frais de gestion annuels sur le fonds en euros et sur les unités de compte : le critère numéro un.
- Frais des supports que vous utiliserez réellement : un contrat à frais de gestion bas mais sans ETF peut coûter plus cher qu’un contrat un peu plus chargé avec une gamme d’ETF.
- Frais sur versement après négociation.
- Frais d’arbitrage et d’options.
- Frais de gestion pilotée si vous déléguez.
- Le total, rapporté au rendement attendu de votre allocation : c’est ce rapport qui décide.
C’est cette comparaison, contrat par contrat et avec vos montants, que nous vous remettons par écrit avant toute souscription.
Les erreurs à éviter
- Choisir un contrat sur le taux du fonds en euros de l’an dernier sans regarder ses frais de gestion.
- Négocier les frais d’entrée et accepter des frais de gestion élevés.
- Ignorer les frais des supports, invisibles sur le relevé.
- Payer une gestion pilotée qui empile des fonds maison.
- Racheter un vieux contrat pour « économiser des frais » sans mesurer l’impôt et la perte d’antériorité.
- Confondre frais de succession et frais du contrat : au décès, ce sont les règles fiscales de la succession qui s’appliquent, pas des frais de l’assureur.
Sources
Règles lues le 15 septembre 2026 : Contrat d’assurance-vie : fonctionnement (service-public.gouv.fr : frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage) ; Contrat d’assurance-vie : souscription (service-public.gouv.fr : regroupement des frais dans une rubrique unique) ; Code des assurances, article L. 132-22 (information annuelle) et arrêté du 24 février 2022 relatif à l’information sur les frais des contrats ; loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (transfert). Le calcul sur vingt ans est le nôtre, à partir d’hypothèses indiquées.

Fondateur d’OP-Invests, conseiller en investissements financiers (CIF, ORIAS n° 23007083, adhérent ANACOFI-CIF)
Mis à jour le 15 septembre 2026